Ce Dimanche 8 février soir, au stade Levi's de Santa Clara en Californie, Bad Bunny a fait vibrer plus de 125 millions de téléspectateurs avec un spectacle de mi-temps qui a marqué les esprits. Pour la première fois de l'histoire, un artiste latino solo a eu l'honneur de diriger ce show mythique et de chanter en espagnol, et il en a profité pour transformer ces 13 minutes en une véritable ode à Puerto Rico et à la culture latino-américaine et aux symboles de la Caraïbe.
Lors de sa déclaration lors de l'annonce officielle en septembre 2025, le chanteur porto-ricain Bad Bunny (de son vrai nom Benito Antonio Martinez Ocasio,) avait été clair : « C'est pour mon peuple, ma culture et notre histoire.» Il a tenu parole. En 13 minutes, il a offert au monde entier un concentré de Puerto Rico, de ses traditions, de sa résilience et de sa joie de vivre, et plus largement de la culture caribéenne- latino-américaine.
Dès les premières minutes de la mi-temps, Bad Bunny est apparu au milieu des champs de canne à sucre de son pays natal, entouré de paysans coiffés de chapeaux de paille traditionnels et d'un stand de glace pilée, ou encore un stand d'eau de coco. Il a immédiatement entamé son tube « Tití me preguntó » (Titi m'a demandé).
La vie quotidienne portoricaine et caribéenne mise en lumière
La scène a ensuite évolué vers une reconstitution méticuleuse d'un vecindad portoricain — un quartier populaire avec ses commerces typiques : barbier, magasin de spiritueux, et surtout la casita, cette petite maison emblématique que Bad Bunny avait déjà utilisée lors de sa résidence à Puerto Rico l'été dernier. Cette casita, symbole d'hospitalité et de communauté, a accueilli des célébrités comme Pedro Pascal, Jessica Alba, Karol G et Cardi B ou encore Ricky Martin.


Des personnages vendaient des piraguas (glaces pilées), jouaient aux dominos, construisaient des abris avec des parpaings. Maria Antonia Cay, propriétaire du club social latino iconique Toñita's à Brooklyn, a même posé fièrement dans une réplique parfaite de son bar. Ces scènes du quotidien n'étaient pas anodines. Elles reflétaient l'essence même de son dernier album Debí Tirar Más Fotos, qui a remporté le Grammy du meilleur album de l'année.
Musicalement, Bad Bunny a plongé dans les traditions folkloriques portoricaines. La plena et la bomba, deux genres musicaux afro-portoricains ancestraux, ont résonné avec force. Ces rythmes, nés de la résistance et de la communauté, ont donné à la performance une profondeur culturelle rare dans un événement aussi grand public que le Super Bowl. Le moment le plus symbolique est peut-être venu avec l'apparition de Lady Gaga, qui a rejoint Bad Bunny sur une plateforme surélevée pour une reconstitution d'un mariage portoricain. La chanteuse, transformée en interprète de salsa, a offert une version latinisée de son hit "Die With a Smile", accompagnée par le légendaire groupe Los Sobrinos.
Cette performance revêt une importance capitale dans le contexte actuel.Si le spectacle respirait la joie et la fête, il portait aussi un message politique. Lors de son discours aux Grammy Awards quelques jours plus tôt, Bad Bunny avait lancé un "ICE out" retentissant et dénoncé le racisme. Ce discours a été rediffusé sur un petit téléviseur pendant le show, avant qu'il ne remette son Grammy à un jeune garçon sur scène — un moment chargé de sens, alors que l'administration Trump intensifiait sa rhétorique anti-immigration.
Premier artiste latino à chanter presque entièrement en espagnol
Bad Bunny a fait tomber une barrière symbolique en devenant le premier artiste à se produire presque entièrement en espagnol lors d'un show de mi-temps du Super Bowl. En 2025, Bad Bunny a été l'artiste le plus écouté au monde sur Spotify pour la quatrième fois depuis 2020, avec 19,8 milliards d'écoutes. Cette consécration au Super Bowl signe également c'est la reconnaissance de la culture latino-américaine sur la plus grande scène sportive et culturelle des États-Unis.
Le spectacle s'est conclu avec un message simple mais puissant affiché à l'écran : «The only thing more powerful than hate is love» — «La seule chose plus puissante que la haine, c'est l'amour.» Placé devant une parterre de drapeaux représentant les territoires du continent sud-américain et caribéens dont le drapeau de Martinique et même le drapeau français ont flotté sur la pelouse du stade Levi's de Santa Clara. Le chanteur a clôturé son show en tenant un ballon de football américain orné de l'inscription « Together We Are America » (Ensemble, nous sommes l'Amérique).























