Mayotte: Médecins du Monde réclame « l’Etat de droit » face aux « chasses à l’homme »

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©R. Bouhet / AFP

Médecins du Monde a réclamé vendredi dans un communiqué le « rétablissement de l’Etat de droit » à Mayotte, où des « chasses à l’homme » ont été organisées par des collectifs villageois contre des étrangers, et a demandé « une réunion de crise ».

Médecins du Monde (MDM), présent à Mayotte depuis 2009, se dit « confronté à une crise sanitaire sans précédent », depuis que des collectifs villageois organisent depuis janvier « des expulsions visant les étrangers, quelle que soit leur situation administrative sans que les pouvoirs publics n’interviennent ». « Ces chasses à l’homme se sont intensifiées ces dernières semaines », et de nombreuses habitations ont été détruites ou brûlées, rappelle l’organisation humanitaire. Conséquence, environ 500 personnes se sont regroupées mardi sur la Place de La République à Mamoudzou, « dont beaucoup ont fui suite à des contrôles de police mercredi matin ». Selon MDM, « près de 250 personnes » étaient encore vendredi sur place, dont une majorité de femmes et d’enfants, qui « survivent dans des conditions sanitaires désastreuses, n’ayant accès ni à des douches ni à des toilettes, dormant à même le sol sans couverture et avec un accès restreint à la nourriture ».

Mayotte, 101ème département de France, traverse une crise économique et sociale sans précédent ©Ornella Lamberti / AFP

Mayotte, 101ème département de France, traverse une crise économique et sociale sans précédent ©Ornella Lamberti / AFP

L’ONG, qui réclame « une réunion de crise dans les meilleurs délais », demande aux autorités « de rétablir l’Etat de droit et de mettre fin à ces expulsions violentes », « d’assurer la sécurité des personnes regroupées dans le centre-ville de Mamoudzou », « de mettre en place une veille sanitaire et un dispositif d’accès aux soins adapté » et « d’organiser une mise à l’abri ». Selon l’association de défense des étrangers, la Cimade, plus d’un millier d’étrangers, pour la plupart des Comoriens en situation régulière ou non, ont été expulsés depuis janvier de leur domicile par des collectifs d’habitants de diverses communes de Mayotte, qui les accusent de « vols, agressions et meurtres ». Lors du Conseil des ministres mercredi, François Hollande a jugé cette situation « extrêmement préoccupante ».

Avec AFP.

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1 Commentaire

  1. brot

    « Etat de droit » devrait commencer par respecter le droit des Mahorais à vivre en paix sans violation de la frontière, immigration illégale et leurs funestes conséquences.Et aussi bien sûr respect des principes de l’Etat républicain impartial qui se donnera(it) les moyens de les appliquer.Mais la liberté et la dignité des Mahorais, nos compatriotes, n’est ni seconde ni négociable.Le premier élément d’un Etat de droit n’est pas l’impunité d’une submersion migratoire mais le droit de la population mahoraise à la souveraineté française qu’elle a librement choisie.