Une trentaine de députés, majoritairement de gauche, mais aussi du Modem, du groupe parlementaire Liot et du parti présidentiel, réclament l'inscription d'un "droit à l'eau" dans la charte de l'Environnement, dans une tribune à paraître dimanche dans le journal La Tribune.
Ce collectif d'élus transpartisan, dans lequel figurent la cheffe du groupe LFI à l'Assemblée, Mathilde Panot, le député EPR Hervé Berville, ancien secrétaire d'Etat à la Mer, ou la députée Modem de Loire-Atlantique, Sandrine Josso, signe une tribune « pour faire reconnaître l'eau comme un droit fondamental».
S'ils saluent l'adoption en décembre dernier à l'Assemblée d'une résolution européenne «sur la reconnaissance d'un droit fondamental à l'eau et à l'assainissement de qualité au sein de l'Union européenne», les parlementaires estiment que cela «ne saurait suffire. «Dans un contexte d'accélération du dérèglement climatique, de pollution d'origine humaine des sources d'eau, d'intensification du stress hydrique, d'inégalité à son accès et à sa qualité entre les bassins de vie, de coupures d'eau quotidiennes dans les outre-mers, il n'est plus question de ne ratifier que des textes non contraignants à l'international», affirment ces élus.
Ils demandent de «garantir à tous les habitants et habitantes de France un droit effectif à l'eau et à l'assainissement de qualité».
Plusieurs maires, de communes de la Meuse et des Ardennes, touchées par des pollutions massives aux "polluants éternels" ou PFA (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées), ont notamment dû mettre en oeuvre des restrictions de consommation pour toute la population.
Une mission d'inspection interministérielle est en cours pour élaborer un plan de financement de la dépollution de l'eau potable, notamment des PFAS et des métabolites de pesticides qui préoccupent les autorités sanitaires.
Plusieurs signataires de la tribune estiment que la France est «reconnue sur la scène internationale comme motrice d'une diplomatie bleue proactive », citant en exemple la 3e conférence des Nations unies sur les océans (Unoc3), qui s'est tenue à Nice en juin, mais soulignent «un décalage persistant entre les engagements internationaux de la France en matière d'eau potable et ceux nationaux».
Cette prise de position intervient après la demande en janvier par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un « moratoire sur toutes les décisions relatives » à la question de l'eau, afin de calmer la colère agricole, avant la présentation d'un projet de loi d'urgence agricole.
Ce texte devrait être présenté début avril en Conseil des ministres avant d'être examiné en mai par l'Assemblée nationale puis en juin par le Sénat.
Avec AFP





















