Habitat indigne à La Réunion : Un volume encore « important » malgré des « progrès sur certains territoires » constate l’Agorah

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©AGORAH

Depuis 2015, l’Observatoire Réunionnais de l’Habitat Indigne (ORHI) de l’agence d’urbanisme de La Réunion, AGORAH, mène un travail de récolte de données sur le terrain pour aider les intercommunalités à résorber l’Habitat indigne sur l’île. Sabine Rivière, Chargée d’études Logement social, Logement insalubre et Rénovation urbaine à l’AGORAH explique le rôle de l’Agence en matière d’Habitat indigne et les progrès réalisés malgré des « efforts » à poursuivre en la matière.

« L’AGORAH a réalisé deux repérages de l’Habitat indigne sur l’ensemble de l’île en 1999 et sur la période 2006 – 2008, logement par logement, avec un gros travail de terrain. Depuis 2011, et dans le cadre des plans de lutte contre ce phénomène, ces repérages sont effectués par des bureaux d’études pour le compte des intercommunalités et c’est dans ce contexte que s’inscrit l’observatoire de l’Habitat indigne », explique Sabine Rivière. « Aujourd’hui, il s’agit de valoriser, capitaliser et compiler l’ensemble de ces données actualisées pour pouvoir mesurer, à l’échelle du territoire, toutes les évolutions, les nouvelles tendances, que l’on restituera à l’ensemble des partenaires de l’Observatoire », poursuit-elle. L’Observatoire de l’Habitat indigne, « avec l’ensemble des acteurs qui œuvre dans la lutte contre l’Habitat indigne », va ensuite, à travers ces données, « mesurer et quantifier les actions qui seront menées ».

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« Il y a énormément de moyens financiers qui ont été mobilisés pour résorber l’Habitat insalubre », assure Sabine Rivière. « On l’a vu entre 1999 et 2008, le phénomène a reculé ». « À ce jour, malgré des progrès constatés sur certains territoires, le volume reste encore important parce que l’insalubrité est de plus en plus diffuse, donc avec des opérations de réhabilitation difficiles à mener, au cas par cas, avec notamment une problématique foncière qui doit souvent être régularisée », explique-t-elle. « Je dirais que dans le cadre des démarches des plans de lutte contre l’Habitat indigne, l’intérêt porte sur l’expérimentation de nouveaux outils qui seront évalués dans les années à venir et enfin sur la nécessité de mettre en réseau l’ensemble des acteurs pour une meilleure coordination des actions ».

Quelques chiffres

À La Réunion, « 17 communes sur 24 sont dotées en 2016 d’un plan de lutte contre l’Habitat indigne validé ou en cours d’écriture », indique l’AGORAH dans son bilan des Observatoires 2016. « La CINOR et la CASUD sont les deux intercommunalités sur lesquels une démarche de plan est en train d’être lancée ».

Sabine Rivière, Chargée d’études Logement social, Logement insalubre et Rénovation urbaine ©AGORAH

Sabine Rivière, Chargée d’études Logement social, Logement insalubre et Rénovation urbaine ©AGORAH

Les dernières actualisations ont permis de recenser 3 010 bâtis indignes sur le territoire de la CIREST (Bras-Panon, Plaine-des-Palmistes, Saint-André, Saint-Benoît, Sainte-Rose et Salazie), soit une légère baisse de 2,6% depuis 2008. En revanche, les intercommunalités de la CIVIS (Saint-Pierre, Saint-Louis, L’Étang-Salé, Petite-Île, Cilaos et Les Avirons) et du TCO (La Possession, le Port, Saint-Paul, Trois Bassins, Saint-Leu) voient leurs bâtis indignes repérés augmenter respectivement de 13% et 9,2%. Toutefois depuis 2014, l’intercommunalité du TCO affiche une baisse de 18% de l’habitat indigne sur les 19 secteurs d’intervention prioritaire, grâce notamment à la constitution d’une équipe dédiée chargée de mettre en œuvre les actions du Plan Intercommunal de Lutte contre l’Habitat Indigne (PILHI). En moyenne, sur les ces trois intercommunalités, le parc de logements indignes représente entre 6 et 7% de l’ensemble du parc.

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Une publication compilant l’ensemble des résultats de l’Observatoire (repérage et actions menées) sera disponible sur le site de l’AGORAH d’ici la fin de l’année 2017.

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