Guyane: défections au sein des « 500 frères » après l’accord de sortie de crise

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©Gerno Odang

Après le départ de Mickaël Mancée la semaine dernière, le collectif des « 500 frères contre la délinquance » enregistre une nouvelle défection au lendemain de l’accord de sortie de crise. Sur le terrain, deux grèves se poursuivent.

Quatre jours après la fin du conflit social en Guyane, le collectif « 500 frères contre la délinquance », se délite, avec le départ de l’un de ses co-fondateurs, tandis que, sur le terrain, deux grèves se poursuivaient mardi à l’hôpital de Cayenne et à EDF. Le parquet a par ailleurs ouvert une enquête pour « tentative d’incendie » au domicile du directeur d’EDF Guyane, suite à des jets de projectiles incendiaires dimanche, a indiqué ce mardi le procureur Eric Vaillant.

José Achille, à droite sur la photo, a annoncé son départ des "500 frères" ©France-Guyane

José Achille, à droite sur la photo, a annoncé son départ des « 500 frères » ©France-Guyane

« Les 500 frères connaissent une crise » a expliqué lundi soir, lors d’une conférence de presse, Francesca Felix, membre du groupe. Selon France-Guyane, un des co-fondateurs, José Achille, vient de quitter le collectif qui a catalysé les blocages en Guyane pendant un mois.

Deux grèves encore en cours

C’est la seconde défection après celle de l’ex-leader charismatique, Mikaël Mancée. Il avait annoncé son départ il y a une semaine, ne se reconnaissant plus « dans les méthodes employées » par le collectif « Pou Lagwiyann dékolé » auquel adhèrent les « 500 frères ». Alors qu’un accord de fin de conflit a été signé vendredi pour lever les barrages en Guyane, deux grèves portées par l’Union des travailleurs guyanais (UTG) perturbaient encore mardi le fonctionnement du service public.

Avant José Achille, c'est le leader charismatique des "500 frères", Mickaël Mancée, qui avait annoncé son départ du collectif ©Jody Amiet / AFP

Avant José Achille, c’est le leader charismatique des « 500 frères », Mickaël Mancée, qui avait annoncé son départ du collectif ©Jody Amiet / AFP

Au centre hospitalier Andrée Rosemon de Cayenne (CHAR) une petite partie du personnel est en grève depuis quasiment un mois. « La grève est portée par l’UTG santé, nous sommes 80 mobilisés », sur 2000 personnels, a expliqué Eric Molinier, secrétaire général de l’UTG santé. Les grévistes réclament plus d’ « effectifs », plus de « matériels et de meilleures conditions de travail pour tous les services ». Contactée, la direction de l’Agence régionale de santé n’a pas souhaité s’exprimer.

Le domicile du directeur d’EDF visé

Un autre mouvement social porté par l’UTG paralyse les bureaux et la centrale thermique de EDF. Selon Willy William, représentant de l’UTG éclairage à EDF, 30% de salariés sont en grève. Selon la direction, ils étaient 16% lundi. Les grévistes, qui refusent de négocier avec le directeur régional, demandent de pourvoir « 84 postes vacants » et le « paiement des jours de grève », selon le syndicaliste. Dimanche, « 4 engins incendiaires », de « type cocktail Molotov de fabrication artisanale », ont été projetés sur le domicile du directeur d’EDF en Guyane, a indiqué EDF Guyane dans un communiqué. Une plainte contre X a été déposée.

Selon le procureur Eric Vaillant, « une enquête est en cours pour tentative d’incendie ». « Nous dénonçons ouvertement ces faits. On ne peut pas cautionner ça », a indiqué mardi Davy Rimane, secrétaire général de l’UTG Eclairage et porte-parole du collectif Pou Lagwiyann dékolé.

Avec AFP.

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