Santé : En Polynésie française, un scanner pour 270 000 habitants

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Le Centre Hospitalier du Taaone, sur l’île de Tahiti ©Laure Philiber / Radio 1 Tahiti

Ce mercredi, le sous-archipel des Îles-Sous-Le-Vent (Îles de la Société) en Polynésie française verra la création de son collectif pour une meilleure santé. Leur première demande sera l’obtention d’un scanner sur l’île de Raiatea et destiné aux habitants du sous-archipel. Le Territoire dispose actuellement d’un scanner au Centre Hospitalier de la Polynésie française, sur l’île de Tahiti.

« Un scanner, c’est le b.a.-ba pour un diagnostique » a déclaré Carlos Schmitt, qui doit déposer aujourd’hui les statuts du collectif pour une meilleure santé aux Îles-Sous-Le-Vent (Raromatai). La première bataille de ce collectif, composé d’habitants de l’archipel et de professionnels de la santé, sera l’obtention d’un scanner pour l’Hôpital de Uturoa à Raiatea, située à 200 km au Nord-ouest de Tahiti. Selon Tahiti-infos, un dossier en ce sens avait déjà été déposé l’an dernier et avait obtenu l’avis favorable de la Direction de la Santé. Début avril, la commission d’organisation sanitaire de l’Assemblée de la Polynésie française avait, quant à elle, rendu un avis réservé. Mais la santé étant de compétence territoriale, c’est le gouvernement polynésien qui aura le dernier mot. Et pour sensibiliser le gouvernement sur cette problématique, le collectif a d’ores et déjà commencé à mener une bataille sur la communication en mobilisant médias et en faisant circuler une pétition dans l’archipel. Ce mercredi soir, Carlos Schmitt devrait être nommé président du collectif à l’occasion de sa création. Il aurait déjà rencontré les maires afin d’obtenir leur soutien.

Sur l'île de Raiatea, un collectif pour une meilleure va voir le jour aujourd'hui. Leur première demande : l'achat et l'installation d'un scanner pour l'archipel des Îles-Sous-le-Vent ©DR

Sur l’île de Raiatea, un collectif pour une meilleure va voir le jour aujourd’hui. Leur première demande : l’achat et l’installation d’un scanner pour l’archipel des Îles-Sous-le-Vent ©DR

D’ailleurs, Sylviane Terooatea, maire de Uturoa, a rencontré, ce mardi, le ministre polynésien de la Santé, Patrick Howell, rapporte Tahiti-infos. « L’entrevue s’est très bien passée », confie-t-elle, « il m’a dit qu’il va suivre le dossier. Il m’a bien confirmé qu’il est pour ce scanner ». « On demande un scanner pour assurer la qualité de la prise en charge des patients », souligne Carlos Schmitt. « Les médecins en ont besoin : les techniques ont avancé ». L’investissement représenterait environ 800 000 euros, rien que pour l’achat, mais un investissement qui serait rentabilisé « très rapidement, en moins de trois ans », explique un spécialiste. Surtout, l’obtention d’un scanner pour l’archipel permettrait de dresser un diagnostique rapidement et prendre en charge les patients de façon plus efficace. Pour l’heure, les habitants des archipels doivent passer par les évacuations sanitaires afin de pouvoir passer un scanner sur l’île de Tahiti, où se situe la principale structure hospitalière. Depuis Uturoa, les évacuations sanitaires s’élèveraient à environ 840 000 euros par an.

Véritable désert médical, la Polynésie française dispose d’un scanner et d’une IRM, concentrés sur l’île de Tahiti, pour environ 270 000 habitants. Or, « la réglementation française exige une imagerie pour 100 000 habitants », souligne le docteur Cateau. Que ce soit du côté du privé ou du public, les professionnels de la santé estiment qu’un nouveau scanner et IRM est nécessaire, « car les délais d’attente sont trop longs et peuvent mettre en danger la vie des patients ». En Nouvelle-Calédonie, on compte deux scanner et deux IRM, partagés entre le secteur public et privé (cliniques), pour également 270 000 habitants. Un nouveau scanner doit être installé dans le futur Médipôle de Koutio, dans l’agglomération de Nouméa. Du côté de Wallis-et-Futuna, alors que les 15 500 habitants de l’archipel devaient se rendre en Nouvelle-Calédonie pour leur diagnostique, un scanner devrait y être installé dans le courant de cette année.

L'archipel de la Société, composé des deux sous-ensembles Îles-Sous-Le-Vent et Îles-du-Vent ©DR

L’archipel de la Société, composé des deux sous-ensembles Îles-Sous-Le-Vent et Îles-du-Vent ©DR

La Polynésie française compte 118 îles réparties sur un territoire de 5 millions de km2, aussi vaste que l’Europe. Les principaux équipements de santé sont concentrés sur l’île principale de Tahiti, ce qui pose problème lors d’éventuelles prises en charge médicales dans les îles. Les autorités locales doivent dans la plupart de cas effectuer des évacuations sanitaires vers l’île de Tahiti, un procédé couteux et parfois peu efficace. En début de semaine dernière, un jeune pêcheur de Makemo, attaqué par un requin, avait dû attendre 8 heures avant de pouvoir être pris en charge au Centre Hospitalier de la Polynésie française, situé à Tahiti.

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