Innovation Outre-mer : Alan Touchard, accompagnateur des start-up polynésiennes

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Vendredi 22 janvier en Polynésie, le Prism, premier incubateur de la Collectivité mis en place par la CCISM, a accueilli sa toute nouvelle promo composée de sept nouvelles start-up qui développeront leur projet sur une période de 9 mois. Pour les accompagner dans leur croissance, la CCISM a fait appel à Alan Touchard, jeune diplômé de Markéting Digital, qu’Outremers360 a rencontré début janvier à Papeete.

« Fils de commerçant », Alan Touchard, originaire de La Ciotat, connait bien les ficelles du secteur. « J’ai notamment fait 10 ans dans le prêt-à-porter en ayant touché à tous les domaines, tout en poursuivant mes études en école de commerce », raconte-t-il. Son diplôme de Markéting Digital en poche, Alan Touchard est d’abord recruté par son école pour accompagner commerçant et artisans dans leur transformation digitale. « J’ai ensuite décidé, avec ma conjointe, de partir faire un tour du monde de 9 mois. Ma dernière étape, c’était la Polynésie. A ce moment-là, elle était en pleine transformation digitale et en pleine création d’un écosystème de start-up. C’est là que j’ai décidé de rejoindre l’incubateur Prism et la CCISM pour le Passeport Digital, en mi-septembre ».

C'est au coeur de Papeete, au sein de la CCISM, que s'est installé le Prism, premier incubateur de Polynésie ©Outremers360

C’est au coeur de Papeete, au sein de la CCISM, que s’est installé le Prism, premier incubateur de Polynésie ©Outremers360

Au sein du Prism, Alan Touchard est un peu le grand frère des créateurs de projets. « Le but est qu’on puisse accompagner au mieux nos start-uppers, d’avoir plusieurs compétences au sein de l’incubateur et de l’équipe, faire davantage d’événements, d’ateliers, de formations, et enfin, d’apporter mes compétences dans le digital pour nos start up. L’idée c’est de faire grandir grossir cet écosystème en faisant grossir les équipes et les moyens qu’on met à disposition des start-up ». Lancé pour la première fois en mai 2017, le Prism a déjà accueilli sept start-up pour sa première promo : « 6 ont terminé leur incubation, une a mis de côté en raison d’autres projets en parallèle », indique-t-il, « du coup, on a fait un nouvel appel à projet durant tout le mois de novembre pour renouveler notre flot de start-up ».

Disparition des abeilles, résolution de conflits familiaux ou encore, valorisation du patrimoine

De ce nouvel appel à projets, 15 nouveaux talents ont été présélectionnés, le 22 décembre dernier. Les 16 et 17 janvier, ces créateurs de projets ont participé à un boot camp afin de les préparer au Jury final qui a eu lieu le 19 janvier. Le Jury final a dévoilé les sept nouveaux start-uppers (voir encadré) à rejoindre le Prism le 22 janvier dernier. Lors de la première promo, le Prism a pu incuber des start-up s’attaquant à des problématiques assez diverses, et bien ancrées aux réalités polynésiennes, voire mondiales : disparition des abeilles, résolution de conflits familiaux, covoiturage pour faire face au trafic routier ou encore, valorisation de la culture et création d’expériences culturelles et touristiques (The ‘Arioi Experience).

Le créateur de la solution anti-bouchon : TereniaCovoiturage ©Outremers360

Le créateur de la solution anti-bouchon : TereniaCovoiturage. La start-up a fait partie de la première promo du Prism ©Outremers360

S’agissant  du développement de l’économie numérique en Polynésie, Alan Touchard est certain, la Polynésie est en mutation. « Les 5 prochaines années à venir vont voir une vraie transformation de la société polynésienne et de la société en général. Tous les secteurs sont concernés », confie-t-il. « La transformation digitale est d’autant plus importante du fait que la Polynésie est éloignée du reste du monde. Il y a une réelle importance pour tous les secteurs d’utiliser le digital comme une force, aussi bien au niveau local qu’au niveau international, pour davantage se faire connaitre dans le monde, valoriser le patrimoine et la culture, et accompagner les entreprises qui restent sur l’ancien modèle et rattraper leur retard ».

L’éloignement et le coût, principaux freins

Reste cependant des freins au développement du numérique en Polynésie. Freins qui tentent toutefois d’être levés. Le premier, le coût. « La Polynésie est éloignée, cela nécessite l’installation de câbles sous-marins pour la raccorder au reste du monde. Ce sont des choses coûteuses, qui prennent du temps et qui impactent sur l’abonnement internet. Néanmoins, l’arrivée de nouveaux câbles devraient faire évoluer la situation ». Ensuite, l’éloignement agit également sur les perspectives de développement d’une start-up en Polynésie. « Ce n’est pas forcément évident pour se développer car le marché local est très petit. Il faut s’internationaliser pour espérer une forte croissance ».

Troisième frein, « en France, quand les gens veulent lancer leur start-up, ils disposent d’une assurance chômage, s’ils sont salariés, ce qui n’est pas le cas ici. On a constaté que les créateurs de projets ont du mal à lâcher leur emploi salariés pour développer leur start-up. Entre l’éloignement et le fait d’être moins aidé, ce n’est pas évident », reconnait Alan Touchard. Il souligne toutefois que des efforts sont faits du côté des décideurs. Le plan Smart Polynesia pour la transition numérique de la Collectivité prévoit notamment des aides pour développer son projet.

En 2018, Alan Touchard entame donc une nouvelle période d’accompagnement avec de nouvelles start-up à faire grandir. Et pour le globe-trotter, grandir, c’est aussi faire face à l’échec et le surpasser. « L’incubateur est là pour donner l’opportunité de tester une idée, sur une période de 6 mois à un an. On essaye l’échec, il y a le bon et le mauvais échec : le bon échec c’est d’éviter de rester trop longtemps sur une idée qui ne vaut pas la peine. Le mauvais échec c’est de rester 10 ans sur une idée ne rapportera rien derrière. Nous on essaye, si elles vont vers l’échec, qu’elles aillent vers le bon échec, pas le mauvais ».

La nouvelle promo de start-upper du Prism :

DailyPlate: un coach virtuel individuel pour aider les personnes en surpoids ;

Destination Marquises: une plateforme d’organisation d’expérience pour promouvoir la culture et l’art marquisien ;

Epicerie Eco Vrac: Commerce de détail où les produits sont vendus sans emballage pour réduire les déchets au quotidien ;

La P’tite Cabine: Location de vêtements quotidiennement ou ponctuellement entre particuliers ;

Mahana: Truck Store qui déniche et met en valeur les créateurs de mode du moment ;

Matasphères: Réseau de sphères aériennes 360 ° connectées entre elle pour visualiser la Polynésie du ciel ;

Tahiti Art Crafts: Market place d’artisanat local pour promouvoir la Polynésie à l’international en commerce équitable.

©Facebook / CCISM

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