Digital Festival Tahiti: « La Polynésie entre dans la transition numérique » assure Stéphane Chin Loy

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Teva Rohfritsch, Vice-président de la Polynésie française, Jean-Christophe Bouissou, ministre du Numérique, Stéphane Chin Loy, Président de la CCISM et le représentant du Haut-Commissaire de la République en Polynésie ©DR / Facebook TR

Ce samedi 18 mars va se refermer le Digital Festival Tahiti, premier rendez-vous du numérique en Polynésie et dans le Pacifique. Pour l’occasion, Outremers360 a rencontré le Président de la CCISM et de l’association Digital Festival Tahiti, Stéphane Chin Loy. Il explique l’essence de cet événement et confie sa volonté de le voir grandir et rayonner davantage à l’international.

Quel était l’objectif de cet événement ?

Il y a eu une prise de conscience des entreprises de la Polynésie, et de la part des jeunes qui ont des idées de start-ups. Le but était de savoir comment les mettre en relation avec ce qui existe au niveau international, d’où l’invitation de tous ces intervenants afin de leur donner une vision pragmatique de ces innovations, de ces possibilités et de ces développement. Au niveau de la Polynésie, il fallait donner la chance aux entreprises d’acquérir ces savoirs-faire pour donner envie ensuite à nos jeunes de se battre, non pas simplement en Polynésie mais de s’exporter aussi vers l’international. C’est aussi la volonté de la French Tech, ou de Christian Vanizette avec son incubateur que nous lançons tous ensemble, pour que demain ces jeunes puissent trouver une place beaucoup plus grande que nous pouvons l’imaginer actuellement.

Nao, robot Androïd de SoftBank Robotics, guest star de ce Festival ©OPT

Nao, robot Androïd de SoftBank Robotics, guest star de ce Festival ©OPT

Vous avez lancé la formation Poly3D à la CCISM, en plus de l’école de Commerce. Quels sont les futurs projets de formations à venir ?

Effectivement, nous avons lancé notre studio numérique Poly3D. Déjà, sur le mode de sélection des étudiants, il s’agit de mesurer leur volonté d’entreprendre et de s’immerger dans le numérique, et non pas par les diplômes. Nous en sommes cette année à la deuxième promotion qui, à travers son parcours, s’est placée au plus haut au niveau national. Il s’agit là d’une première étape. Ce qui nous intéresse, c’est le développement des formations du numérique, que ce soit pour les jeunes ou pour les entreprises. Avec l’appui de l’Open (Organisation des professionnels de l’économie numérique, ndlr), du Medef, du pays et de toutes les bonnes volontés, nous allons pouvoir arriver à les lancer. Il faut pouvoir transformer ces formations pour que demain nos chefs d’entreprises et les jeunes soient plus aptes à décoller, à se transformer. L’incubateur sera là, et pas seulement : nous avons aussi un projet d’espace de co-working et de travailler à l’international. Il y a donc beaucoup de projets que nous souhaitons concrétiser pour les entreprises et les jeunes du Fenua.

La Chambre de Commerce, d'Industrie, des Services et des Métiers à Papeete en Polynésie française. C'est là que se déroulera à partir de ce jeudi, le Digital Festival Tahiti ©CCISM

La Chambre de Commerce, d’Industrie, des Services et des Métiers à Papeete en Polynésie française. C’est là que se trouve l’école de Commerce de Tahiti, les studios Poly3D et que s’est déroulé le Digital Festival Tahiti ©CCISM

Vous parlez de l’incubateur Prism lancé cette année avec un appel à projets. Pourriez-vous nous en dire plus sur cet appel à projets ?

Actuellement, les responsables de l’incubateur Prism sont en formation à Paris, dans l’incubateur MakeSense, sous la direction de Christian Vanizette. Cette appel à candidatures a pour but de déceler les meilleurs projets qui seront incubés entre 6 à 12 mois, pour que les projets de start-ups polynésiennes soient les plus rentables et les plus efficaces possible à l’international. Nous espérons ensuite rebondir sur un projet plus conséquent dans lequel notre incubateur sera non seulement national, mais aussi européen. Ensuite, nous souhaitons attirer des opportunités au niveau international et au niveau de tous les incubateurs en cours de création par Christian Vanizette. L’objectif est vraiment de donner les moyens à nos jeunes, de rivaliser avec les start-ups nationales et internationales. Et je profite de la présence de Jean-Romain Micol, responsable des Métropoles French Tech, pour placer des jalons afin que dans quelques années, nos start-ups les plus prometteuses puissent avoir une place dans les grands salons internationaux, comme le CES de Las Vegas.

Stéphane Chin Loy, à gauche de la photo, est le Président de la CCISM ©Outremers360

Stéphane Chin Loy, à gauche de la photo, est le Président de la CCISM ©Outremers360

Le Digital Festival Tahiti touche pratiquement à sa fin. Est-ce que déjà vous pouvez tirer un bilan de l’affluence, de l’engouement qu’a suscité cette première édition ?

Nous avons dépassé les 2 000 e-billets vendus !  Je vous confirme donc le succès. L’ensemble des exposants était surpris par la qualité et l’ampleur de l’événement. Et c’est le premier Festival du Digital que nous organisons en Polynésie et même à l’échelle du Pacifique. Nous travaillons déjà avec les forces vives du Pays à une prochaine édition qui serait encore plus réussie que celle-ci. Nous essaierons de faire appel à d’autres exposants du monde entier. Déjà cette année, nous avons dû refuser des exposants par manque de place. Donc il faut aussi réfléchir à une nouvelle dynamique pour relancer cet événement de la façon la plus professionnelle possible. Je dédie en tout cas cette réussite à tous nos exposants, à toutes nos équipes, nos collaborateurs, surtout ceux qui ont eu à gérer l’ensemble des exposants et toute l’organisation technique mise en place pour ces trois jours.

Ce vendredi soir, on a pu assister à un défilé de mode « connectée » avec des vêtements réalisés en 32h, en collaboration avec le Canada et la Polynésie. Visiblement, c’était une véritable prouesse et un challenge réussi…

Des challenges, on en a eu plusieurs lors de ce Festival, notamment un hackathon international dédié à Air Tahiti Nui pour créer une application touristique. Ensuite, il y a eu un « game jam » (hackathon avec pour thème principal les jeux vidéo, ndlr) avec Ubisoft et ce défilé avec UDesign Fashion, un Fab Lab, qui va allier non seulement le numérique mais aussi le design, la mode, l’imprimerie 3D ou la découpe laser avec nos matériaux. L’idée était vraiment d’allier toutes ces ressources digitales à la mode du Fenua et d’en faire un événement réussi. Les candidats qui seront primés gagneront des formations au Canada. C’est une amorce de relations professionnelles entre la Polynésie, le Canada, la French Tech, Singapour et tous les autres pays qui ont participé à ce Festival.

Le défilé de mode avec des vêtements connectés, réalisés en partenariat avec UDesign Fashion ©Outremers360

Le défilé de mode avec des vêtements connectés, réalisés en partenariat avec UDesign Fashion ©Outremers360

Est-ce que pour vous, la promesse de ce Festival est tenue ?

Au niveau de l’organisation de ce Festival, le but était vraiment de lancer une première et de bâtir toute l’organisation grâce à un ensemble de partenaires sur lesquels on peut compter. Pas seulement pour l’événement mais aussi pour développer les formations à venir et les différentes étapes pour que la Polynésie rentre vraiment dans la transition numérique et digital. Et tout cela va en faveur des entreprises, des jeunes et de tous les Polynésiens qui vont pouvoir s’approprier ces nouvelles technologies et continuer à avancer. Le Festival est un succès et nous espérons le parfaire dans les prochaines éditions.

Interview réalisée par Marie-Christine Ponamalé.

Un appel à projet pour le lancement du Prism

Le Prism est le premier incubateur de projets et de start-ups lancé en 2017 par la CCISM, en partenariat avec Makesense, fondé par le Polynésien Christian Vanizette. Un appel à projets est dès à présent lancé pour accéder à cet incubateur. Les porteurs de projets seront ensuite sélectionnés selon des critères bien définis:

– Identifier un problème sur un marché spécifique et proposer une solution innovante pour répondre à ce problème
– Utiliser les nouvelles technologies pour résoudre ce problème
– Avoir conscience de la faisabilité et de la viabilité économique du projet
– Avoir moins de deux ans d’existence (si la structure juridique est existante) ou être porteur d’un projet
– Etre motivé(e) et impliqué(e) dans son projet.

Les porteurs de projets qui souhaitent postuler ont jusqu’au dimanche 30 avril prochain, jusqu’à minuit, pour intégrer la première promotion de Prism. Les candidatures se feront en ligne uniquement via un formulaire disponible sur le site de la CCISM.

©CCISM

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