Mayotte, une France en souffrance

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Les citoyens de Mayotte se sont réunis sous la bannière du Collectif des citoyens inquiets de Mayotte. Une pétition en ligne a été lancée afin d’alerter le Président de la République sur la situation catastrophique du département français d’Outre-mer.

Délinquance, insécurité, immigration non maitrisée, éducation en péril, problèmes économiques et fiscaux, inégalités sociales, hôpital débordé, « Mayotte est à bout de souffle » révèle L’Info. Le Collectif des citoyens inquiets de Mayotte a lancé une pétition en ligne qui, en l’espace de deux semaines, a recueilli 12 642 signatures, soit l’équivalent de 10% de la population adulte de Mayotte. Celle-ci a été transmise au gouvernement et au Président de la République samedi. Un véritable « cri du coeur » de la part des insulaires de Mayotte, dont l’inquiétude augmente de jour en jour, « chaque jour qui passe est un jour où la situation de Mayotte se dégrade tant en matière d’insécurité, d’instruction, d’accès aux soins,… (…). Nous ne pouvons plus accepter, Monsieur le président, de voir ces milliers d’enfants errer dans nos rues, dans nos villages visitant les poubelles afin de pouvoir se nourrir et pour d’autres participer à des actes de délinquances quotidiens très certainement pour les mêmes fins ». Le Collectif demande une prise de conscience du Chef de l’Etat.

Un gendarme mobile en octobre 2011. L'île de Mayotte souffrirait d'un déficit des forces de sécurité ©R. Bouhet / AFP

Un gendarme mobile en octobre 2011. L’île de Mayotte souffrirait d’un déficit des forces de sécurité ©R. Bouhet / AFP

Tamhani M’madi, porte-parole du Collectif, confie au Figaro, « 40% de la population est en situation irrégulière. La métropole s’émeut tous les jours de la présence des réfugiés mais nous connaissons ce phénomène depuis plus de vingt ans, la misère du monde débarque sur notre île ». Selon Tamhani M’madi, près de 5000 enfants de Mayotte n’ont pas accès à l’école, « on tolère des choses ici qu’on ne tolèrerait pas ailleurs. Si on prend le journal et qu’on remplace « Mayotte » par « Bretagne », personne n’y croirait ! », ses mots reflètent sa colère. À Mayotte, on a recensé en janvier, plusieurs agressions à l’arme blanche dans un collège et une école, les enseignants ont exercé leur droit de retrait. Un adolescent est récemment décédé suite à un règlement de compte. Éric Mildenberger, délégué national à l’Outre-mer du syndicat de police Alliance, confirme les craintes liées à la délinquance qui, depuis 2014 « explose ». Augmentation de 50% des agressions physiques et 35% des « délinquants » sont mineurs. « Un sous-préfet a par exemple été récemment cambriolé, le sentiment d’insécurité se développe et le travail des policiers sur place est de plus en plus difficile », souligne Eric Mildenberger. Selon Le Figaro, « aucun renfort en matière d’effectifs de police n’est envisagé ».

En janvier, la Cours des Comptes dressait un bilan négatif du passage de Mayotte au statut de département. L’ancien député de Mayotte, Mansour Kamardine, déclarait en janvier, « les Mahorais vivent barricadés chez eux. Si on n’arrive pas à contenir l’immigration clandestine, je crains le pire. Aujourd’hui, quand on est Mahorais, il faut être courageux pour laisser ses enfants aller à l’école publique à Mayotte. C’est devenu invivable. Sommes-nous condamnés à accepter l’inacceptable? Il faut un réveil, un sursaut pour sortir Mayotte du marasme ». Le 23 février, les Cadis de Mayotte (responsables religieux musulmans) organisaient la « Journée d’alerte à l’explosion sociale ».

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