Mayotte : Le Défenseur des droits contre les expulsions « sauvages »

No Comment

©Maxppp

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a condamné lundi les expulsions « sauvages » et « illégales » de Comoriens par des groupes « violents et incontrôlés » de villageois de Mayotte, appelant à une résolution de ces conflits locaux « dans le respect de la loi ».

« Des groupes d’individus violents et incontrôlés expulsent des personnes étrangères de leur maison et de leur village », conduisant « de nombreuses familles » à se retrouver « à la rue », « sans protection », et plus d’une centaine d’enfants à être « déscolarisés », a dénoncé M. Toubon, qui a exprimé « sa plus vive inquiétude » au sujet des « événements » de Mayotte. Les personnes « ne participant pas à de telles actions et hébergeant des étrangers en situation irrégulière » sont en outre « menacées », a-t-il observé dans un communiqué.

Les collectifs villageois sont allés jusqu'à brûler les maisons d'immigrés comoriens ©Habarizacomores.com

Les collectifs villageois sont allés jusqu’à brûler les maisons d’immigrés comoriens ©Habarizacomores.com

Plus d’un millier d’étrangers, pour la plupart des Comoriens en situation régulière ou non, ont été expulsés depuis janvier de leur domicile par des collectifs d’habitants de l’île, qui les accusent de « vols, agressions et meurtres », selon la Cimade, une association de solidarité active des personnes opprimées ou exploitées. « Ces pratiques sont illégales » et le traitement réservé aux enfants n’est « ni admissible, ni conforme » aux principes de la Convention internationale des droits de l’enfant, que la France a ratifiée, a insisté le Défenseur des droits, exhortant la population « au calme et à la retenue ».

La Place de la République, dans la capitale mayonnaise Mamoudzou, où beaucoup d'immigrés comoriens ont trouvé refuge après la destruction de leurs foyers ©MayotNews

La Place de la République, dans la capitale mayonnaise Mamoudzou, où beaucoup d’immigrés comoriens ont trouvé refuge après la destruction de leurs foyers ©MayotNews

Les solutions « doivent s’inscrire dans le cadre des principes fondamentaux et des lois de la République », a insisté Jacques Toubon, qui mène « une enquête indépendante » sur ces faits. Département, Etat et institutions européennes doivent mettre en place des « solutions pérennes » pour garantir « l’égalité de tous devant la loi » dans le « 101e département français », a poursuivi le Défenseur des droits, pour qui les expulsions doivent cesser « sans délai ». Mercredi dernier, le Président de la République faisait déjà part d’une « situation extrêmement préoccupante ». Néanmoins, cela n’a pas empêché les collectifs villageois à l’origine de ces expulsions de s’unir, dénonçant l’Etat « démissionnaire au niveau de l’immigration clandestine ».

Avec AFP.

Lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publié. Les champs obligatoires sont précisés (obligatoire)

Pas de commentaires pour le moment