Référendum en Nouvelle-Calédonie : L’indépendantiste Roch Wamytan souhaite un « bilan du processus de décolonisation et d’émancipation »

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Reçu par la Ministre des Outre-mer ce lundi à Paris, Roch Wamytan, chef coutumier Kanak et membre indépendantiste du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, a longuement abordé le prochain Comité des Signataires, qui aura lieu début novembre, et les principaux sujets qui devraient y faire débat. Parmi ceux-ci, l’implication de l’ONU à un an du référendum et surtout, la constitution du corps électoral qui s’exprimera au référendum d’autodétermination de 2018.

« Nous sommes intervenus à l’ONU pour demander aux Nations Unies de continuer à accompagner, suivre tout le processus qui doit mener la Nouvelle-Calédonie à l’exercice du droit à l’autodétermination », rappelle Roch Wamytan. En effet, début octobre, une délégation d’élus indépendantistes et non-indépendantistes s’était exprimée devant la Quatrième commission chargée de la Décolonisation. Outre une mission des observateurs du Comité des 24 (autre nom donné à cette commission) pour début 2018, demandée à la fois par les indépendantistes et non-indépendantistes, « il y aura aussi la suite du travail mené par la Division électorale des Nations Unies pour le suivi d’établissement des listes électorales pour le référendum », indique Roch Wamytan. Les élus calédoniens souhaitent également des observateurs internationaux au moment même du référendum.

« Nous arrivons à un moment historique de notre Pays. La dernière fois que le peuple Calédonien s’est exprimé, mis à part le référendum de 1987, c’est au référendum de 1958. Cela fait quand même 60 ans », explique Roch Wamytan. « C’est important que la population puisse s’exprimer sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie et dans ce cadre, il est important qu’on puisse donner à la population calédonienne tous les éléments qui vont permettre à chacun de se décider ». Ainsi, Roch Wamytan souhaite un « bilan du processus de décolonisation et d’émancipation dans lequel la Nouvelle-Calédonie se trouve engagée. Non seulement depuis la réinscription de la Nouvelle-Calédonie sur la liste des territoires à décoloniser en 1986, mais même bien avant puisque la Nouvelle-Calédonie avait été inscrite en 1946 et dé-listée sous l’action du Général de Gaulle en 1947 (tous les territoires ultramarins y étaient inscrits avant 1947, ndlr) ».

Sans conteste, le point central du prochain Comité des Signataires sera la question du corps électoral. « On s’est aperçu qu’il y avait des milliers de gens, des citoyens de droit commun et des citoyens de statut civil coutumier, qui ne sont pas inscrits sur la liste générale. C’est impossible de penser que ces gens qui ont le droit de s’exprimer pour le référendum ne puissent pas y figurer » déclare Roch Wamytan. Les listes générales servant de base aux listes référendaires, les élus calédoniens avaient demandé au Conseil d’Etat, par l’intermédiaire du gouvernement central, si l’inscription automatique de tous les natifs de la Nouvelle-Calédonie était possible sur ces listes. La réponse du Conseil d’Etat fut positive, moyennant au moins une modification du code électoral ou de la loi organique.

Trouver un compromis entre les élus

« Pour les citoyens de statut civil coutumier, il n’y a pas de problème, ils peuvent être inscrits et la loi organique leur permet déjà de basculer de la liste générale à la liste référendaire. Le problème c’est pour les autres : il y a quelques milliers de personnes de droit commun qui ne sont pas inscrits sur la liste générale et il faut les y inscrire », plaide Roch Wamytan. « Mais pour ces personnes, la loi organique n’autorise pas l’automaticité de la liste générale à la liste référendaire. Il va falloir passer par les Commissions administratives spéciales, monter un dossier pour justifier que leurs centres d’intérêts matériels et moraux sont en Nouvelle-Calédonie. C’est là où se situe le débat entre indépendantistes et non-indépendantistes ». De son côté, la Ministre des Outre-mer Annick Girardin a fait savoir son souhait de voir un compromis émerger entre les responsables politiques calédoniens sur cette question.

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