« Pour un Ministère de l’Expansion et de la France Océanique », l’Edito de Luc Laventure

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Au milieu de ce tohu-bohu national et des luttes quelques fois fratricides sur le plan politique, les économies d’Outre-mer continuent d’être de plus en plus la pierre angulaire des réflexions sur l’avenir de nos territoires. Les organisations professionnelles telles que la FEDOM, les CPME, les chambres de commerce et d’industrie font entendre leurs voix.

Je voudrais signaler aujourd’hui les initiatives prises à La Réunion et surtout une idée de la CPME sous la plume de Dominique Vienne (Confédération des PME de La Réunion) qui propose de faire rayonner la France sur tous les continents avec la création d’un Ministère de l’Aménagement et l’Expansion en France océanique, rattaché au Premier ministre.

La Réunion et Mayotte sont au cœur d'une région dynamique, entre l'Asie du Sud-ouest et l'Afrique de l'Est ©DR

La Réunion et Mayotte sont au cœur d’une région dynamique, entre l’Asie du Sud-ouest et l’Afrique de l’Est ©DR

Ce ministère aurait pour vocation de créer dans chaque espace géographique d’Outre-mer, une représentation de la politique de développement française avec :

– Un représentant du Ministère des Finances, pour établir des conventions/traités de non double imposition avec les pays de la Zone (Afrique de l’Est essentiellement) comme nos voisins mauriciens qui ont actuellement 15 traités de non double imposition.

– Un représentant du Ministère des Affaires Étrangères, pour établir en lien avec le président de Région, des relations diplomatiques avec les pays de la zone Océan Indien dans le cas de la Réunion.

Les Antilles et la Guyane sont un pont entre la France, l'Europe et l'Amérique latine ©DR

Les Antilles et la Guyane sont un pont entre la France, l’Europe et l’Amérique latine ©DR

Cette représentation permettrait plus facilement de nourrir des liens avec le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) et la Communauté de Développement de l’Afrique australe (SADC). Cela permettrait aux entreprises françaises d’exporter ou de fabriquer depuis La Réunion. Elle permettrait à la France, de manière générale, de propulser dans l’Océan Indien tous les fleurons de l’économie française et d’étudier les différentes opportunités pour construire une économie du tourisme vers la France d’Outre-mer (développement des accords diplomatiques en matière de visa).

Aujourd’hui, le terme « ultramarins » évoque l’éloignement et l’exiguïté, alors que ces terres sont la France Océanique: territoires attractifs, stratégiques d’implantation, pensés comme des leviers compétitifs et agiles dans une économie globalisée. Le Président Dominique Vienne propose une politique régionale plus marquée, plus offensive et une meilleure sémantique pour percevoir les opportunités et non les limites.

Les Collectivités du Pacifique sont, quant à elles, au centre d'un océan anglophone, entre la dynamique Nouvelle-Zélande, l'Australie, la Chine expansive et les Amériques ©DR

Les Collectivités du Pacifique sont, quant à elles, au centre d’un océan anglophone, entre la dynamique Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Chine expansive et les Amériques ©DR

Et ce qui est évoqué ici pour l’océan Indien vaut naturellement pour les autres grands bassins océaniques. Les Collectivités françaises du Pacifique sont les voisines de grands marchés économiques en croissance, et donc en demande. Et que dire de la Caraïbe qui explore depuis longtemps ce bras de levier précieux avec sa grande Région?
L’arsenal économique français a aujourd’hui un atout de taille dans son jeu: la position géographique de ses territoires océaniques. Osera-t-il jouer cette carte?

Luc Laventure, Outremers360

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