INTERVIEW. « Notre force, c’est de créer du lien, de la confiance et de la dynamique entre tous les acteurs, au service des territoires », Lyliane Piquion-Salomé, présidente d'Interco' Outre-mer

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INTERVIEW. « Notre force, c’est de créer du lien, de la confiance et de la dynamique entre tous les acteurs, au service des territoires », Lyliane Piquion-Salomé, présidente d'Interco' Outre-mer

« Interco’ Outre‑mer est devenu un réseau fort parce que nous avons su développer une culture d’action collective ». Bilan de l’année 2025, perspectives pour 2026, accompagnement des intercommunalités ou encore, municipales 2026, la président d’Interco’ Outre-mer, Lyliane Piquion-Salomé, a répondu aux questions d’Outremers360 et souligne le « réseau de référence » que l’association est devenue pour les intercommunalités ultramarines.

Quel bilan tirez‑vous de l’année 2025 pour Interco' Outre-mer ?

En 2025, Interco’ Outre‑mer a confirmé son rôle de réseau de référence pour les intercommunalités d’Outre-mer.

L’année a été marquée par des actions concrètes : organisation de cycles de webinaires techniques et stratégiques, production d’expertises et de plaidoyers pour défendre les intérêts des adhérents, des auditions et rencontres institutionnelles, des contributions à des études et travaux divers, l’animation de notre réseau et tout ce qui concerne l’évolution (économique, touristique, environnementale…) de nos territoires.

Nous avons également renforcé notre présence sur le terrain à travers des déplacements officiels, indispensables pour concevoir des réponses adaptées aux réalités locales. Notre conférence annuelle s’est imposée comme un rendez‑vous majeur, complétée par de nombreuses interventions et actions d’accompagnement, notamment à Mayotte. Ainsi, 2025 a été une année de consolidation et de proximité, en cohérence avec notre ambition : contribuer à la progression de nos régions ultramarines de manière concrète et efficace.

Quelles sont vos priorités stratégiques pour l’année 2026 ?

En 2026, ma priorité est claire : poursuivre et amplifier la dynamique de réseau qui fait aujourd’hui la force d’Interco’ Outre‑mer. Nous devons accompagner à la fois les nouvelles équipes élues et celles qui s’inscrivent dans la continuité, en leur proposant des séquences de formation et de sensibilisation correspondant à leurs besoins et à leurs priorités.

Plusieurs thématiques structurantes ont déjà été identifiées : la relation entre élus et techniciens, la gestion du patrimoine, les enjeux de compétences, … et bien d'autres sujets essentiels à la gouvernance et au fonctionnement intercommunal. Notre objectif est d’apporter des outils pratiques, immédiatement mobilisables et adaptés aux contraintes ultramarines.

2026 sera donc une année d’adaptation et de renouvellement capable d’être en phase avec les évolutions importantes à prévoir sur le plan administratif, institutionnel et relationnel : de nouveaux formats, de nouvelles rencontres, de nouvelles ressources pour accompagner nos intercommunalités adhérentes.

Au fil du temps, Interco' Outre-mer est devenu un réseau fort et reconnu. Quels éléments expliquent selon vous cette évolution ?

Interco’ Outre‑mer est devenu un réseau fort parce que nous avons su développer une culture d’action collective. Nous savons mobiliser nos adhérents, nos partenaires et les personnalités nationales de premier plan lorsqu’il le faut. 

Cet esprit d’émulation collective est au cœur de notre méthode : nous avançons ensemble, nous identifions les leviers, nous partageons les solutions et nous construisons des réponses adaptées avec celles et ceux qui sont sur le terrain.

Réunion avec la Directrice Générale des Outre-mer ©DR

L’exemple de nos récents rendez‑vous parisiens en est l’illustration parfaite. En une semaine dense, nous avons encore une fois, démontré notre capacité à nous impliquer, à proposer et à porter collectivement des solutions utiles et concrètes. Nous avons notamment échangé avec le ministère des Outre‑mer, la DGOM et le délégué interministériel à la souveraineté alimentaire. Ces rencontres nous ont permis de présenter les travaux d’Interco’ Outre‑mer et d’alerter sur certaines urgences, notamment le foncier, afin d’obtenir des réponses adaptées.

Notre force, c’est de créer du lien, de la confiance et de la dynamique entre tous les acteurs, au service des territoires.

Vous mettez l’accent sur le développement d’outils concrets et sur l’accompagnement par des experts. Comment cela se traduit‑il concrètement ?

En tant que présidente d’Interco’ Outre‑mer, je suis convaincue que notre accompagnement doit être concret, utile et ancré dans la réalité. Pour comprendre les besoins de nos adhérents, il faut être sur le terrain, voir, écouter, expérimenter et identifier soi‑même les solutions.

C’est tout le sens de nos déplacements, comme par exemple la visite récente du site Monomeris. Leur procédé de dépolymérisation illustre comment les déchets plastiques peuvent devenir des matières premières décarbonées, grâce à une solution conteneurisée, flexible et parfaitement adaptée aux contraintes ultramarines. Elle permet de transformer un coût de traitement en produits à forte valeur ajoutée.

Au‑delà de la technologie, il est essentiel pour moi de valoriser les initiatives issues des talents ultramarins.

Ces rencontres nourrissent nos actions : elles ouvrent des perspectives, favorisent les échanges et renforcent notre capacité collective à avancer.

À l’approche des élections, quels sont vos souhaits et vos messages à destination des intercommunalités pour 2026 ?

Mon message se doit d’être positif accueillons ce moment comme une opportunité !

Des opportunités, pour aller plus loin dans nos actions, pour consolider ce que nous avons construit et ouvrir de nouvelles perspectives aux intercommunalités d’Outre‑mer.

Cette transition doit être vécue avec humilité et responsabilité. Humilité, parce que chaque mandat se construit pas à pas, avec les élus et leurs équipes, en tenant compte des réalités de terrain. Responsabilité, parce que notre première mission reste celle du service public : servir, accompagner, sécuriser.

Ensemble, avec lucidité et énergie, nous pouvons faire de cette nouvelle période un moment de progression pour toutes les intercommunalités ultramarines. 

Découverte de l'initiative Monomeris portée par Yannick Fleret, directeur développement et stratégie, et Maxime Lépinay, fondateur de Monomeris, originaires de Guyane et de La Réunion ©DR