Le Comité olympique de Polynésie doit prouver son indépendance politique pour réintégrer le Conseil des Jeux du Pacifique

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©Benoît Buquet / Radio 1 Tahiti

Après une rencontre le week-end dernier en Australie entre l’actuel Président du comité olympique de Polynésie française (COPF), et le Président du Conseil des Jeux du Pacifique (Pacific Games Concil, PGC), la Polynésie reste suspendu des Jeux du Pacifique. Le COPF doit prouver son indépendance politique par courrier.

Louis Provost, Président du COPF, et Vidhya Lakhan, Président du PGC, s’étaient rencontrés le 7 avril dernier à Brisbane en Australie. Le but de cette rencontre était de demander la réintégration de la Polynésie française aux Jeux du Pacifique, exclue après la décision de l’actuel Président polynésien, Edouard Fritch, de boycotter les mini-jeux qui ont eu lieu au Vanuatu. A l’issue de cette rencontre, le Président du PGC n’a pas accepté la réintégration de la Polynésie, rapportent Radio 1 et la Dépêche de Tahiti. Le PGC exige un courrier supplémentaire prouvant l’indépendance politique du COPF pour sa réintégration. Les deux hommes doivent encore s’entretenir ce week-end. « Les deux parties travaillent toujours dans un bon esprit de coopération pour lever cette suspension aussi tôt que possible », a assuré Vidhya Lakhan, contacté par nos confrères de Radio 1 Tahiti.

Tauhiti Nena, président du COPF ©Cédric Valax / Radio 1 Tahiti

Tauhiti Nena, ancien président du COPF et ancien ministre des Sports, candidat aux élections territoriales de 2018 ©Cédric Valax / Radio 1 Tahiti

En août dernier, l’ancien Président du COPF, Tauhiti Nena, voyait son élection de janvier 2016 annulée par la Cour d’appel de Papeete en raison d’un recours déposé par six fédérations sportives polynésiennes, menées par son ancien opposant Abel Temarii. Tauhiti Nena était à la tête du COPF depuis 2011, et également ministre des Sports sous Oscar Temaru jusqu’en 2013. L’an dernier, un bras de fer opposait déjà Tauhiti Nena et le service de la Jeunesse et des Sports dépendante du gouvernement, sur une possible organisation par la Polynésie des Jeux du Pacifique de 2019. Tauhiti Nena avait alors perdu la bataille face au gouvernement d’Edouard Fritch qui s’opposait à une organisation des Jeux par la Polynésie. Les Jeux de 2019 ont finalement été récupérés par les îles Samoa.

En octobre 2017, le même service des Sports avait décidé de boycotter les mini-jeux du Vanuatu suite à la décision du Conseil des Jeux d’écarter la fédération de boxe titulaire de la délégation de service public au profit de la fédération de Tauhiti Nena. Le gouvernement polynésien et les fédérations sportives dénonçaient alors une « ingérence » politique de la part du Conseil des Jeux du Pacifique et regrettaient « un incident diplomatique ». Louis Provost, qui était alors Président de la Fédération polynésienne de tir, estimait que que Vidhya Lakhan « [s’asseyait] sur les institutions polynésiennes ». Aujourd’hui Président du COPF et au cœur des négociations avec le Président du PGC, Louis Provost est un fidèle du Tahoeraa Huira’atira de Gaston Flosse, précise Radio 1 Tahiti. Le courrier prouvant l’indépendance politique du COPF aurait déjà été envoyé au Conseil des Jeux du Pacifique. Mais dans la pratique, les derniers soubresauts qui ont eu lieu à la tête du COPF prouve que cette instance sportive reste soumise aux « pressions politiques ».

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