Européennes 2019 : En Polynésie, des enjeux locaux pour un scrutin européen qui mobilise peu

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©Gregory Boissy (AFP) / Outremers360 / Vaite Urarii Pambrun (Radio 1 Tahiti)

Tapura Huiraatira, Tavini Huiraatira, Tahoeraa Huiraatira, les trois grands partis politiques polynésiens se sont positionnés pour les élections européennes de mai. Des positions qui reflètent davantage l’expression d’enjeux locaux pour un scrutin qui mobilise très peu l’électorat de cette Collectivité d’outre-mer à l’autonomie large. 

Mesurer son électorat. C’est ce qui paraît être le premier enjeu des élections nationales et européennes en Polynésie. C’est d’ailleurs la première motivation d’un soutien à un candidat lors de la Présidentielle. En 2017, les partis polynésiens avaient chacun son poulain : François Fillon puis Emmanuel Macron pour le Tapura Huiraatira d’Édouard Fritch, Marine Le Pen pour le Tahoeraa Huiraatira de Gaston Flosse et l’abstention pour le Tavini Huiraatira de l’indépendantiste Oscar Temaru. Résultats : François Fillon remporte arrive en tête au 1er tour en Polynésie, suivi de Marine Le Pen alors que l’abstention atteint des records dans la ville de Faa’a, fief d’Oscar Temaru. Au 2nd tour, fort du soutien d’Édouard Fritch, Emmanuel Macron rattrape son retard dans la Collectivité et passe devant Marine Le Pen.

Un an avant les Territoriales, mère des élections en Polynésie, la Présidentielle a donc battu la mesure et confirmé le poids électoral de chacun des partis : Édouard Fritch est majoritaire, le parti de Gaston Flosse est la première force d’opposition suivi du Tavini Huiraatira. « L’élection présidentielle revêt des enjeux bien plus locaux en Polynésie », nous expliquait Antoine Samoyeau, rédacteur en chef de radio 1 Tahiti. « Elle marque désormais le premier acte d’un cycle de trois élections en moins d’un an : présidentielle, législatives et territoriales. L’élection présidentielle est donc devenue, en quelque sorte, la rampe de lancement des partis politiques locaux pour ce triptyque électoral capital ».

15% de participation

Les Européennes de 2019 relèvent de cette même dynamique et ce, un an avant les municipales, autre élection majeure en Polynésie. Ainsi, le Tahoeraa Huiraatira de Gaston Flosse avait annoncé son soutien à la liste Les Républicains menée par François-Xavier Bellamy. « Pour le Tahoeraa Huiraatira, les élections européennes sont surtout l’occasion d’un nouvel affrontement à distance face à Édouard Fritch avant les élections municipales de 2020 », commentait Radio 1 Tahiti. La semaine dernière, c’est le parti majoritaire d’Édouard Fritch qui a confirmé son soutien à la liste LREM de Nathalie Loiseau, et l’envoi d’un ministre également maire sur cette liste, en position non éligible. Là encore, « l’intérêt pour le parti d’Edouard Fritch étant surtout de prendre position face à ses adversaires locaux pour ce scrutin ». Une décision qui a fait grincer des dents les quatre parlementaires polynésiens (UDI, centristes), parmi les plus proches lieutenants d’Édouard Fritch.

Enfin, l’indépendantiste Oscar Temaru a décidé, avec son parti, d’utiliser le scrutin européen pour « ouvrir un débat sur la « constitution et le gouvernement de Maohi Nui » ». En appelant ses militants à insérer un bulletin « Maohi Nui » dans l’urne, l’indépendantiste espère démontrer que la cause souverainiste a du poids dans l’électorat. Rien ne dit toutefois que la stratégie des partis locaux sera payante tant l’élection européenne mobilise peu. En 2015, le scrutin a déplacé à peine 15% de l’électorat, peu représentatif pour se projeter sur les municipales de 2020. Les enjeux européens semblent être bien trop éloignés des préoccupations des populations du Pacifique, même s’il existe bien des sujets qui pourraient y trouver un écho comme la Charte des langues régionales, les fonds de développement ou encore, l’Accord de Paris pour lequel l’Europe est un mauvais élève.

Mais en Polynésie, où les sondages d’opinion sont inexistants, les élections nationales sont le seul moyen de prendre la mesure de l’électorat avant les élections locales qui mobilisent véritablement les Polynésiens. Surtout, elle permettra aux partis de tenir leur électorat mobilisé, de mener campagne bien en amont et de marteler les positions politiques respectives avant le grand rendez-vous des municipales de 2020, car en Polynésie, le poids des maires attise les convoitises des partis.

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