Intempéries à Tahiti: 5 jours après, l’heure de la « gestion des conséquences »

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©Gregory Boissy / AFP

Alors que le gouvernement polynésien, aidé par le représentant de l’Etat et les communes, continue à recenser les dégâts provoqués par les fortes intempéries qui ont frappé Tahiti le week-end dernier, les dons et la mobilisation envers les sinistrés multiplient et se structurent. Du ministère de l’Education nationale à la Banque de Tahiti, de nombreuses institutions ont annoncé leur aide.

Ce mercredi 25 janvier, en conseil des ministres, le gouvernement polynésien a annoncé la création d’une commission des sinistres et de répartition des secours. Réunis pour la première fois das le cadre de cette commission jeudi, le Président de la Polynésie française Edouard Fritch et le Haut-commissaire de la République René Bidal ont rappelé l’union des services de l’Etat, du territoire et des communes pour co-gérer la la phase « de gestion des conséquences »: que ce soit au niveau des aides aux familles sinistrées ou au recensement et réparations des infrastructures endommagées. Et alors que de nombreuses voix, dont La Tribune, ont souligné le silence de l’Elysée et de Matignon, le Chef de l’Etat aurait toutefois téléphoné au Président polynésien à son retour du Chili. « Le Président de la République m’a confirmé la participation de l’Etat sur la deuxième phase, la gestion des conséquences, et l’Etat attend la fin du recensement qui sera fait à la fois sur les infrastructures publiques communales et aussi au niveau de l’habitat », a assuré le Président polynésien Edouard Fritch.

60% de la population touchée

Selon les services sociaux et la Caisse de Prévoyance Sociale (CPS – équivalent de la Sécurité sociale) qui poursuivent leur recensement des familles sinistrées, on compte environ 400 personnes toujours logées d’urgence par les organisations religieuses. « Il faudra aider ces associations et ces Eglises qui accueillent toujours (…) des sinistrés sans toit », explique de son côté le Haut-commissaire de la République René Bidal. En tout, 60% de la population de Tahiti a été touchée par ces intempéries. Pour l’heure, le recensement complet des dégâts occasionnés n’est pas disponible mais d’ores et déjà, le gouvernement polynésien estime que les dommages s’élèveraient à 12,5 millions d’euros (1,5 milliard de Fcfp). Sur les Fonds d’urgence mobilisés par la ministre des Outre-mer dès lundi, environ 60 000 euros ont été consacrés à l’eau dans les communes, rapporte Radio 1 Tahiti.

Des centaines de familles ont trouvé refuges dans des salles paroissiales ©Radio 1 Tahiti

Des centaines de familles ont trouvé refuges dans des salles paroissiales ©Radio 1 Tahiti

En outre, la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts vient d’annoncer, ce vendredi après-midi, 100 000 euros supplémentaires aux 200 000 euros mobilisés dans le Fonds d’urgence Outre-mer. « Cette enveloppe sera notamment utilisée pour faciliter l’accès à l’eau potable et assurer l’hébergement d’urgence des personnes sinistrées », précise le ministère des Outre-mer dans son communiqué. « La ministre des Outre-mer a également autorisé l’intervention du fonds de secours ultramarin pour l’indemnisation des dégâts matériels non assurés. Les dossiers seront à transmettre au haut-commissaire de la République qui instruira les demandes dans les meilleurs délais ».

Le ministère de l’Education nationale mobilisé

Si l’Elysée et Matignon n’ont publié aucun communiqué de soutien, la ministre de l’Education nationale a annoncé mobiliser 95 millions de Fcfp, soit environ 800 000 euros, « pour permettre le déploiement d’aides d’urgence aux familles des élèves externes et internes du second degré de l’enseignement public et du second degré de l’enseignement privé sous contrat avec l’Etat ». Toutes les écoles, primaires et secondaires, de Tahiti et Moorea ont été fermées au lendemain des intempéries. A ce jour, cinq d’entres elles le restent. Najat Vallaud-Belkacem a par ailleurs décidé de reporter les épreuves écrites d’admissibilité des concours de l’agrégation interne au 15 et 16 février prochains. Ces concours sont nationaux : d’où qu’ils composent, tous les candidats doivent le faire simultanément. A noter que la ministre de l’Education nationale avait effectué une visite en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie en octobre dernier, et a visiblement été touchée par les intempéries qui ont frappé Tahiti.

Cinq établissements scolaires sont encore fermés ce vendredi. Ici l'école Fariimata, qui a réouvert cette semaine, dans le quartier de la Mission à Papeete ©Radio 1 Tahiti

Cinq établissements scolaires sont encore fermés ce vendredi. Ici l’école Fariimata, qui a réouvert cette semaine, dans le quartier de la Mission à Papeete ©Radio 1 Tahiti

De toutes parts, l’aide continue à affluer en Polynésie. Le gouvernement calédonien a annoncé l’envoi de 5 millions de Fcfp (41 900 euros) à son voisin du Pacifique. L’Assemblée de la Polynésie française a également débloqué 100 millions de Fcfp (840 000 euros) sur son budget à destination de l’aide aux sinistrés. L’Office des Postes et Télécommunications (OPT) a annulé son séminaire annuel et reversé le budget de cet événement, environ 50 280 euros, à la Croix-Rouge en Polynésie française. La Banque de Tahiti a également décidé de débloquer 8,380 millions d’euros de ligne de crédit de trésorerie pour ses clients professionnels, artisans, commerçants, entreprises suite aux intempéries du week-end dernier à un taux bonifié afin de les aider, révèle TNTV.

Le concert solidaire à Paris prévu le 14 février

A Paris, la Délégation de la Polynésie française continue de rassembler les dons de vêtements qui seront envoyés le 15 février à Tahiti, dernier délai. La Délégation a également annoncé l’organisation d’un concert solidaire le 14 février à Paris. L’entrée, fixée à 5 euros, et tous les dons numéraires récoltés durant cette soirée seront reversés à la Croix-Rouge de Polynésie. Sur place, les particuliers s’organisent aussi pour venir en aide aux sinistrés et une cagnotte en ligne à été ouverte spécialement dédiée aux jeunes polynésiens étudiants à l’étranger. Toujours en ligne, une pétition créée par l’association Heal The World Tahiti demande « que la garantie des catastrophes naturelles soit étendue en Polynésie française par les compagnies d’assurances de façon obligatoire ». En effet, contrairement à l’Hexagone, cette garantie n’est pas obligatoire en Polynésie, ce qui dans ce genre de situation, laisse beaucoup de Polynésiens sans ressources pour se relever.

En quelques heures dans la nuit de samedi à dimanche dernier, les fortes pluies ont englouti le tunnel du front de mer de Papeete. Certains automobilistes ont été surpris par la montée rapide des eaux et ont abandonné leur véhicule ©Lambert Cazalot

En quelques heures dans la nuit de samedi à dimanche dernier, les fortes pluies ont englouti le tunnel du front de mer de Papeete. Certains automobilistes ont été surpris par la montée rapide des eaux et ont abandonné leur véhicule ©Lambert Cazalot

Pour rappel des faits, de violentes intempéries ont frappé Tahiti dans la nuit du samedi 21 au dimanche 23 janvier. En quelques heures, 60 litres d’eau au mètre carré sont tombés, principalement sur la côte Nord/Nord-ouest de l’île, la plus urbanisée avec Papeete en son centre. De nombreuses routes sont devenues impraticables, les ponts ont été emportés par les eaux, des centaines d’habitations ont été inondées et des éboulements ont paralysé l’île. L’aéroport international de Tahiti-Faaa est resté fermé pendant 24h. A ce jour, les dégâts sont encore nombreux et plusieurs centaines de familles demeurent sans toit. Et les Polynésiens restent prudents : la leptospirose est une autre conséquence sanitaire à prévenir. De nombreuses communes ont d’ailleurs interdit la baignade par sécurité. De même, si le beau temps est revenu en milieu de semaine, l’été austral, chaud, humide et instable, n’est pas encore fini.

Les points relais de collecte de dons et vêtements dans l’Hexagone

La Délégation de la Polynésie française à Paris vient de renseigner tous les points relais répartis sur l’Hexagone pour la collecte de vêtements et de dons pour les sinistrés des intempéries de Tahiti :

-Bordeaux ➡️ Mitch Association Ori Haunui : 0681318704
– Bordeaux ➡️ Aepf Bordeaux: 06 64 23 31 23
-St Mandrier ➡️ Association Tahiti Ori / Pupu Polynésia Mercier Fareura Mauore Ganahoa
-Brignoles ➡️ Tahiti Nui St Anastasie Florence Euvrard
-Toulon ➡️ Hei Show Tamure
-Toulon ➡️ Maria Brothers Boutique Heitiare
-Hyeres ➡️ Aurélie Taiura Tapu
-Frejus ➡️ Laurence Ferrandi
-Aix En Provence ➡️ Laure Romanet / Reva i Tahiti / Jennyfer Audibert Partage Passion Polynesie
-Venelles ➡️ Partage Passion Polynesie Jennyfer Audibert
-Marignane / Gignac ➡️ Reva i Tahiti / Moéa Bénard : 06 12 03 55 32
-Nice / Cannes ➡️ Charlotte Poerava / Clara Moea Giboulot
-Grenoble ➡️ Vahine Maeva
-Montpelier ➡️ Aepf Montpellier
-Toulouse ➡️ Aepf Toulouse Vaiara Levy : 06 23 11 21 00
– Lyon ➡️ Aepf Rhône- Alpes : 06 64 22 44 32
-Vaucluse ➡️ Tina Magne
-Castres ➡️ Association Tahiti.
Alexia Lokelanie ou Monsonnec-unbekand Valentine
-Ariège ➡️ Tahiti 09
-Pau➡️ Aepf Pau : 0617600433
-La Rochelle ➡️ Tekava Jolly de Tahiti Nui
-Paris ➡️ Mélanie Mauru hiva nui / Délégation Polynésie
-Paris 75 & Val de marne 94 ➡️ Taïna Raïatea
-Brest➡️Maeva Leborgne / Tahiti En France / Marie Herimian Butscher
-Cherbourg ➡️ Philomène Heiva Asine-Françoise Fenua o te hau
-Castelnaudary ➡️ Tearo Fariu Sandra White
-Graulhet – Albi – Gaillac ➡️ Teriimataha Aiu Tahiti Association Tao’a no tahiti
-Besançon ➡️ Fenua d’outre mer
-Strasbourg ➡️ Ratere no Tahiti (wangen) : 0675381572
– Strasbourg ➡️ Aepf Strasbourg : 06 50 60 60 98
-Nîmes ➡️ Vaiata Pillet 0788178164
-Charmes la cote ➡️ Isabelle Felices Garcia : 0661830823

©Stéphane Mailion Photography

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