Essais nucléaires en Polynésie : La France visée par une plainte pour crime contre l’Humanité

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2 juillet 1966: date du premier tir nucléaire en Polynésie française

Ce mardi 9 octobre au siège de l’ONU à New York, et devant la Quatrième commission chargée de la décolonisation, le leader indépendantiste polynésiens Oscar Temaru a annoncé avoir déposé une plainte contre la France pour crime contre l’Humanité, en raison des 193 essais nucléaires qui y ont été réalisés entre 1966 et 1996. De son côté, l’Église protestante Ma’ohi (EPM) porte également plainte devant la Cour internationale de Justice de Genève. 

Cette plainte avait été annoncée depuis plusieurs mois déjà. Mais devant la Quatrième commission des Nations Unies, le leader indépendantiste polynésien Oscar Temaru a annoncé son dépôt officiel, le 2 octobre dernier, à la Cour pénale internationale de La Haye. « Cette action vise à traduire en justice tous les présidents français encore en vie et depuis le début des essais nucléaires dans notre pays », a déclaré le leader indépendantiste dans son discours.

A la tribune de la Quatrième commission des Nations Unies, Oscar Temaru annonce avoir déposé plainte pour crime contre l'Humanité, pour les 193 essais nucléaires français en Polynésie

A la tribune de la Quatrième commission des Nations Unies, Oscar Temaru annonce avoir déposé plainte pour crime contre l’Humanité, pour les 193 essais nucléaires français en Polynésie

« Nous savons qu’il s’agit d’un nouveau combat de David contre Goliath. Ce fut le cas pour la réinscription que j’ai commencé en 1978 et qui a abouti en 2013 », poursuit-il. « Nous le devons à toutes les personnes décédées des conséquences du colonialisme nucléaire, à tous ceux qui souffrent d’un cancer radio-induit, et tous ceux qui continueront à souffrir pendant plusieurs générations », a-t-il insisté. « Contrairement au story-telling de l’État français, nous n’avons pas accepté d’accueillir ces essais nucléaires : ils nous ont été imposés, avec la menace d’établir un gouvernement militaire si nous les refusions » a rappelé Oscar Temaru.

Dans son discours, Oscar Temaru est également revenu sur la réinscription de la Polynésie sur la liste des territoires à décoloniser de l’ONU, permettant de « créer un authentique, arbitré et juste chemin vers l’autodétermination ». « Tout stratagème visant à nous retirer de cette liste, ou à affaiblir les résolutions de cette commission, signifierait que nos voix ne seront plus entendues, envoyant un peuple entier dans l’oubli », a-t-il poursuivi, fustigeant la politique de la chaise vide observée par l’État sur cette question.

Le président de l'Église protestante Ma'ohi fut le premier à annoncer une plainte pour crime contre l'Humanité

Le président de l’EPM fut le premier à annoncer une plainte pour crime contre l’Humanité

Oscar Temaru a enfin pointé du doigt le retrait unilatéral de la Polynésie de la liste onusienne des territoires à décoloniser en 1963, « date exacte de l’établissement du centre des essais nucléaires français dans notre pays ». Taaroanui Maraea, président de l’Église protestante Ma’ohi, a également annoncé une plainte pour crime contre l’Humanité, soutenue par le Pacific et le World Council of Chruches, qui se sont aussi exprimés lors de cette 73ème session de la Quatrième commission.

« Mon pays ne vit nullement une situation coloniale »

S’exprimant en ouverture des discussions autour de cas de la Polynésie, soit avant les annonces de dépôt de plainte contre l’Humanité, le président de la Collectivité Édouard Fritch a défendu la « large autonomie institutionnelle » de celle-ci, « mon pays ne vit nullement une situation coloniale, ni une situation d’oppression, ni une situation de confiscation de nos richesses naturelles par l’Etat français ». « J’affirme à nouveau que mon pays, la Polynésie française, est un pays autonome qui se gouverne librement et démocratiquement », a-t-il poursuivit.

Rappelant le résultat des Territoriales durant lesquelles son parti est sorti majoritaire, « le peuple polynésien a réaffirmer son choix et son droit » de rester au sein de la République, a également déclaré Édouard Fritch, reconnaissant toutefois que « ces élections n’ont pas valeur de scrutin d’autodétermination ». « Nous reconnaissant que l’État français est un bon et loyal partenaire », a-t-il ajouté, concluant son discours par une invitation faite au président de la Quatrième commission pour « constater » de la situation en Polynésie.

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