Jean-Jacques Seymour fustige la vente d’esclaves « dans le silence le plus absolu de la pensée unique »

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©Geoffroy Van Der Hasselt / AFP

Révélée il y a quelques jours par des reporters de la chaîne CNN, la vente d’esclaves en Libye, aux alentours de la capitale Tripoli, a provoqué le choc et l’indignation. Originaires du Mali, du Niger ou du Ghana, ces migrants africains sont entassés dans des camps de détention et vendus aux enchères à quelques centaines d’euros (300 à 800). Ce samedi, une importante manifestation pacifiste a eu lieu à Paris, à l’ambassade de Libye, pour dénoncer cette forme l’esclavagisme moderne. Hier, le gouvernement d’union nationale libyen a décidé d’ouvrir une enquête. Dans une tribune, Jean-Jacques Seymour, éditorialiste et auteur guadeloupéen, dénonce cette « abomination » et les « mensonges » qui l’accompagnent.

En 2017, il existe encore des abominations datant de plusieurs siècles. La manifestation parisienne de samedi, manifestation spontanée qualifiée d’illégale par les autorités, était faite pour le rappeler et dire que nous n’acceptons pas l’inacceptable. Se révolter contre la pratique de l’esclavage n’importe où dans le monde est le minimum de décence humaine .Samedi, devant le silence du gouvernement qui a déstabilisé la Libye, la société civile a pris ses responsabilités devant l’histoire.

Ils ont manifesté pour ne pas oublier les crimes séculaires d’autres « sociétés », dans lesquelles l’asservissement de la personne humaine était (et est encore !) l’une des bases du fonctionnement collectif ! A commencer, d’ailleurs, par la Grèce antique, prétendue mère de la démocratie. D’aucuns, ici, seraient bien inspirés de lire ou de relire les trois tomes de « Ségou », de la très talentueuse écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé.

L’esclavage est une question complexe, mais une chose est simple, c’est le mensonge dont il est entouré par tous les bienpensants, repentants, bobos, socialos, Amnesty, etc. Désinformateurs en tous genres qui ont toujours préféré mentir sur le passé plutôt que de dire la vérité sur le présent. A savoir que l’esclavage n’a jamais fonctionné que sous la culpabilité exclusive des blancs, mais avec le concours éternel de leurs partenaires, les nations arabes, africaines ou asiatiques. Et que surtout ÇA CONTINUE dans le silence le plus absolu de la pensée unique.

Maintenant que ça se sait, (parce qu’un marché aux esclaves de 700 000 prisonniers, à 300€ l’unité en moyenne, ça finit par se savoir), on attend la repentance des arabes, les tribunes indignées des chiens de garde.

L’Afrique (dont les dirigeants trop occupés à gérer leur compte en banque, n’ont pas le temps de penser au bien-être de leurs concitoyens), se réveille pour s’apercevoir que sa jeunesse fout le camp. L’Afrique dont la cécité sur son immigration clandestine (depuis des décennies) nous joue la puritaine et telle une Ponce Pilate s’offusque de voir ses jeunes chercher une vie meilleure en prenant beaucoup de risques par la migration. Et cela se passe aujourd’hui, au 21ème siècle, à 2 heures de vol de la France.

Que disent nos bienpensants qui sont dans une éternelle repentance ? A les entendre on aurait pu croire que la traite avait disparu au milieu du 19ème siècle avec le dernier esclavagiste français.

A l’instant où je vous parle, des noirs sont vendus comme esclaves en Mauritanie et ce ne sont pas des gens qui essayent tous d’aller en Europe. Ce sont pour la plupart des mauritaniens noirs. Le dernier homme politique mauritanien qui a essayé de mettre fin à cette pratique “culturelle” en la dénonçant est en prison depuis 2 ans. Ces migrants ont été poussés dans cette aventure par l’incurie, la méchanceté, le cynisme, l’incompétence des élites depuis 1960.

Ces images interpellent la conscience et montrent l’échec des politiciens et de l’élite africaine. Je surveille tous les responsables du chaos mondial à l’origine. Chez eux rien, le silence total. Mon petit doigt me dit qu’ils doivent réfléchir au meilleur des mondes qu’ils ont à proposer. Et c’est une honte.

Jean-Jacques Seymour, éditorialiste.

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