Crise sociale en Guyane: L’accord de Guyane est signé

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© Pou Lagwiyann Dekolé

Ce 21 avril 2017, le document « Accord de Guyane »  a été paraphé à la préfecture de Guyane à Cayenne en fin d’après-midi.  Ce protocole met un terme aux barrages qui ont bloqué le territoire et pénalisé l’économie.

Le texte a été salué par l’ensemble des protagonistes du conflit. « On a réussi à ce que le protocole paraisse au journal officiel. Maintenant on pourra travailler avec ce document et aller en justice si on n’est pas satisfait », a souligné  Davy Rimane, porte-parole du collectif « Pou la Gwiyann Dékolé ». Dans un communiqué, la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts a évoqué  un document « porteur de mesures capitales » permettant de construire « l’avenir de la Guyane ».
Pour le préfet de Guyane, Martin Jaeger, il s’agit d’un « acte fondamental pour la Guyane. Il trace des ambitions. A nous de le faire vivre avec sérieux, conscience ». les députés Chantal Berthelot et Gabriel Serville, les sénateurs Antoine Karam et Georges Patient, le président de la Collectivité Territoriale de Guyane Rodolphe Alexandre et le président de l’Association des maires de Guyane David Riché ont également signé cet protocole de fin de conflit. Pour assister à cette signature, une centaine de personnes s’était réunie devant la Préfecture de Guyane.

Par voie de conséquence, les barrages mis en place par le Collectif depuis un mois, ont été levés à l’exception du barrage de la Carapa à Kourou. Ce barrage est celui qui bloque l’accès au centre spatial de Guyane. Tenu par le collectif nommé les Toukans, ils réclament « des garanties » quant à l’avenir du Centre Médico-Chirurgical de Kourou (CMCK). Ce collectif espère « un courrier de la ministre de la Santé » pour acter par écrit « le passage en secteur public du Centre médico-chirurgical de Kourou ».

L’accord de Guyane a ainsi entériné les décisions suivantes : un Plan d’urgence d’1,1 milliard d’euros, un plan additionnel d’investissement et de fonctionnement  de 2,1 milliards d’euros, la cession gratuite par l’Etat de 250 000 hectares de foncier à la Collectivité Territoriale et aux communes de Guyane, l’élaboration à moyen terme du Projet Guyane à l’issue d’Etats généraux, l’absence de poursuites contre les participants au mouvement social.

Les élus également présents à la signature de l'Accord de Guyane © Chantal Berthelot Facebook,

Les élus également présents à la signature de l’Accord de Guyane © Chantal Berthelot Facebook,

Après une marche qui avait rassemblé des milliers de Guyanais le 28 mars, la tension s’était accentuée depuis plusieurs jours dans la population. Les Guyanais étaient partagés sur l’opportunité de poursuivre les barrages qui ont pénalisé l’économie, cloué la fusée Ariane au sol et entraîné des pénuries de produits. Le collectif «Pou la Gwiyann Dekolé » a même connu des divergences au sein de l’organisation. La stratégie employée été critiquée entre autres par Mickael Mancé, figure emblématique du mouvement. Enfin le collectif des autochtones de Guyane s’est désolidarisé du mouvement, tout comme les socio-professionnels, qui ont dénoncé vendredi « l’absence de représentativité et de légitimité du signataire » de l’accord signé dans le domaine socio-économique, le syndicat UTG (union des travailleurs guyanais).

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