Succession de Ban Ki-Moon: Helen Clark, « outsider » favorite ?

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©Eduardo Munoz Alvarez / Getty Images

C’est une grande première pour l’Organisation des Nations Unies. Mardi, cinq des dix candidats confirmés à la succession de Ban Ki-Moon au poste de Secrétaire général de l’organisation se sont essayés au débat télévisé devant l’Assemblée générale. Parmi eux, Helen Clark, ancienne Première ministre de la Nouvelle-Zélande, semble tirer son épingle du jeu.

La preuve en est apportée avec un papier paru dans The Guardian, en partie consacré à la prestation d’Helen Clark ce mardi à la télévision. A la façon d’une véritable campagne électorale, les dix candidats confirmés ont exposé leur vision du poste convoité, selon plusieurs thèmes: leur style de leadership, les questions climatiques, la Cour internationale de Justice, la guerre civile en Syrie ou encore, la récente émergence d’affrontements au Sud-Soudan, où les Casques bleus luttent pour protéger les civils. Le débat a été retransmis en direct dans le monde entier par la chaîne Al-Jazeera et le site internet des Nations Unies.

« je crois que les réponses sur le long-terme reposent sur la construction de sociétés pacifistes et inclusives, qui pourront parler librement de leurs différences plutôt que les combattre »

L’exercice semble avoir réussi à l’ancienne Première ministre de la Nouvelle-Zélande de 1999 à 2008 et actuellement Administratrice du Programme des Nations unies pour le développement. Interrogée sur les fortes chances de voir un candidat d’Europe de l’est remporter le poste, « considéré comme le prochain sur la liste selon les procédures onusiennes et au regard de la superficie de la Nouvelle-Zélande », souligne The Guardian, Helen Clark réplique, « mon petit pays, situé dans le Pacifique sud, n’a jamais encore eu de Secrétaire général, et je pense que compte tenu de l’ampleur des défis auxquels notre monde est confronté, nous avons besoin d’une recherche mondiale pour le meilleur talent ».

Christina Figueres, Danilo Turk et Helen Clark, lors du débat télévisé devanrt l'Assemblée générale le 12 juillet ©Mike Segar / Reuters

Christina Figueres, Danilo Turk et Helen Clark, lors du débat télévisé devanrt l’Assemblée générale le 12 juillet ©Mike Segar / Reuters

Dans son introduction, Helen Clark a affirmé : « nous devons nous améliorer pour prévenir et résoudre les conflits ». Elle poursuit, « je crois que les réponses sur le long-terme reposent sur la construction de sociétés pacifistes et inclusives, qui pourront parler librement de leurs différences plutôt que les combattre « . « Mais sur le court-terme, nous devons nous améliorer pour anticiper les signes avant-coureurs de ce qui pourrait se transformer en de sérieux abus des Droits de l’Homme et de ce fait, en conflits ». Helen Clark a également fait l’éloge des réfugiés, soulignant qu’en Nouvelle-Zélande, ceux-ci se sont acquittés de leur dette envers le pays des milliers de fois, « ce sont des gens biens à la recherche d’un départ nouveau ».

« c’est une très bonne candidate, mais il est évidemment trop tôt pour une avoir un avis formel sur la question »

Les neuf autres prétendants confirmés à la succession de Ban Ki-Moon sont; Christiana Figueres (Costa Rica); Vesna Pusić, (Croatia); António Guterres (Portugal); Susana Malcorra (Argentina); Vuk Jeremic (Serbia); Natalia Gherman (Moldova); Danilo Turk (Slovenia); Igor Lukšić (Montenegro) et Irina Bokova (Bulgaria), une autre favorite. Mais Outremers360 a recensé trois autres candidats: Srgjan Kérim (Macédoine), Miroslav Lajcak (Slovaquie) et Aminata Traoré, ancienne ministre malienne du Tourisme et seule représentante du continent africain. Le groupe des Etats de l’Europe orientale compte la majorité des candidats confirmés, ce qui augmente naturellement leurs chances.

Huit des dix candidats à la succession de Ban Ki-moon: Irina Bokova, Helen Clark, Natalia Gherman, Vesna Pusic, Antonia Guterres, Srgjan Kérim, Danilo Turk et Igor Luksic ©AFP / Getty Image / AP

Huit des dix candidats à la succession de Ban Ki-moon: Irina Bokova, Helen Clark, Natalia Gherman, Vesna Pusic, Antonia Guterres, Srgjan Kérim, Danilo Turk et Igor Luksic ©AFP / Getty Image / AP

En 2015, les 193 Etats membres de l’Assemblée générale ont voté une résolution pour plus de transparence lors du processus de sélection du Secrétaire général des Nations Unies. Ainsi, les candidats doivent impérativement se déclarer ouvertement, communiquer leur CV et livrer leur conception du poste. C’est dans cette optique de transparence qu’ont été organisés les deux débats télévisés, les dix candidats ayant été divisés en deux groupes de cinq. Toutefois, le résultat du vote à « bulletins secrets informels » qui désignera le candidat des 15 membres du Conseil de Sécurité, la semaine prochaine, ne sera pas communiqué au public. Ce vote désignera également le candidat recommandé par les 15.

Selon les diplomates, on devrait connaitre le nom du successeur de Ban Ki-moon en Octobre 2016 pour une entrée en fonction dès janvier 2017 ©Wikipédia

Selon les diplomates, on devrait connaitre le nom du successeur de Ban Ki-moon en Octobre 2016 pour une entrée en fonction dès janvier 2017 ©Wikipédia

Chaque membre du Conseil de sécurité devra ensuite noter chaque candidat avec les mentions « encouragement », « rejeté » ou « sans opinion ». Il informera par la suite chaque pays présentant un candidat des résultats du leur. Ceux-ci ne seront également pas communiqués au public. Mais le choix final reviendra aux cinq membres permanents du Conseil de Sécurité -à savoir les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine et la France- qui devront s’accorder sur un candidat. Le quinté final n’a aucunement l’obligation de prêter attention à la popularité des candidats auprès de l’Assemblée générale.

Manuel Valls, lors de sa visite en Nouvelle-Zélande ©Michael Bradley / AFP

Manuel Valls, lors de sa visite en Nouvelle-Zélande ©Michael Bradley / AFP

Helen Clark, une des deux candidates du groupe des Etats de l’Europe occidentale et autres Etats (GEOA) avec Antonio Guterres, semble pourtant en bonne voie, notamment pour recueillir un soutient de la part de la France. Lors de sa visite en Nouvelle-Zélande en mars dernier, le Premier ministre Manuel Valls déclarait, « c’est une très bonne candidate, mais il est évidemment trop tôt pour une avoir un avis formel sur la question ». De même, la présence, en tant qu’invitées, des troupes néo-zélandaises et australiennes lors du défilé du 14 juillet pourrait-être considérée comme un signe de rapprochement entre les nations, dont les relations furent pourtant jadis tendues, lors du sabordage du Rainbow Warrior. De même, Helen Clark semble avoir le soutien de ses voisins australiens, qui ont préféré sa candidature à celle de leur ancien Premier ministre Kevin Rudd.

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