Risques naturels à La Réunion : « Toute l’île est concernée par 7 aléas », explique Daniel David, Responsable du Pôle Environnement à l’AGORAH

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Route inondée à la Possession ©Archives IPRéunion

L’Observatoire des Risques naturels de l’Agence d’urbanisme réunionnaise AGORAH a pour mission d’améliorer la prise en compte de ces risques majeurs dans les politiques publiques d’aménagement et permet de renforcer la concertation des acteurs et la mobilisation des moyens pour aller vers un territoire plus résilient. Daniel David, Responsable du Pôle Environnement, explique les différents plans de prévention en la matière à La Réunion et la place importante de la mémoire collective face aux risques.

« L’ensemble des communes de l’île est couverte par des Plans de prévention des risques (PPR) » explique Daniel David. Ces plans recouvrent essentiellement le risque inondation et mouvement de terrain, deux des sept aléas présents à La Réunion. « Mais les dimensions de ces plans sont différentes selon les communes car il y a des territoires sur lesquels il y a une grande multiplicité de risques ». Plus concrètement, « ces PPR ont un impact sur les zones où il sera autorisé ou non de procéder à de la construction de logement individuel ou collectif. Certaines zones sont strictement interdites à la construction, car on considère qu’il y a un aléa fort. Et il y a des zones où cette fois-ci ce sont des prescriptions qui sont établies. Il s’agit de zones aux aléas moyens, ou qui peuvent survenir de façon plus occasionnelle. On peut laisser construire mais avec des prescriptions, comme la surélévation du bâtiment s’il s’agit d’une zone à risque inondation », détaille Daniel David. A ces deux types de zones s’ajoute la zone blanche où le risque est faible.

Prévention du risque et mémoire collective

Pour autant, il existe à La Réunion, comme partout ailleurs, de l’habitat construit sur des zones qui ne devraient pas l’être. « Par rapport à ça, on est forcément obligé d’être dans du cas par cas. Evidemment, ce ne serait pas humain d’aller procéder à de la destruction ou de l’expulsion. Il faudra bien les loger et beaucoup sont très attachés à leur territoire », constate-t-il. « Ce qui est intéressant à La Réunion, c’est que le côté historique a une immense importance. Je pense en particulier à ce qu’on peut voir dans les Cirques, des zones où il y a des mouvements de terrain de grande ampleur mais avec une population qui a toujours vécu là, qui a intégré le risque. (…) On est dans une dimension où l’historique est très liée à la mémoire, à l’acceptation et à la culture du risque ». Certaines habitations dans ces Cirques, classées à l’UNESCO, peuvent présenter des fissures importantes dues à des mouvements de terrain, indique Daniel David.

©AGORAH

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A cette dimension historique s’ajoute une dimension intergénérationnelle. « Par rapport aux cyclones, il y a énormément de prévention faite par les services de l’Etat et tous les organismes qui interviennent dans la gestion de crise, je pense notamment au plan ORSEC ». « Ce qui inquiète aujourd’hui, c’est que ce risque cyclonique pour lequel les gens sont prêts parce qu’ils ont des mécanismes, comme la préparation des stocks de vivres, est devenu moins récurrent. On n’a pas connu de phénomènes de grande ampleur dernièrement, le dernier gros cyclone c’était Dina en 2002 et puis, Gamède en 2007 mais qui avait surtout emmené énormément d’eau », explique Daniel David. Par conséquent, les plus jeunes qui n’ont pas connu de cyclone n’ont pas encore acquis ma mémoire et la résilience de leurs aînés. « Il y a un vrai travail de sensibilisation et de prévention à faire », assure-t-il, citant par ailleurs le travail de sensibilisation mené par la Croix-Rouge à travers sa plateforme d’intervention régionale de l’Océan Indien (PIROI).

Daniel David, Responsable du Pôle Environnement et de l'Observatoire des Risques naturels de l'AGORAH ©AGORAH

Daniel David, Responsable du Pôle Environnement et de l’Observatoire des Risques naturels de l’AGORAH ©AGORAH

Globalement à La Réunion, l’AGORAH recense 7 aléas climatiques : inondation, mouvement de terrain, cyclone, feu de forêt, éruption volcanique, séismes et houles (marées de tempêtes, tsunamis et submersions marines). « Toute l’île est concernée par ces 7 aléas. Même pour le volcanisme, si on dé-zoom les choses et qu’on se pose par exemple la question des particules dans l’air, on se rend compte que c’est tout le territoire réunionnais qui pourrait être concerné par ces particules dans l’hypothèse une éruption de grande ampleur ». Pour mener à bien son expertise, l’Observatoire des Risques naturels de l’AGORAH s’appuie sur de nombreux partenaires comme l’Université de La Réunion, le Bureau de Recherches géologiques et minières, Météo-France, l’Observatoire volcanologique mais aussi, la DEAL, la Préfecture, la PIROI de la Croix-Rouge, le Rectorat.

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