Politique en Nouvelle-Calédonie : Dernier gouvernement avant le référendum de 2018 ?

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Immeuble du Gouvernement calédonien ©Capture / DR

Ce samedi 19 août en Nouvelle-Calédonie, trois membres du gouvernement collégial ont déposé leur démission, entraînant par la même occasion une procédure de renouvellement de celui-ci. Les groupes politiques du Congrès de la Nouvelle-Calédonie ont jusqu’à vendredi, minuit, pour déposer leurs listes de candidats en vue de former le nouveau gouvernement, très probablement le dernier avant le référendum de 2018.

Philippe Dunoyer, Hélène Iékawé et Philippe Gomès ont déposé leur démission du gouvernement ce samedi 19 août. Pour Philippe Gomès et Philippe Dunoyer, il s’agit avant de respecter la loi de non-cumul des mandats. Par conséquent, cette triple démission entraîne, de plein droit, celle de l’exécutif dans son ensemble. Collégial, le gouvernement calédonien est élu par les membres du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Chaque groupe parlementaire dispose d’un nombre de membres au gouvernement proportionnel au nombre de sièges qu’ils occupent. En somme, la Plateforme loyaliste (Calédonie Ensemble, Rassemblement-LR et MPC), qui a la majorité au Congrès, devrait avoir le plus grand nombre de membres au gouvernement : soit trois voire quatre sur onze. Un procédé unique au sein de la République.

Calédonie Ensemble en position de force

En proie à une instabilité chronique marquée par une chute successive des gouvernements entre 2010 et 2011, le Parlement avait voté en juin 2011 un texte fixant un délai de 18 mois à compter de la dernière démission d’office pendant lequel la démission d’un nombre minoritaire de « ministres » n’entraîne plus celle du gouvernement collégial. Auparavant, la démission d’un seul membre pouvait entraîner celle de l’ensemble du gouvernement.

L'actuel Président du gouvernement calédonien, Philippe Germain, est candidat à sa succession ©Capture / DR

L’actuel Président du gouvernement calédonien, Philippe Germain, est candidat à sa succession ©Capture / DR

Conséquence en 2017 de cette modification de la loi organique : le parti Calédonie Ensemble, qui dispose de deux députés et d’une majorité (pas absolue certes) au Congrès calédonien, pourrait ainsi renforcer sa position de parti politiquement fort, moins de 18 mois avant le référendum d’autodétermination de 2018. Et peu de chances que le gouvernement qui sera élu avant le 31 août ne change avant. Pour l’heure, les membres du Congrès se réuniront jeudi afin d’établir le nombre de membres qui composeront le prochain gouvernement. L’actuel en compte 11 et là encore, peu de chances que les choses changent.

Quels futurs membres ?

Pour l’heure, quelques noms sont avancés de part et d’autre pour former le futur gouvernement. L’actuel Président Philippe Germain est candidat à sa propre succession. Les indépendantistes de l’UNI-Palika n’ont pas fait savoir si Dewé Gorodé, figure politique qui a traversé de nombreux gouvernements, et Valentine Eurisouké seraient reconduites. Seule certitude, Anthony Lecren, membre en charge du Foncier et des Affaires coutumières (Union calédonienne), ne sera pas reconduit. Le parti indépendantiste devrait présenter Didier Poidyaliwane à sa place et reconduira Jean-Louis d’Anglebermes au siège de Vice-président et Gilbert Tuyienon aux Infrastructure, Transports maritimes et terrestres.

Du côté des Loyalistes de la Plateforme, Bernard Deladrière et Cynthia Ligeard seront proposés. Nicolas Metzdorf (Calédonie ensemble) est également pressenti pour faire son entrée au gouvernement calédonien. Reste à savoir comment se positionneront les membres du groupe Les Républicains Calédoniens, dissidents de la droite calédonienne menée par Sonia Backès.

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