Ouragan Matthew: En Haïti, un bilan qui s’alourdit et l’arrivée des premières aides internationales sous fond de méfiance

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© Nations Unies Haïti

Trois jours après le passage de l’Ouragan Matthew causant de nombreux dégâts, le bilan provisoire fait état de plus de 300 morts en Haïti. Désormais, l’heure est à l’entraide.

Haïti, encore groggy par le passage de l’ouragan Matthew, commence à panser ses plaies. Selon les derniers chiffres fournis par le Ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales,  il y aurait plus de 115 000 familles sinistrées, 25160 maisons fortement endommagées, près de 500 maisons détruites et 178 écoles endommagées, alors que 61 102 personnes ont été évacuées. Le bilan provisoire de perte de vies humaines s’élève à plus de 300 morts.

Dans les villes sinistrées comme Les Cayes (située dans la côte sud d’Haïti), les habitants s’organisent pour reparer les dégâts. « Il est l’heure de nous mettre ensemble pour commencer à reboiser le pays, à former la population pour qu’elle sache comment construire, pour qu’on puisse vivre une autre vie, sinon, à chaque désastre naturel, il y aura encore des victimes et des dégâts », affirme Junior Jétro Chérubin à l’AFP.  Du côté des organisations non internationales, on se mobilise également. Dans la matinée du mercredi 5 octobre 2016, le ministre de l’intérieur du Venezuela, Nestor Luis Reverol, a annoncé l’envoi d’une cargaison de 20 tonnes d’aide humanitaire à destination d’Haïti. Cette cargaison contient des denrées alimentaires non périssables, de l’eau, des couvertures, des draps et des médicaments pour aider la population d’Haïti, en particulier des riverains des Cayes (Sud), indique-t-il.

Un montant d’un million de dollars américains sera donné en aide humanitaire comme support aux départements touchés par l’ouragan Matthew, fait savoir, pour sa part, l’agence américaine pour le développement international (Usaid). Et l’Union Européenne a promis une enveloppe de 255 000 euros pour venir en aide aux victimes les plus gravement touchées.

Méfiance vis -à-vis de l’aide internationale

L’arrivée de cette aide internationale laisse sceptique certains habitants et certaines associations haïtiennes appellent à une meilleure organisation de ces fonds de secours. « Je n’ai jamais cru en l’aide étrangère: s’il vous plait, ne venez pas encore nous promettre des milliards si après nous n’allons rien recevoir », peste Gédéon Dorfeuille, rapporte l’AFP. « Surtout on n’a pas besoin de l’armée comme après le 12 janvier 2010 », le jour du séisme qui a tué plus de 200.000 personnes, lance t-il. « Alors qu’on avait besoin d’eau potable, les Américains ont débarqué avec leurs armes et leurs soldats. Et 80% de l’argent qui devait aider Haïti a été brûlé dans les mains des ONG », dénonce le jeune homme.

Un avis partagé par certaines associtaions sociales. « Ces aides annoncées vont créer de nouveaux riches en Haïti comme dans l’international, au détriment des victimes », met en garde le responsable du mouvement démocratique populaire (Modep) Guy Numa. « Il faut que « l’aide humanitaire s’inscrive dans le cadre de stratégies contrôlées et définies par les acteurs haïtiens » et d’une vision à long terme », recommande Camille Chalmers, dirigeant de la plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif.

Le gouvernement haïtien, par la voix de son premier ministre Enex Jean-Charles, lors d’une conférence de presse le 6 octobre, a indiqué mettre en place un plan de secours d’urgence qui coordonnera l’assistance internationale.

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