Ariane 5 : Les deux satellites mis en orbite mais pas au bon endroit

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Une fusée Ariane 5 décolle du centre spatial aérien de Kourou le 12 décembre 2017, en Guyane ©Jody Amiet / AFP

Les deux satellites de télécommunications, embarqués à bord du lanceur européen Ariane 5 qui a décollé jeudi soir depuis la Guyane, ont été mis en orbite, mais, fait rare, pas au bon endroit. Arianespace espérait toutefois un futur « repositionnement des satellites au bon endroit grâce à leur système de propulsion ». « Les dernières nouvelles étaient rassurantes après de fortes inquiétudes », a ajouté la société qui commercialise les lancements.

Grosse frayeur en effet pour son premier lancement de l’année. Peu après le début de l’opération, le PDG d’Arianespace Stéphane Israël a annoncé, depuis la salle Jupiter du centre spatial de Kourou, une « anomalie » et fait état d’une « perte de contact avec le lanceur ». Une perte de contact, « d’un peu plus de neuf minutes » après le décollage et « quelques secondes après l’allumage de l’étage supérieur » et qui a duré « de la 9e à la 37e minute de la mission », a précisé Arianespace dans un communiqué.

A partir de ce moment-là, « la deuxième station » de contrôle de la mission « située à Natal, au Brésil, n’a pas acquis la télémétrie du lanceur », note encore Arianespace. La situation a été la même à la station d’Ascencion, sur une île de l’Atlantique sud (censée recueillir des données 13 minutes et 36 secondes après le décollage), à celle de Libreville au Gabon (18 minutes et 19 secondes après son décollage) et à celle proche de la ville de Malindi au Kenya (22 minutes et 56 secondes après le décollage).

Si « par la suite, les deux satellites ont été confirmés séparés, acquis et mis en orbite », note le communiqué d’Arianespace ils n’ont « pas été séparés à l’endroit où ils auraient dû l’être ». La fusée européenne avait décollé jeudi comme prévu à 19h20 locales (23h20 à Paris), du centre spatial guyanais à Kourou, en emportant deux satellites de télécommunications, SES-14 pour l’opérateur luxembourgeois SES et Al Yah 3 pour Yahsat, l’opérateur des Emirats Arabes Unis.

Le satellite SES-14 héberge en outre une charge scientifique pour le programme d’exploration de la Nasa intitulé GOLD (Global-scale Observation of the Limb and Disk), un programme qui doit notamment permettre, depuis une orbite géostationnaire, de reconstituer toutes les demi-heures une image complète du disque terrestre. Construit par Airbus Defence and Space à Toulouse, SES-14, d’un peu plus de 4,4 tonnes au décollage, est le 53e satellite de l’opérateur luxembourgeois SES (Société Européenne de Satellites) à être lancé par Arianespace depuis 1984, a indiqué Arianespace. L’opérateur vient d’annoncer que son satellite est « en bonne santé » et devrait pouvoir rejoindre l’orbite visée « dans quelques mois »

Construit par Orbital ATK, Al Yah 3, d’une masse au décollage proche de 3,8 tonnes est le deuxième satellite à être emporté pour l’opérateur Yahsat (Al Yah Satellite Communications Company), après un premier lancement en 2011. Celui-ci « va également bien » et « est aussi en train de rattraper son orbite ». Ariane 5 est considéré comme l’un des lanceurs les plus fiables de la planète, et reste sur 82 succès d’affilée. Un échec aurait été inquiétant pour Arianespace, qui est censée s’occuper du lancement du successeur d’Hubble, le télescope spatial James Webb, un projet de près de 10 milliards de dollars, au printemps 2019.

Avec AFP.

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