Nouvelle-Calédonie : Les evasan à Tahiti pas au goût de tous

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©Laure Philiber

La décision remonte à fin janvier 2016. Les gouvernements calédoniens et polynésiens s’étaient rapprocher afin de permettre aux patients en radiothérapie du Caillou d’être pris en charge au Centre Hospitalier de la Polynésie française (CHPF). Aujourd’hui, la Cafat émet des doutes sur le bien fondé de cette décision.

Des doutes immergent quant au rapprochement opéré par les gouvernements calédoniens et polynésiens dans la prise en charge des patients en radiothérapie de Nouvelle-Calédonie, qui devraient être évasannés en Polynésie française. Jusque là, les patients calédoniens se rendaient à Sydney pour la radiothérapie. « A huit mois de l’ouverture du médipôle de Koutio, on balaye de la main toute l’organisation mise en place à Sydney », déplore un administrateur de la Cafat aux Nouvelles Calédoniennes. Il poursuit, « c’est plus facile et moins cher pour les gens de Nouméa de se rendre à Sydney, plutôt qu’à Tahiti ». Pourtant, le gouvernement calédonien mettait en avant les 2,5 millions d’euros d’économies grâce à des evasan en Polynésie française. « Le médecin reste souverain de son choix, s’il décide que la Polynésie n’est pas équipée pour son patient, il peut très bien décider de l’envoyer en Métropole, puisqu’il ne peut plus l’envoyer à Sydney. Et là, ce n’est pas 300 millions d’économies qu’on va faire, mais qu’on va dépenser » a rappelé l’administrateur. Un point de vu que partage Carmen Marty, présidente du CA de la Cafat, « il faut que le gouvernement assouplisse l’arrêté qu’il a pris ». Elle émet également des doutes sur « la prise en charge et le bien-être du patient sur place ».

A Tahiti, les patients calédoniens devraient être logés dans un hospitel, situé à proximité du CHPF. En cas de surnombre, le Royal Tahitien viendrait en renfort, lui aussi proche du CHPF, mais là, les calédoniens devront débourser des frais supplémentaires, notamment pour les repas. Ils auront cependant accès au self-service du CHPF, alors réservé au personnel. Jean-Marc Masachs, président de l’Association calédonienne de soutien aux malades du cancer (ACSMC) pointe du doigt l’absence d’Internet à l’hospitel et d’associations relais en Polynésie française. De son côté, le directeur du CHPF s’engage à installer Internet dans les locaux de l’hospitel. Pour le CHPF, l’arrivée de 300 à 400 patients calédoniens en radiothérapie permettrait au service de tourner à plein régime. Pas de surcout donc, ni investissement supplémentaire.

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