Dans deux semaines, le dimanche 12 décembre 2021, se tiendra le scrutin pour l'autodétermination du territoire. Dans un contexte d'ores et déjà tendu politiquement, la Commission de contrôle du référendum se déploie pour surveiller la tenue du scrutin. Le Président de la Commission, Francis Lamy, évoquait le travail en cours et à venir sur le plateau de nos confrères de CALEDONIA.
Alors que les partis indépendantistes ont tous appelé à la non participation du scrutin, souhaitant invalider le résultat et obtenir un report du vote d'un an, la date du 12 décembre 2021 a bien été maintenue par l'Etat. Un contexte particulier qui laisse craindre des pressions sur les électeurs, mais qui, même en cas de non-participation massive des votants indépendantistes, ne représenterait pas une invalidation des résultats. Alors que la date fatidique du vote, et de la sortie des Accords de Nouméa qui y sont liés, approche rapidement, la Commission de contrôle déploie plus de 250 délégués qui auront pour mission de veiller à la bonne tenue des élections, leur régularité, mais aussi la potentielle présence de pression sur les électeurs.
Francis Lamy, président de la Commission de Contrôle du référendum, était sur le plateau de nos confrères de Caledonia.nc afin de faire un rappel du rôle de la délégation, et des tenants et aboutissants quant à la tenue du scrutin, alors qu'il rencontrait, plus tôt dans la journée, les maires de la Province Nord, majoritairement indépendantistes, et Paul Néaoutyine, Président de la Province Nord.
“Notre rôle, c'est de proclamer les résultats, de veiller à la régularité et la sincérité du scrutin, et tout ceci nécessite un travail de préparation. Aujourd'hui, c'était la rencontre avec les maires de la Province Nord, c'était aussi une rencontre avec le président Néaoutyine, nous avons parlé de la préparation du scrutin, des bureaux de vote, du jour du déroulement des opérations électorales, pour que les choses se passent le mieux possible, comme elles s'étaient bien passées lors du premier et du deuxième référendum”.
Malgré la forte présence d'élus indépendantistes en Province Nord, alors que les partis politiques indépendantistes ont appelé à la non participation du scrutin, Francis Lamy observe l'implication de chacun, quel que soit son bord politique.
“Ce que je constate, et c'est le troisième référendum dont je m'occupe, c'est que tous les maires de la Nouvelle-Calédonie, quel que soit leur parti, quel que soit leur opinion par rapport au référendum, prennent autant à cœur leurs responsabilités dans un cas comme dans l'autre (…) avec un sens des responsabilités aiguë, avec leurs équipes, les fonctionnaires et les élus, et je n'ai pas d'inquiétude sur ce point, je sais qu'ils font tout pour que les choses se passent le mieux possible.”
Le Président de la Commission de contrôle se dit serein quant à l'implication des élus, malgré le “contexte particulier” de cette troisième itération, et malgré les craintes de potentielles pressions sur les électeurs, à l'image de celles soulevés par la même Commission lors du second référendum, par la présence de drapeaux et de groupes de personnes montrant ouvertement leur position indépendantiste autour de bureaux de vote dans le Grand Nouméa.
“Je ne dis pas que c'était l'intention de ceux qui se sont manifesté sur la voie publique avec des drapeaux, mais néanmoins, cela pouvait être perçu comme tel, et il y a une règle d'or en matière d'élections, c'est que le jour de l'élection, on laisse l'électeur décider dans la sérénité”.
La question des pressions potentielles sur les électeurs pourrait être centrale, d'autant plus que les partis indépendantistes ont appelé au boycott du scrutin. Cependant, la liberté du vote reste une question fondamentale, rappelle le Président de la Commission :
“La particularité de ce référendum, c'est l'appel à la non-participation de la part des partis et mouvements indépendantistes, et sur ce point je voudrais dire deux choses. La première, c'est que ce choix qui est celui des partis et mouvements indépendantistes, c'est leur liberté politique, et je respecte tout à fait cette liberté politique. Mais le deuxième point, c'est qu'aller voter, ou ne pas aller voter, c'est la liberté de l'électeur, et c'est à l'électeur de décider en toute sérénité et en l'absence de toute pression, et le rôle de la Commission, c'est de veiller à la liberté de l'électeur”.
En cas de pression, il s'agira du devoir de la Commission de prononcer les résultats et de donner son “appréciation sur le bon déroulement du scrutin et la sincérité du scrutin, à partir de l'ensemble des informations”, et en cas de problème constaté, Francis Lamy rappelle la procédure :
“Il faut savoir que nous recensons les votes, et il y aura un résultat officiel. Si nous avons des doutes sur la validité du scrutin, nous le dirons, et à ce moment-là, il y a un seul juge, c'est le Conseil d'Etat, et c'est lui qui tranchera en dernier recours pour dire si le référendum est valide ou n'est pas valide”.
Enfin, alors que lui est posée la question d'un message à l'intention des électeurs de Nouvelle-Calédonie, le Président de la Commission de contrôle du référendum annonce de ses vœux “que les choses se passent le mieux possible, et pour que les choses se passent le mieux possible, il faut laisser ceux qui veulent voter, voter, et ceux qui ne veulent pas voter, les laisser ne pas voter”.
Damien CHAILLOT

