Le réseau électrique a été rétabli mardi à Cuba après plus de 24 heures de panne générale, tandis que les Etats-Unis accentuent leur pression sur le gouvernement communiste, l'exhortant à accélérer les réformes en faveur de l'économie de marché.
En début de soirée, le réseau électrique, qui s'était déconnecté lundi à la mi-journée, a été rétabli sur l'ensemble du territoire, ont annoncé les autorités. De nombreux quartiers de La Havane, où vivent 1,7 million d'habitants, ont de nouveau du courant, a constaté l'AFP.
Outre cette panne électrique générale, la sixième en près d'un an et demi, le gouvernement de La Havane demeure sous la pression de Washington.
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a estimé mardi que les mesures annoncées la veille par le gouvernement permettant à la diaspora cubaine d'investir sur l'île et d'y détenir des entreprises privées étaient loin d'être "suffisantes".
« Cuba a une économie qui ne fonctionne pas et le système politique et gouvernemental est incapable d'y remédier. Il leur faut donc opérer un changement radical », a déclaré à la Maison Blanche M. Rubio, qui est lui-même d'origine cubaine et fervent opposant au pouvoir communiste à La Havane.
"Prendre Cuba"
«Ils parlent avec Marco, et nous allons très bientôt faire quelque chose concernant Cuba», a affirmé pour sa part le président Donald Trump. Lundi, il avait dit «croire» qu'il «aura l'honneur de prendre Cuba», sans préciser exactement ce qu'il entendait par ce verbe.
La réponse de La Havane ne s'est pas fait attendre. « Face au pire scénario, Cuba a une certitude: tout agresseur extérieur se heurtera à une résistance indestructible », a déclaré sur X le président cubain Miguel Diaz-Canel. «Presque tous les jours, les Etats-Unis menacent publiquement Cuba de renverser par la force l'ordre constitutionnel. Ils utilisent un prétexte révoltant : les dures restrictions d'une économie affaiblie qu'ils ont agressée et tenté d'isoler depuis plus de six décennies », a-t-il fustigé.
Marco Rubio a par ailleurs démenti tard mardi un article du New York Times selon lequel des responsables américains ont exhorté Cuba à destituer son président.
Le quotidien a rapporté lundi que des responsables de l'administration Trump avaient demandé à Cuba d'évincer le chef de l'Etat, sans pousser toutefois à un renversement complet du gouvernement communiste.
«Rien qui concerne notre système politique, rien qui concerne notre modèle politique - notre modèle constitutionnel - ne fait partie des négociations, et n'en fera jamais partie » , a plus tôt déclaré la numéro deux de l'ambassade de Cuba à Washington, Tanieris Dieguez, dans un entretien à l'AFP.
Elle a rappelé que l'embargo américain en vigueur depuis 1962 restait un frein aux relations avec les entreprises américaines.
Lundi, La Havane a annoncé que la diaspora cubaine, notamment celle qui vit aux Etats-Unis, allait pouvoir investir à Cuba dans des secteurs comme les banques, l'agriculture, le tourisme, les mines et les infrastructures, une sérieuse brèche dans son système socialiste.
Ce geste d'ouverture intervient alors que l'économie de l'île, déjà affaiblie par plus de six années de crise, est au bord du gouffre, paralysée par le blocus énergétique imposé par Washington, outre l'embargo.
"Agonie"
Signe de ces difficultés, le pays de 9,6 millions d'habitants a connu lundi une nouvelle panne générale d'électricité.
Même si le réseau électrique a été rétabli dans les 15 provinces du pays, les délestages ont repris pour faire face à la faible production électrique.
«Vivre dans ce pays, c'est une agonie! », s'emporte Rolando, un maçon de 55 ans, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille. «Si déjà quand tu as quatre ou cinq heures de courant par jour ce n'est pas une vie, alors avec une panne générale comme maintenant, tout se complique salement !», dit-il.
Le pays est régulièrement confronté à des coupures massives, certaines pouvant durer plusieurs jours.
Le gouvernement cubain affirme que les sanctions américaines l'empêchent de réparer son infrastructure électrique vieillissante, mais des économistes relèvent aussi le sous-investissement chronique de l'Etat dans ce secteur.
Depuis deux mois, les livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, principal fournisseur de La Havane, sont interrompues et l'administration Trump menace de sanctionner tout pays qui enverrait du pétrole à l'île des Caraïbes.
Avec AFP





















