Numérique en Polynésie: Les entreprises « demandeuses de solutions d’accompagnement et de formations » assure Vincent Fabre, Président de l’OPEN

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©Facebook / Open – Organisation des Professionnels de l’Economie Numérique

L’économie numérique en Polynésie française: un enjeu qui passe par la transformation, l’accompagnement, la formation et la création d’une « stratégie de développement numérique impulsée par les décideurs politiques ». Pour Outremers360, Vincent Fabre, Président de l’Organisation des Professionnels de l’Economie Numérique (OPEN), fait un point sur les attentes des chefs d’entreprises polynésiens et les moyens mis en place par la Collectivité et les opérateurs publics pour développer ce secteur d’avenir pour la Polynésie.

Outremers360: En mars dernier, il y a eu le premier Festival du Digital en Polynésie. Avec la prochaine arrivée d’un câble numérique transpacifique et domestique, percevez-vous une évolution de l’usage du numérique chez les entreprises polynésiennes ? Comment utilisent-elles le numérique ?

Vincent Fabre: Le premier Baromètre de la Transformation digitale des entreprises, réalisé en 2016, a confirmé la prise de conscience de l’enjeu de leur transformation digitale, mais sans trop savoir encore par quel bout l’aborder. Elles sont par conséquent très demandeuses de solutions d’accompagnement et de formations, mais aussi d’une véritable dynamique et stratégie de développement numérique impulsée par le Pays (le gouvernement de la Polynésie française, ndlr). Les entreprises ont été très présentes au premier Digital Festival Tahiti et ont participé activement aux rencontres du numérique organisées par l’OPEN dans le cadre de ce festival.

Le premier Festival du Digital en Polynésie a eu lieu début mars 2017, au siège de la Chambre de Commerce, d'Industrie, des Services et des Métiers ©DR

Le premier Festival du Digital en Polynésie a eu lieu début mars 2017, au siège de la Chambre de Commerce, d’Industrie, des Services et des Métiers ©DR

On perçoit aussi depuis quelques mois une accélération des projets digitaux qui doivent permettre aux entreprises de mieux répondre aux attentes des clients polynésiens, dont l’appétence aux usages digitaux est déjà avérée et proche des standards métropolitains. A titre d’exemple, les entreprises doivent transformer leur site internet très institutionnel, trop « vitrine », en véritable site e-commerce. Des applications mobiles doivent être proposées pour répondre aux besoins de mobilité des clients. L’utilisation de Facebook doit se professionnaliser. Cette évolution concerne toutes les entreprises et non pas uniquement les plus grandes, et donc les plus puissantes.

Il est également essentiel de lancer au sein de chaque entreprise une démarche stratégique, même simplifiée, afin de permettre une transformation digitale optimale. Le numérique doit permettre de réinventer la relation client mais aussi de transformer les processus internes en les simplifiant et en les dématérialisant.

La start-up française imaKumo est installée en Polynésie depuis un an et cherche une trentaine de codeurs. En terme de compétences, de formations et de talents, la Polynésie répond-elle aux besoins des entreprises ?

Aujourd’hui, les formations proposées en Polynésie française ne répondent pas suffisamment aux attentes et besoins des entreprises. Mais des projets de formations au codage sont en cours et devraient permettre à très court terme de répondre à ces besoins. Bien évidemment, l’OPEN accompagne et soutien ces projets.

La CCISM en Polynésie propose plusieurs formations adaptées aux métiers du web et affiche ses intentions d'en créer de nouvelles. Elle abrite également le premier incubateur à start-up en Polynésie ©CCISM

La CCISM en Polynésie propose plusieurs formations adaptées aux métiers du web et affiche ses intentions d’en créer de nouvelles. Elle abrite également le premier incubateur à start-up en Polynésie ©CCISM

Dans le Baromètre de la Transformation digitale des entreprises, l’OPEN et le MEDEF Polynésie soulignaient: « L’opérateur public OPT ne peut définitivement plus arguer du manque d’appétence des entreprises pour justifier le bridage des débits de connexion proposés en Polynésie. Tout comme il ne peut plus faire l’économie de la mise en œuvre de réelles offres professionnelles très haut débit pour les entreprises polynésiennes ». Avez-vous vu un changement à ce niveau ?

Le Pays a fait du numérique un pilier de la refondation de son économie, c’est ce qui est ressorti de la conférence économique en 2016. L’Office des Postes et Télécommunications (OPT), à travers sa démarche ambition 2020, a lancé de nombreux chantiers structurants: déploiement de la fibre, lancement d’un 2ème câble international, lancement d’un câble domestique qui reliera Tahiti aux îles Marquises en passant par l’archipel des Tuamotu,… La prise de conscience est donc réelle mais l’OPEN restera attentif à ce que ces évolutions soient réalisées dans l’intérêt des clients, des particuliers et entreprises qui sont moteur de l’économie polynésienne.

En plus d'un câble transpacifique avec la Nouvelle-Zélande notamment, la Polynésie a pour projet de relier ses archipels par un câble domestique ©Radio 1 Tahiti

En plus d’un câble transpacifique avec la Nouvelle-Zélande notamment, la Polynésie a pour projet de relier ses archipels par un câble domestique ©Radio 1 Tahiti

En outre, le Pays a mis en place un véritable plan de développement de l’économie numérique, nommé Smart Polynesia 2025. L’OPEN participe actuellement au Comité de Pilotage pour formaliser une feuille de route ambitieuse, articulée autour de plusieurs thématiques dont l’e-administration. Cette feuille de route devrait être disponible d’ici le troisième trimestre 2017.

L’OPEN, ses missions et ses objectifs:

« Depuis sa création en avril 2011, l’objectif prioritaire de l’OPEN est de participer au développement de l’économie numérique en Polynésie française. L’OPEN est un levier incontournable du développement et de la préservation de l’économie numérique en Polynésie française. On fédère les entreprises privées, dont l’activité est directement liée à la filière du numérique et/ou, qui considèrent cette filière comme une plus-value économique.

L’organisation contribue également à informer et à former les entreprises adhérentes, comme celles en devenir, des potentialités et évolutions du numérique, au regard de sa capacité forte dans le développement des entreprises en Polynésie française. Notre rôle est plus large encore, puisque nous nous sommes également attribués comme mission l’étude et la défense des intérêts des entreprises du secteur des technologies du numérique, ainsi que le maintien parmi ses membres du respect des règles de loyauté et probité commerciale, tant à l’égard des tiers que dans les rapports de ses membres entre eux ».

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