Territoriales 2018 en Polynésie : Décryptage de la mère des élections polynésiennes

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Des militants du Tapura Huira’atira agitent les drapeaux aux couleurs de leur parti, à l’entrée ouest de Papeete ©Facebook / Tahiti Zoom

Comme le prévoit le code électoral qui régit les élections territoriales en Polynésie, les trois formations politiques qualifiées lors du 1er tour ont déposé leurs listes pour le 2nd tour, ce mardi 24 avril. Celles-ci redoublent d’efforts pour les derniers jours de campagne avant la date fatidique du 6 mai.

Mais que représente une élection territoriale pour la Polynésie ? Quels sont les thèmes développés pour celle de 2018 ? Et comment se passe une campagne sur le terrain ? Outremers360 vous explique avec en prime, les interviews de Lana Tetuanui et Nicole Sanquer pour le Tapura Huira’atira, et Moetai Brotherson pour le Tavini Huira’atira.

Les Territoriales clôturent une année électorale en trois temps, qui a commencé par la Présidentielle de mai et les Législatives de juin 2017. Une dynamique que l’on observe depuis 2007/2008 en Polynésie. Les primaires de la droite et du centre fin 2016 ont également permis à une partie de l’échiquier politique polynésien de se jauger. Car là est le véritable enjeu des élections nationales sur ce territoire disposant d’une large autonomie : compter ses voix et mesurer sa force de frappe avant la mère des élections, les Territoriales.

Cette année, six listes ont concouru pour le 1er tour, trois d’entre elles ont passé la barre des 12,5% des suffrages pour être qualifiées au 2nd : la liste du Tapura Huira’atira d’Edouard Fritch (43,04%), celle du Tahoera’a Huira’atira de Gaston Flosse (29,41%) et et celle du Tavini Huira’atira d’Oscar Temaru (20,71%). Les autres listes n’ont pas passé la barre des 5% pour espérer intégrer une liste présente au 2nd tour. Le véritable « 4ème homme » des Territoriales 2018 est l’abstention. En effet, avec une participation de 61,51%, la Polynésie affiche là sa plus basse mobilisation à une élection pourtant majeure pour la Collectivité puisque celle-ci déterminera les forces en place dans la prochaine Assemblée polynésienne et par conséquent, la direction politique et économique de la Polynésie pour les 5 prochaines années.

Des thématiques quotidiennes aux problématiques spécifiques

En 2018, les principales préoccupations des Polynésiens n’ont guère beaucoup changées par rapport aux précédentes élections. On parle chômage, emploi des jeunes, inégalités sociales, protection sociale, éducation, développement économique et grands projets, tourisme ou encore, transports. En somme, tout ce qui concerne de près ou de loin le quotidien des électeurs polynésiens. S’y ajoutent cette année des problématiques spécifiques telles que les essais nucléaires, l’exemplarité et la probité des élus, l’attachement à la France et la colonisation. En Polynésie, on ne parle pas de « gauche » ou de « droite », on parle autonomistes ou indépendantistes. Edouard Fritch est autonomiste, Oscar Temaru vise l’autodétermination et l’indépendance, tandis que Gaston Flosse, s’il fut l’artisan et le plus grand défenseur du statut d’autonomie interne de 1984, apparaît aujourd’hui plus ambiguë sur les liens à entretenir avec l’Etat.

Edouard Fritch renforcé

S’il est un enseignement à retenir à l’issue du 1er tour, c’est le renforcement d’Edouard Fritch et de son parti le Tapura Huira’atira. Celui qui fut le numéro 2 de Gaston Flosse est arrivé au pouvoir en 2014, à la faveur d’une peine d’inéligibilité prononcée à l’encontre de son ex-mentor. Malgré une séparation éclatante, son émancipation lui réussit. Il occupe un espace politique qui n’avait, depuis 2002, plus de leader charismatique : un « centre » à la polynésienne, autonomiste mais à la fois contre Gaston Flosse et contre les idées indépendantistes. Avec lui, de nombreux anciens élèves du « Vieux Lion », quasiment tous passés par la très formatrice école politique du Tahoera’a Huira’atira. Le tout rassemblé au sein d’un nouveau parti programmé pour être une machine de guerre électorale.

Il s'agira de la première territoriale pour le jeune parti d'Edouard Fritch, né de sa séparation du tahoera'a Huira'atira de Gaston Flosse ©Tahiti-infos

©Tahiti-infos

S’il a pour lui une embellie économique, certes fragile, Edouard Fritch joue la carte de la modestie, et de la peur diront ses adversaires. Dès le lancement de la campagne, il prévient : une victoire dès le premier tour ou le risque d’une alliance entre Gaston Flosse et Oscar Temaru. L’hypothèse parait plausible et l’espace médiatique s’affole : en 2007 déjà, les frères ennemis s’étaient rapprochés. En ce temps, Edouard Fritch, fidèle parmi les fidèles de Gaston Flosse, était à la table des négociations. Mais malgré des récentes rencontres entre les deux adversaires de quatre décennies de vie politique, Oscar Temaru balaye tout rapprochement. Ses cadres, à l’unisson, font de même (voir encadré). Du côté du Tahoera’a Huira’atira, on a préparé l’éventualité d’une alliance. La ligne politique défendue par Edouard Fritch est toute tracée : Gaston Flosse et Oscar Temaru sont les anti-français qui cherchent à le déstabiliser et le « faire tomber ».

Gaston Flosse toujours influent

L’infatigable ancien Président de la Collectivité Gaston Flosse prouve encore sa ténacité. Ami de Jacques Chirac et co-fondateur du RPR, son influence sur l’électorat polynésien n’est plus à démontrer. Même Nicolas Sarkozy, qui souhaita mettre un terme à la « chiraquie », n’a pas réussi à détrôner l’instituteur qui fut quasi-roi. Malgré sa deuxième peine d’inéligibilité qui l’empêchent de se présenter, Gaston Flosse occupe le terrain : son remplaçant à la tête de la liste Tahoera’a Huira’atira parait invisible derrière son leader au charisme indéniable. Avec ses « 12 mesures d’urgences », Gaston Flosse courtise un électorat populaire et son parti est en passe de devenir le premier opposant politique d’Edouard Fritch.

En 2018 et malgré sa peine d'inéligibilité, Gaston Flosse prouve encore son influence sur l'électorat ©Facebook /Tahoera'a Huira'atira

En 2018 et malgré sa peine d’inéligibilité, Gaston Flosse prouve encore son influence sur l’électorat ©Facebook /Tahoera’a Huira’atira

Habitué à se lancer seul, grâce à un parti solidement ancré, Gaston Flosse a choisi en 2018 d’entrainer dans son sillage deux autres partis, dont le Here Ai’a, dans lequel militait aussi Maco Tevane, qui en son temps, avait défini la nouvelle ligne du parti pour la souveraineté. Ce parti fut notamment dirigé par John Teariki, ancienne figure politique de la Polynésie et Pouvanaa a Oopa, père du nationalisme tahitien, avait rejoint ses rangs à son retour d’exil. Le Here Ai’a était également aux côtés d’Oscar Temaru, au sein de la coalition qui avait mis un terme à 20 ans de règne du « Vieux Lion », en 2004. Preuve en est du changement de ligne politique de Gaston Flosse, qui d’autonomie parle aujourd’hui de « Pays associé ».

De son côté, Oscar Temaru essuie un échec électoral. Comptabilisant 25 890 voix au 1er tour, le parti indépendantiste perd près de 5 000 voix par rapport au 1er tour de 2013. Avec des thèmes portants sur l’exemplarité des élus, la protection de l’emploi local, le développement de l’agriculture ou encore, un projet d’aéroport international aux îles Marquises, Oscar Temaru espérait mobiliser un électorat plus large, tout en gardant un attachement à son ADN indépendantiste. Le maire de Faa’a a également tenu à ce que son député, le populaire Moetai Brotherson, figure en bonne place d’une liste « jeune », « renouvelée » et « intègre ». En vain. Oscar Temaru réussit tout de même à s’imposer en seconde position, devant Gaston Flosse, dans une commune historiquement acquise aux autonomistes. Surtout, il progresse dans sa propre commune, Faa’a, qu’il administre depuis 1986. De bon augure pour les municipales de 2020.

Pour le 2nd tour, Oscar Temaru mise encore sur la probité et la protection de l'emploi local pour convaincre ©Radio 1 Tahiti

Pour le 2nd tour, Oscar Temaru mise encore sur la probité et la protection de l’emploi local pour convaincre ©Radio 1 Tahiti

Edouard Fritch et son parti le Tapura Huira’atira paraissent en bonne position pour remporter ces élections territoriales de 2018. Son ancrage local, c’est-à-dire les nombreux maires sur sa liste, la timide reprise économique et ses bonnes relations avec Paris jouent en sa faveur. Reste une inconnue, et pas des moindres : la participation au 2nd tour. Les nombreuses péripéties politiques des presque 20 dernières années auront fini par lasser une partie de l’électorat polynésien qui se désintéresse inéluctablement de ses élus. Mais tout est relatif : comparée à l’élection présidentielle, les Territoriales continuent à passionner les Polynésiens. Et si les abstentionnistes du 1er tour venaient à se mobiliser pour le 2nd, peuvent-ils créer la surprise ou confirmer la dynamique ? Et quid de juillet 2019, lorsque Gaston Flosse aura retrouvé l’ensemble de ses droits électoraux ?

Interviews

Lana Tetuanui, Sénatrice UDI et candidate sur la liste du Tapura Huira’atira d’Edouard Fritch :

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Le Tapura Huira’atira dispose d’une belle avance à l’issue du 1er tour et a déposé sa liste pour le 2nd: sur quel(s) thème(s) de campagne le parti compte mettre l’accent pour les deux dernières semaines de campagne ? 

Aux Raromata’i (ndlr : îles sous le vent), nous arrivons en tête loin devant, presque à la majorité absolue sur notre section. Je tiens à remercier tous les électeurs qui nous ont soutenus, seule l’île de Maupiti a échappé à la vague rouge. C’est aussi grâce aux maires qui nous accompagnent sur la liste. Notre message sur le terrain est clair, les populations des îles soutiennent leurs maires car ce sont des élus proches d’eux. Notre Président est maire et connait les problématiques communales, ça fait de lui un Président proche d’eux. Il l’a montré en soutenant par des projets financés par le pays, dans toutes les communes, même celles qui n’ont jamais voté autonomiste. Si vous voulez continuer à être aidé de manière impartiale, votez Tapura Huira’atira au 2e tour.

On note une participation en baisse pour le 1er tour des Territoriales 2018: comment expliquez-vous cette baisse de participation à une élection où, traditionnellement, les électeurs Polynésiens se mobilisent davantage ? Que comptez-vous faire pour convaincre les indécis ? Que diriez-vous à un électeur qui ne souhaite pas voter ? 

C’est une problématique surtout liée à Tahiti et aux grandes agglomérations. Dans les îles, on continue à voter massivement car on sait l’importance de ces élections. A Bora Bora, notre tête de liste Gaston Tong Sang a même augmenté le taux de participation de sa commune passant de 65,56 % en 2013 à 69,18 % en 2018. Après pour convaincre les indécis il n’y pas de secret, il faut faire du terrain et redoubler d’effort pour rencontrer les familles et saisir à bras le corps leur problème quotidien.

Malgré leurs petits scores, avez-vous déjà reçu le soutien des listes qui n’ont pas passé le 1er tour ? 

Je ne sais pas, mais si j’ai un message pour eux, ce serait de nous rejoindre. La porte du Tapura Huira’atira est toujours ouverte pour ceux qui veulent travailler pour le Pays, on pourra alors continuer ensemble à travailler pour l’avenir de nos enfants.

Nicole Sanquer, députée UDI et candidate sur la liste du Tapura Huira’atira d’Edouard Fritch :

NICOLE-SANQUER

Le Tapura Huira’atira dispose d’une belle avance à l’issue du 1er tour et a déposé sa liste pour le 2nd: sur quel(s) thème(s) de campagne le parti compte mettre l’accent pour les deux dernières semaines de campagne ? 

La ligne du parti est toujours la même et ne changera pas entre les deux tours, nous avons un bon bilan et nous souhaitons poursuivre sur cette lancée positive. Personnellement, en tant qu’ancienne ministre de l’éducation de la jeunesse et des sports de la Polynésie française, ces thèmes sont ceux qui m’intéressent le plus et sur lesquels je mets l’accent lors de mes rencontres avec les polynésiens. En termes d’éducation, l’objectif du Tapura Huira’atira a été avant tout d’offrir l’égalité des chances à tous les élèves des cinq archipels de notre Fenua.

Concernant les domaines de la jeunesse et des sports, le gouvernement a établi un schéma directeur des infrastructures sportives afin d’investir pour la jeunesse dans des constructions adaptées et innovantes pour répondre aux besoins de pratique sportive ou tout simplement de rencontres. Le sport est considéré comme un moyen d’insertion sociale avec la mise en place de formations et de brevet professionnel polynésien.

A part la mise en valeur de notre bilan, nous souhaitons surtout  mettre en garde la population sur les promesses et projets coûteux et irréalisables de nos adversaires politiques.

On note une participation en baisse pour le 1er tour des Territoriales 2018: comment expliquez-vous cette baisse de participation à une élection où, traditionnellement, les électeurs Polynésiens se mobilisent davantage ? Que comptez-vous faire pour convaincre les indécis ? Que diriez-vous à un électeur qui ne souhaite pas voter ? 

A Mahina dans ma commune, l’abstention est passée de 39 % en 2013 à 49,4 % en 2018. Cette situation inquiétante peut être observée un peu partout en Polynésie et même en métropole. En analysant de plus près les indicateurs, ce sont surtout les jeunes qui ne se déplacent pas. Ce sont les jeunes qui ont été le plus touché par la crise économique et l’instabilité politique de la période d’avant 2013. Ils n’y voient donc plus d’intérêt et surtout beaucoup d’entre eux ne se tiennent pas informés de la politique menée par le gouvernement. Certains pensent ne pas être inscrits alors que l’inscription est désormais automatique sur les listes électorales.

Mon message pour eux est simple : ces élections sont déterminantes pour le futur de notre pays. Le travail mené par le gouvernement d’Edouard Fritch a permis à la Polynésie de retrouver aujourd’hui une situation financière saine (qui rend possible d’investir dans des chantiers structurants et de réactiver les dispositifs d’aides à la population), une économie en plein essor, des relations de confiance avec tous les différents partenaires (Etat, communes, banques, secteur privé) et une stabilité politique. Les efforts réalisés par tous durant ces quatre dernières nous permettent d’aborder l’avenir de façon positive et avec beaucoup d’espoir pour que les polynésiens trouvent leur place dans notre société et contribuent à leur tour à la construction de notre Fenua.

Malgré leurs petits scores, avez-vous déjà reçu le soutien des listes qui n’ont pas passé le 1er tour ? 

Au moment où je vous réponds, nous n’avons reçu aucun soutien des listes du premier tour, la plupart ayant appelé les électeurs à leur libre arbitre. En 2018, les consignes de vote n’ont plus lieu d’être, chacun devrait être libre de choisir en son âme et conscience pour le projet de société qu’il souhaite. Si vous aspirez à la stabilité, la relance économique et une Polynésie forte et solidaire, le seul choix possible c’est le Tapura Huira’atira !

Moetai Brotherson, député GDR et candidat sur la liste du Tavini Huira’atira d’Oscar Temaru :

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Ces premiers jours de campagne pour le 2nd tour ont été principalement tournés sur une hypothétique alliance entre Oscar Temaru et Gaston Flosse. Les deux leaders, avec certains de leurs cadres dont vous, se sont rencontrés mardi matin. Est-ce que le Tavini Huira’atira a vraiment envisagé une alliance avec le Tahoera’a Huira’atira de Gaston Flosse ? Que s’est-t-il réellement passé avant le dépôt des listes pour le 2nd tour ?

Nous n’avons jamais eu l’intention de fusionner avec qui que ce fut. Dès lundi matin, le Tavini avait décidé qu’on confirmerait notre liste du 1er tour. Lundi soir, par souci de démocratie, nous avons réuni le Comité directeur élargi, avec tous les Présidents de Tomite oire (sections) pour les consulter. Ils ont tous, sauf une voix, voté contre toute alliance. Ce même lundi soir, le Tahoera’a réuni lui en bureau exécutif décidait à la majorité de proposer une alliance. Mais aucune rencontre entre le Tahoera’a Huira’atira et Tavini Huira’atira, à quelque niveau que ce fut, n’a eu lieu lundi soir. Ce mardi matin très tôt, Gaston Flosse a réuni son bureau exécutif élargi pour le consulter sur la décision du Bureau exécutif de son parti prise la veille. Ce bureau exécutif élargi a, dans sa grande majorité, approuvé la démarche de recherche d’alliance.

Vers 8h30 ce même mardi, Gaston Flosse a donc appelé Oscar Temaru pour lui proposer une rencontre qui a eu lieu à 10h30. Oscar Temaru a accepté par courtoisie Ma’ohi. Comme il aurait accepté une invitation d’Édouard Fritch, Tauhiti Nena, Marcel Tuihani ou Jérôme Gasior. Pour Gaston Flosse, le seul moyen de battre Édouard Fritch était de s’unir. Oscar Temaru lui a répondu que le Tavini Huira’atira ne transigerait ni sur un vrai processus de décolonisation (et pas son statut de « Pays associé »), ni sur l’absence de condamnés et de mis en examen sur la liste, ni sur le fait que le Tahoera’a Huira’atira dirige le gouvernement. La discussion s’est donc arrêtée là. Nous avons réuni le comité directeur en revenant à notre QG de Faa’a pour les informer de la rencontre. A l’unanimité, et conforté par les propos tenus par Gaston Flosse, le Comité directeur a réitéré son opposition à toute alliance. A 14h45 ce mardi 24 avril, instruction a donc été donnée à Étienne Chimin, notre secrétaire général, de déposer notre liste, à l’identique du 1er tour.

Agiter cet épouvantail éphémère d’alliance fait bien sûr partie de la propagande du Tapura Huira’atira.

Comment le Tavini Huira’atira compte faire pour convaincre les indécis et les abstentionnistes du 1er tour ?

Pour convaincre les abstentionnistes, il fallait justement évacuer cet épouvantail et réaffirmer que le Tavini Huira’atira est droit dans ses bottes. Ensuite, nous allons également rappeler aux jeunes notamment que notre parti est le seul à avoir cherché à protéger l’emploi local, et le seul encore aujourd’hui à ne pas avoir peur de porter ce débat partout. A L’Assemblée de la Polynésie française, à l’Assemblée nationale, à l’ONU, à l’Organisation Internationale du Travail.

[Pour l’heure, le Tahoera’a Huira’atira n’a pas encore répondu aux sollicitations de la rédaction d’Outremers360].

 

Une campagne singulière

Sur le terrain, une campagne électorale en Polynésie est toujours passionnante. Les militants, partisans et sympathisants de chaque parti s’investissent pour couvrir l’ensemble des cinq archipels de ce territoire océanique vaste comme l’Europe. De l’aube au crépuscule, voire tard dans la nuit, on agite les drapeaux, distribue les programmes et professions de foi aux couleurs de son parti à chaque carrefour, chaque rond-point, chaque coin de rue. De leurs côtés, les cadres des partis sillonnent les quartiers, les districts et les îles de meetings en meetings, de déjeuner en dîners débats, de débats télévisés en discussions informelles sur les réseaux sociaux. Facebook a par ailleurs pris une place particulièrement importante dans la campagne de ces Territoriales 2018.

Le jour-j, les bureaux de vote se transforme en lieu de fête. Entre les tentes dressées à l’occasion, et abritant les militants qui jouent un air au ‘ukulele, s’immiscent les vendeurs de grillades proposant des brochettes de cœur de veau, des cuisses de poulets grillées et de l’eau de coco glacée. De quoi régaler et désaltérer les électeurs ayant accomplis leur devoir citoyen. Des camionnettes parées des couleurs des partis battent le goudron, faisant résonner les percussions polynésiennes jusque dans les vallées. On s’écharpe parfois, on se provoque entre militants, mais on en vient rarement aux mains. La passion est là certes, mais le soutien inconditionnel à son parti prime avant tout. La vente d’alcool est strictement interdite un  jour de vote afin d’éviter tout débordement. Les cadres des partis viennent à la rencontre de leurs troupes, discutent quelques minutes, parfois de longues heures, même avec leurs adversaires.

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