ESSAIS NUCLÉAIRES en Polynésie : « Nous allons nous défendre et rappeler les faits » assure Girardin sur la plainte pour crime contre l’Humanité déposée contre l’État

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Lors des questions au gouvernement du Sénat, la ministre des Outre-mer Annick Girardin est revenue sur la plainte pour crime contre l’Humanité déposée par le parti indépendantiste polynésien, à la Cour pénale internationale de La Haye, contre les présidents français encore en vie, depuis les essais nucléaires français en Polynésie. 

« Nous allons pouvoir dire que le détournement à des fins politiques locales des juridictions internationales doit être dénoncé » a critiqué Annick Girardin, répondant à une question de la sénatrice de Polynésie Lana Tetuanui, autonomiste et membre du parti majoritaire du président local Édouard Fritch. « La France aborde ce passé de manière responsable », assure-t-elle, ajoutant que l’État assume « avec sérénité » l’héritage du fait nucléaire.

« La ministre des Armées investit massivement dans la dépollution et le suivi des atolls concernés, (…) nous relançons l’indemnisation des victimes des essais nucléaires (…), nous travaillons ensemble pour que vous puissiez formuler un certain nombre recommandations », faisant référence à la création de la commission de cadrage de la loi Morin (qui indemnise les victimes des essais) chargée de « proposer les mesures destinées à réserver l’indemnisation aux personnes dont la maladie est causée par les essais nucléaires et de formuler des recommandations à l’attention du gouvernement », dont Lana Tetuanui assure la présidence. « Nous nous engageons avec le pays et les associations pour créer un lieu de mémoire de cette page de l’histoire », conclut-elle. Ce lieu de mémoire devrait voir le jour en 2019, le Ministère des Armées montrant des réticences à rétrocéder le lieu choisi aux autorités locales.

Revenant sur la réinscription de la Collectivité sur la liste des territoires à décoloniser de l’ONU, Annick Girardin estime que « la situation de la Polynésie ne justifie pas qu’elle figure sur cette liste ». « C’est pour cette raison que les représentants de la France ne participent pas » aux réunions de la Quatrième commission de l’ONU chargée de la décolonisation. Une politique de la chaise vide vivement critiquée par les indépendantistes polynésiens. « Le degré d’autonomie dont vous disposez (…) est totalement respecté par la France », a-t-elle également souligné.

Dans sa question, posée non pas à la ministre des Outre-mer mais au Premier ministre, la sénatrice polynésienne a assuré « que la Polynésie française tenait à cette coopération », avec l’État, sur le volet des réparations des conséquences des essais nucléaires. Lana Tetuanui s’était aussi exprimée devant la Quatrième commission de l’ONU, avec le président de la Collectivité Édouard Fritch. Pour rappel, le leader indépendantiste polynésien, Oscar Temaru, a informé la Quatrième commission de l’ONU d’une plainte pour crime contre l’Humanité, déposée le 2 octobre, visant les présidents français encore vivants et ce, depuis le lancement des essais nucléaires en Polynésie, en 1966.

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