Culture: La danse tahitienne bientôt au Patrimoine immatériel de l’Unesco ?

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Actuellement en mission à Paris, le ministre polynésien de la Culture, Heremoana Maamaatuaiahutapu, a rencontré ce mercredi 14 décembre le Président de la fondation du patrimoine, avec qui il a évoqué le classement de la danse tahitienne, ou ‘Ori Tahiti, au Patrimoine immatériel de l’Unesco.

Ce mercredi 14 décembre à Paris, Heremoana Maamaatuaiahutapu, ministre polynésien de la Culture, a rencontré Pascal Lievaux, Président de la fondation du Patrimoine à la Direction générale des Patrimoines du ministère de la Culture national. Les deux hommes ont notamment évoqué le dossier de classement de la danse tahitienne au Patrimoine immatériel de l’Unesco. Projet de longue date, un travail de nomenclature des pas et gestes de danse tahitienne a déjà été réalisé par les chefs de troupe de danse et le Conservatoire artistique de la Polynésie française (CAPF). Ce travail de nomenclature devrait prendre fin d’ici début 2017 et permettra d’inscrire la danse tahitienne à l’inventaire national du patrimoine immatériel, une étape indispensable pour le classement précise Radio 1 Tahiti.

Scrupuleusement codifiée, la danse tahitienne est à l"honneur chaque année, lors du Heiva i Tahiti ©Tahiti-infos

Scrupuleusement codifiée, la danse tahitienne est à l »honneur chaque année lors du Heiva i Tahiti ©Tahiti-infos

Points supplémentaires à l’avancement du classement, la vitalité et l’identité culturelle irréfutable de la danse tahitienne favorisent le dossier. Ce classement au Patrimoine immatériel permettra également de renforcer l’ancrage en Polynésie de la danse tahitienne, à l’heure où celle-ci rencontre un engouement international qui fait débat chez les chefs de troupes et experts culturels polynésiens. En effet, si certains y voient une opportunité de développer l’image de la Polynésie française à l’international, d’autres pointent du doigt la menace d’un « cannibalisme culturel ». En attendant, le ministre polynésien de la Culture assure avoir reçu le soutien du Ministère national de la Culture pour ce projet de classement qui s’inscrit dans l’esprit de la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Etat.

Longtemps associé au mythe de la Vahine, la danse tahitienne reprend également vie chez les hommes ©DR

Longtemps associé au mythe de la Vahine, la danse tahitienne reprend également vie chez les hommes ©DR

Toujours à Paris, Heremoana Maamaatuaiahutapu a également visité de nombreuses salles de spectacles et médiathèques afin de préparer le lancement prochain du futur Centre culturel polynésien. Ce projet de nouveau Cente culturel s’inscrit dans le cadre de la nouvelle Convention Culture qui devrait être signée début 2017.

 

Le ‘Ori Tahiti, un des édifices de l’identité polynésienne

Parfois assimilée à du folklore, la danse tahitienne ou ‘Ori Tahiti est en réalité une composante majeure de l’ADN culturel polynésien, au même titre que les langues, le tatouage, le « va’a » et autres sports traditionnels, la sculpture ou encore, l’artisanat. Autrefois, la danse tahitienne ponctuait les grandes cérémonies politiques et religieuses avant d’avoir été interdite par les missionnaires, la jugeant osée et explicite. La danse tahitienne est revenue en force dans les années 70, grâce notamment à des personnalités comme Madeleine Mou’a, qui fonda la première troupe de danse tahitienne dans les années 50. Aujourd’hui largement pratiquée, parfois dès le plus jeune âge, elle peut être une réinterprétation des légendes, servir de cadre à la reconstitution des grandes cérémonies de l’époque pré-européenne ou tout simplement pour accueillir le visiteur.

Depuis 2012, les troupes de danses réinvestissent les lieux de culte de la Polynésie ancestrale afin de réinterpréter les légendes ou les grandes cérémonies politique et religieuses ©Outremers360

Depuis 2012, les troupes de danses réinvestissent les lieux de culte de la Polynésie ancestrale afin de réinterpréter les légendes ou les grandes cérémonies politique et religieuses ©Outremers360

Au fil des décennies, les chefs de troupes ont normalisé la danse tahitienne: pas et gestes étant la traduction scrupuleuse de mots et de faits, comme un codage de la culture polynésienne. Célébrée chaque année lors du Heiva i Tahiti, la danse tahitienne est aussi un facteur de rassemblement et de cohésion et permet à des jeunes de l’enseigner, que ce soit en Polynésie française ou à l’international. Toutefois, le terme de « danse tahitienne » peut paraître réducteur puisque elle ne se pratique pas de la même façon dans tous les archipels de la Polynésie. Par exemple, aux îles Marquises, on pratique la « danse de l’oiseau », la « danse du cochon » ou celle de la guerre: le haka, à l’instar des Maoris de Nouvelle-Zélande. Cette danse se retrouve d’ailleurs aux îles Samoa et aux îles Tonga. Aux îles Hawaii, on parle de « Hula Kahiko » ou « Hula ‘Auana », deux autres branches des différentes danses polynésiennes.

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Quoiqu’il en soit, l’engouement actuel des danses polynésiennes justifie ce dossier de classement au Patrimoine immatériel de l’Unesco. D’autant que le ‘Ori Tahiti est aujourd’hui pratiqué avec passion par de très nombreux jeunes polynésiens, et fait parfois l’objet de vocation professionnelle. « Les enfants d’aujourd’hui dansent dix fois mieux que les adultes du début du siècle. Si nos ancêtres les voyaient, ils les adoreraient comme des dieux », disait John Mairai, auteur et expert de la Culture polynésienne.

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