Nickel : Les salariés de la SLN dans l’inquiètude

Nickel : Les salariés de la SLN dans l’inquiètude

En fin de semaine dernière, les élus de l’Assemblée de la province Nord calédonienne ont voté le refus du prêt accordé par l’Etat pour le sauvetage de la Société Le Nickel (SLN). Un refus qui inquiète les salariés de la SLN.

Empêtrée dans une crise internationale et durable du nickel, la SLN comptait sur le prêt de 127 millions d’euros accordé par l’Etat pour survivre jusqu’à 2018 et assurer les salaires des ouvriers, sous condition qu’une action de STCPI -qui porte le partenariat des provinces calédoniennes au capital de la SLN- soit cédée à l’Etat, autre actionnaire de la société. Mais face au refus des indépendantistes de la province Nord, les employés affichent leur inquiétude. D’abord pour des salaires qui, en l’état actuel des choses, pourraient ne pas être assurés après juillet, avec toutes les conséquences qu’on imagine pour les 2.500 salariés, les nombreux sous-traitants et les régimes sociaux santé-retraites déjà sous tension. Et à plus long terme sur la pérennité même de l’usine historique de Noumea et des sites exploités dans toute la Collectivité. Pour Sagato Kolokimoana, interrogé par Nouvelle-Calédonie 1ère, « c’est toujours politique, comme d’habitude« , regrette-t-il. Salarié depuis 16 ans à l’usine de Doniambo, il se déclare résigné et impuissant, « nous on subit, on ne peut rien faire« . Cédric Malaval-Cheval, employé depuis 8 ans, pointe également du doigt la politique, « on aimerait que les politiques arrêtent de jouer avec nous. Sans la SLN, l’économie prend un coup« . Pierre Weinané, qui affiche 34 années de salariat à la SLN, pense avant tout aux jeunes « qui ont investi dans des maisons« .

©Sln.nc

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Mais dans cette crise politique, économique et sociale, Franck Aita, employé depuis 22 ans à Doniambo relativise, « je suis optimiste, on est déjà passé par des moments durs« . Pour le premier employeur privé de la Nouvelle-Calédonie, difficile effectivement de croire qu’une solution alternative ne soit pas proposée dans les jours ou les semaines qui viennent, d’autant plus que le nickel constitue la base économique pour l’avenir post-référendum calédonien. Quoi qu’il en soit, les principaux syndicats de la SLN ont annoncé une mobilisation en début de semaine prochaine. « On se pose des questions mais on veut aussi avoir des réponses« , a déclaré Guillaume Grassiot-Gandet, salarié depuis 8 ans. En attendant, le Congrès calédonien devrait modifier l’accès au Fonds nickel. L’une des conditions pour qu’une entreprise bénéficie d’une aide de la part du Fonds nickel est qu’elle ne dépasse pas les 500 salariés. Or, la Nickel Mining Company, qui en emploie 750, est susceptible de recevoir tout de même une aide du Fonds, si toutefois le Congrès vote en ce sens.