La Polynésie autorise l’importation de moustiques stériles pour lutter contre la dengue, le Zika ou le Chikungunya

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©James Gathany

Le Conseil des ministres de Polynésie française « a pris un arrêté (…) fixant les conditions sanitaires pour l’importation d’œufs de moustiques stériles, infectés par les souches Wolbachiade type A ou B ». Cette autorisation va permettre à l’Institut Louis Malardé « de progresser dans la lutte contre les deux vecteurs principaux, présents en Polynésie : Aedes polynesiensis et Aedes aegypti ». 

« Ces deux espèces de moustiques, sont à l’origine de la propagation de plusieurs épidémies violentes d’arborivoses, telles que le Zika en 2013, de Chikungunya en 2014, de dengue, et de filariose de Bancroft, toujours présente en Polynésie », rappelle le compte rendu du Conseil des ministre en Polynésie. « Les moustiques importés sont indemnes de maladies transmissibles aux abeilles ou des virus responsables de maladies chez les animaux comme la fièvre de West-Nile ».

Le laboratoire de recherche en entomologie médicale de l’Institut Louis Malardé évalue, sur le terrain, l’efficacité de la Technique de l’Insecte Incompatible (TII), qui exploite les propriétés de Wolbachia, une bactérie naturelle, présente dans presque 60% des espèces d’insectes connues. L’ILM a démontré l’intérêt du procédé Wolbachia contre le moustique Aedes polynesiensis, vecteur de la dengue et de la filariose, sur l’atoll de Tetiaroa, en partenariat avec l’hôtel The Brando et la Tetiaroa Society.

Cette opération pilote a conduit à l’effondrement de la population de moustiques sur une zone de près d’un kilomètre carré. L’hôtel The Brando ne pulvérise plus d’insecticides depuis 2015. Des lâchers préventifs de mâles incompatibles préservent désormais l’hôtel de toute nuisance. L’expérimentation se poursuit, en parallèle, à Taha’a, sur le site de l’hôtel Le Taha’a Resort & Spa, afin de mesurer plus avant, l’efficacité et la durabilité du procédé Wolbachia.

A présent, l’ILM projette d’évaluer le potentiel de la TII à plus grande échelle, contre le moustique Aedes aegypti, vecteur d’arboviroses, présent dans toutes les îles habitées de Polynésie française. Dès 2020, ce procédé pourrait être appliqué à plus grande échelle (communes, îles entières) avec l’achèvement du projet Innoventomo de construction d’un module de production industrielle de moustiques mâles incompatibles.

La démarche de l’ILM s’intègre, plus largement, au projet RESVEC développé en collaboration avec la Direction de la santé. Il consiste à mettre en place un dispositif opérationnel de surveillance combinée des vecteurs (moustiques) et des pathogènes (virus, parasites), couplé à des actions de lutte anti-vectorielle dans les zones à risque afin de prévenir la survenue des épidémies ou d’en atténuer l’impact sur la santé des Polynésiens et sur le tourisme.

Pour rappel, le gouvernement de la Polynésie a déclaré l’état d’épidémie de dengue sur l’île de Tahiti le 11 avril dernier. De son côté, la ville de Nouméa en Nouvelle-Calédonie a relâché des moustiques porteurs de la bactérie wolbachia fin 2018.

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