Guyane : La Collectivité Territoriale de Guyane pose son veto quant à l’importation de bois en provenance du Suriname voisin par l’usine de biomasse du groupe Idex

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Guyane : La Collectivité Territoriale de Guyane pose son veto quant à l’importation de bois en provenance du Suriname voisin par l’usine de biomasse du groupe Idex

Selon la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG), l’usine biomasse du groupe Idex, située à Montsinéry Tonnegrande a été livrée en bois venus du Suriname, contrairement à l’engagement d’un choix de biomasse locale et à l’encontre de la réglementation européenne. La CTG a publié un communiqué exigeant l’arrêt de toute importation de bois extérieur. Le vice-président de la CTG, Jean-Luk Le West, est revenu sur l'incident au micro de nos partenaires de Radio Péyi.


Le groupe Idex et son site de Montsinéry Tonnegrande, dans le collimateur de la CTG, après que la collectivité ait mis en avant l’utilisation de biomasse importée du Suriname sur le site de la centrale énergétique.
Un acte qui va à l’encontre de l’engagement pris par l’industriel, qui explique sur son site que, « ces deux centrales énergétiques alimentées en biomasse locale, produiront de l’électricité et du froid pour les besoins de la base spatiale ».
De plus, dans son communiqué, la CTG indique que le chargement aurait été déclaré en déchet, évitant la taxation sur l'octroi de mer. Des pratiques qui vont à l’encontre des engagements sur l’approvisionnement par des entreprises locales, du respect de l’environnement avec une empreinte carbone plus marquée, mais aussi des normes européennes relatives à la traçabilité.
De facto, la CTG exige l’arrêt de toute importation de bois extérieur.  

Au micro de Radio Péyi, Jean-Luk Lewest revient sur des exigences établies pourtant bien en amont du projet avec les industriels : « Il y a 2 ans et demi, lors de notre prise de fonction, j’avais rencontré dans le cadre de la gestion des bois et forêt et bien entendu du monde industriel, l’ensemble des usines de biomasse et des projets de biomasse à venir en Guyane. Lors de cette réunion, j’avais demandé à chacune des entreprises, afin de pouvoir étudier la possibilité, la rentabilité de leur usine, de nous fournir leur plan en approvisionnement en produits connexes de bois destinés à être incinérées dans leurs usines de biomasse. Et, à notre grande surprise, une usine qui va être inaugurée, nous présente il y a quelques jours une demande en nous disant qu’elle souhaiterait importer des produits connexes de bois en provenance des scieries du Suriname ».

La situation a ainsi provoqué l’ire de la collectivité, évoquant une situation « inconcevable », explique Jean-Luk Lewest, qui attend des engagements fermes : « Pour nous il est inconcevable, dans un territoire tel que le nôtre qui comporte 96% de forêt et dont l’industrie forestière est majeure pour le territoire, dont la filière est particulièrement bien encadrée, de pouvoir imaginer importer du bois (…) il est véritablement inconcevable pour nous, collectivité territoriale, d’accepter qu’un industriel puisse imaginer. Nous avons besoin de plus d’engagement de la part de l’industriel. Pour nous aujourd’hui, ce qu’on attend de cet industriel, c’est d’utiliser uniquement des connexes de bois qui viendraient de l’industrie forestière, des scieries, et bien sûr des produits annexes du bois guyanais (…) Aujourd’hui, la préfecture, aussi bien que les autres services des collectivités, sont en mesure de contraindre l’industriel à ne pas importer ces produits pour pouvoir aujourd’hui les incinérer en Guyane ».

Hasard du calendrier, Benjamin Fremaux, président de la société Idex doit arriver ce mercredi 31 janvier en Guyane pour l’inauguration de l’usine biomasse prévue demain, jeudi 1er février 2024. Interrogé par Guyane la 1ère, Thomas Le Beux,directeur général délégué du groupe Idex a précisé : «Notre objectif à moyen/long terme est d'avoir une filière locale et durable. Mais à court terme, si on devait chercher ce bois ailleurs, on le ferait bien évidemment en concertation et en totale transparence  avec les parties prenantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de contrat avec l'apport du bois du Suriname, il n'y a pas de logistique prévue. Il y a un test car en tant qu'industriel, on doit prévoir ce qui arrivera dans quelques mois.»


Damien CHAILLOT