Présidentielle 2017: Gaston Flosse confirme qu’il demandera la grâce présidentielle

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©Tahiti-infos

Ce mercredi 3 avril, le Président-fondateur du parti autonomiste polynésien Tahoeraa Huira’atira, Gaston Flosse, a réitéré son appel à voter en faveur de la candidate frontiste à l’élection présidentielle, Marine Le Pen. Il a également confirmé son intention de demander la grâce présidentielle au futur Président de la République, ont révélé nos confrères de Radio 1 Tahiti.

Sous le coup d’une peine d’inéligibilité jusqu’en 2019, Gaston Flosse, ancien Président de la Polynésie française, a confirmé son intention de demander la grâce présidentielle au prochain Président de la République. Depuis l’annonce de son soutien officiel à Marine Le Pen pour la Présidentielle, la rumeur de la demande d’une grâce présidentielle en échange de ce soutien fleurissait sur l’échiquier politique polynésien, notamment du côté de ses opposants historiques, les indépendantistes d’Oscar Temaru. « C’est mon droit de le demander, pourquoi est-ce que je me priverais de ce droit là ? », s’interroge Gaston Flosse au micro de Radio 1 Tahiti. Ce dernier avait déjà demandé, en vain, la grâce présidentielle à l’actuel Président de la République. « Il n’y a pas eu d’emplois fictifs, c’est faux! » assène-t-il.

Cumul ou confusion des peines d’inéligibilité ?

L’actuelle peine d’inéligibilité de trois ans de Gaston Flosse concerne une affaire d’emplois fictifs, effective depuis 2014. La seconde est en rapport avec l’affaire du SED (Service d’études et de documentations) qui a, entre 1997 et 2004, suivi et enregistré opposants et alliés politiques de Gaston Flosse. Cette seconde peine de deux ans d’inéligibilité ne sera effective qu’à partir de juillet 2017, soit après la fin de la première peine pour emplois fictifs. Si le ministère public confirme un cumul des peines, et non une confusion, l’avocat de Gaston Flosse, François Quinquis estime que les deux peines se confondent et que, par conséquent, l’ancien Président de la Polynésie française retrouverait ses droits civiques le 4 mars 2018, avant les élections territoriales.

En offrant son soutien à Marine Le Pen, Gaston Flosse est devenu le premier poids lourd politique en Outre-mer à soutenir l'héritière du Front national ©Gregory Boissy (AFP) / Robert Pratta (Reuters)

En offrant son soutien à Marine Le Pen, Gaston Flosse est devenu le premier poids lourd politique en Outre-mer à soutenir l’héritière du Front national ©Gregory Boissy (AFP) / Robert Pratta (Reuters)

« L’issue est juridiquement très incertaine. Finalement tout pourrait dépendre du renouvellement politique qui sera consécutif à la présidentielle de 2017″, analyse le site Tahiti-infos. « Le pari que fait le vieux routard de la politique serait donc (…) qu’élue à la présidence de la République le 7 mai prochain, Marine Le Pen n’agisse d’une manière ou d’une autre en influençant la justice dans l’intérêt d’un Gaston Flosse qui n’aura pas ménagé ses efforts pour la soutenir en Polynésie ». En outre, le Président du Tahoeraa Huira’atira est condamné, depuis le 25 avril 2017 dans une affaire de gestion de fait (emplois cabinet), à rembourser, solidairement avec 21 complices, près de 2 millions d’euros de débets au budget du Pays. Son avocat a toutefois annoncé avoir engagé un recours grâcieux auprès du ministère du Budget à Bercy. « La réponse n’est pas attendue avant plusieurs semaines. Et d’ici là, le nouveau locataire de l’Elysée aura pris ses fonctions », précise le site Tahiti-infos.

Un « front uni » contre le FN

En parallèle, une manifestation anti-Front national prévue ce jeudi 4 mai en Polynésie française a été annulée. Selon le représentant polynésien d’En Marche!, Heimana Garbet, cette annulation fait suite à des « menaces à peine voilées » du représentant du Fn en Polynésie, Eric Minardi. « Sur les ondes de Radio Polynésie Première et le même jour au cours du débat organisé par TNTV, le représentant local du Front National s’est laissé aller à mettre en garde les organisateurs de probables risques de débordements à l’initiative de ses adhérents et militants », a déclaré Heimana Garbet. A la place, le collectif « Le Pen NON Polynésie française » a publié une tribune appelant « tous les républicaines et les républicains de Polynésie française à se mobiliser et à lutter contre l’arrivée au pouvoir du Front national ».

Selon Gaston Flosse, une victoire de Marine Le Pen serait « un bond considérable pour la Polynésie dans ses relations avec la France ». Pour rappel, la candidate frontiste a recueillis 24 599 voix, soit 32,53% des suffrages exprimés, lors du premier tour en Polynésie (c’est 20 000 voix de plus qu’en 2012). Elle s’est hissé à la seconde place du scrutin juste derrière François Fillon.

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