Crise du sucre : Le sucre spécial réunionnais désormais protégé dans l’accord UE- Vietnam

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Après une mobilisation auprès des instances européennes par le député européen Younous Omarjee, les sucres spéciaux réunionnais seront protégés dans l’accord UE- Vietnam. Cependant, la filière canne-sucre n’est pas à l’abri de nouveaux accords de libre-échange.

Les producteurs réunionnais de sucres spéciaux peuvent pousser un gros ouf de soulagement. Les sucres spéciaux réunionnais seront protégés dans l’accord UE-Vietnam. Une annonce faite par le député européen Younous Omarjee ce mardi 2 février. Dans cet accord de libre-échange, le document prévoyait une libéralisation d’un quota de 20 000 tonnes de sucres par le Vietnam. Autrement dit, le Vietnam serait en capacité d’exporter sur le marché européen ses productions de sucres spéciaux sans aucuns droits tarifaires. Pour l’économie réunionnaise, il s’agissait d’un coup de massue supplémentaire. En effet, l’entrée des sucres spéciaux vietnamiens fragiliserait davantage la filière canne-sucre de la Réunion, déjà inquiète de la fin des quotas sucriers en 2017. Après la mobilisation  auprès de ses collègues de la Commission du commerce international, le contingent de sucre vietnamien a été ainsi limité. « La bataille que nous avons porté, a fini par placer les sucres spéciaux réunionnais à l’abri du pire. Les exportations de sucres spéciaux du Vietnam seront finalement limitées à 400 tonnes par année, en lieu et place du quota de 20.000 tonnes dans lequel les sucres spéciaux se trouvaient inclus. Au-delà de cette limite, le droit de douane sera de 419 euros par tonne. Cette taxe doit permettre au sucre réunionnais, qui n’est pas taxé, de rester compétitif sur ce secteur. » annonce-t-il.

Une première victoire de David contre Goliath, mais le combat n’est pas terminé. Le député Younous Omarjee a d’ores et déjà appelé à une « mobilisation et une vigilance  » accrue. « Il convient donc de rester lucide et vigilant sur son impact à venir notamment au regard de son application ou des risques de contournement », poursuit-il. »Il appartient en priorité au gouvernement de veiller à ne pas reproduire pour l’ensemble des autres accords en négociation les mêmes difficultés rencontrées pour demander et obtenir l’exclusion des sucres spéciaux du champ de tout accord de libre échange », ajoute-t-il en déclarant que « le plus difficile est devant nous ». D’autres accords de libre-échange de gros pays producteurs de sucre avec l’Union Européene, comme la Thaïlande ou encore l’Inde, sont en cours de discussions. Des nouveaux accords qui peuvent à nouveau mettre à mal la filière canne-sucre de la Réunion, un des pivots de l’économie de cette région ultra-périphérique.

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