Un gérant de pompes funèbres en Guadeloupe a été placé en garde à vue les 17 et 18 mars dans le cadre d'une enquête préliminaire autour de cadavres non inhumés depuis des années, a-t-on appris mardi soir du parquet de Pointe-à-Pitre.
L'homme fait l'objet d'investigations pour «atteinte à l'intégrité de cadavres, escroquerie aggravée, direction d'un établissement sans habilitation et travail dissimulé», a indiqué le parquet, venant ainsi confirmer une information de Guadeloupe la 1re.
Son audition est intervenue trois semaines après la saisie dans ses locaux de 20 cadavres en «état de décomposition», stockés là durant des années.
Entendu «pendant un peu plus de 24 heures», il a dû s'expliquer sur les conditions de conservation de corps que lui avait confié le CHU en 2023.
«Ils ont été sortis car dégradés», a précisé la procureure Caroline Calbo, expliquant avoir été «saisie fin 2025». Il s'agissait alors de «savoir où étaient les corps» de ces indigents (personnes décédées dont les familles n'avaient pas réclamé les dépouilles) qui n'avaient jamais été inhumés.
Le 24 février, «15 corps ont ainsi été saisis au Gosier et cinq à Sainte-Anne», dans des locaux de cette société, lors d'une opération de la brigade de recherche de la gendarmerie de Pointe-à-Pitre, en présence de l'ARS (Agence régionale de santé) et du CELTIF (Cellule de lutte contre le travail illégal et les fraudes), selon la même source.
Mme Calbo justifie les motifs de l'enquête «au regard de l'état de décomposition des cadavres» et parce que l'homme, mandaté par le CHU, «exerçait une mission de service public».
Il est aussi soupçonné de «travail dissimulé» et d'avoir exercé «alors qu'il ne détenait plus d'habilitation» à diriger une entreprise de pompes funèbres, a ajouté la procureure.
Les corps récupérés par les enquêteurs, «identifiés, dans des housses» sont ceux d"«adultes souvent étrangers et jamais réclamés»; ils ont été transférés «dans d'autres établissements funéraires», a-t-elle détaillé.
L'affaire avait grandement ému l'archipel, qui avait aussi découvert, lors de la saisie de ces dépouilles, que 31 autres corps d'indigents, dont 22 enfants, étaient conservés au CHU, parfois depuis 2017. Un arrêté préfectoral publié alors évoquait l'«absence de délivrance d'autorisation d'inhumer de la part de la mairie des Abymes (...) faute de place» dans son cimetière. Dans cet arrêté, le préfet autorisait «la crémation des 31 dépouilles mortelles» du CHU, au-delà du délai légal de 14 jours.
Les 20 autres défunts conservés par l'entreprise de pompes funèbres «n'ont toujours pas été inhumés aujourd'hui», a déclaré la procureure.
Avec AFP





















