Nouvelle-Calédonie: Le nickel en léger mieux mais toujours fragile

No Comment

©sln.nc

A la Bourse de Londres, le London Metal Exchange qui fait autorité en la matière, les cours du nickel poursuivent leur timide remontée entamée début juillet. En Nouvelle-Calédonie, dont le minerai rouge représente la première ressource, le Comité des signataires du 7 novembre a permis de rassurer, notamment à travers le prêt annoncé par le Premier ministre à l’usine Vale.

« Les nuages commencent doucement à se dissiper… » annonçait Philippe Gomes, député (UDI) de la Nouvelle-Calédonie et membre du Comité d’administration d’Eramet, maison-mère de la Société Le Nickel (SLN). « Le prix de revient de la livre de nickel produite par la SLN est aujourd’hui à 5,2 $ la livre contre 6 $ il y a un an. La trajectoire vertueuse vers 4,5 $ à l’horizon fin 2018 semble donc bien engagée ». Le prix de revient de la livre de nickel à 4,5 $ est effectivement une des conditions du retour à la compétitivité de la SLN. Lors du Comité des signataires du 7 novembre, le Premier ministre Manuel Valls a rappelé le prêt engagé par l’Etat en faveur de la SLN: 525 millions d’euros qui ont permis de sauver la SLN et les 8 000 emplois directs et indirects qui gravitent autour d’elle.

Une centrale électrique au GNL pour 2021

L’autre condition de sa compétitivité, c’est une électricité moins chère et moins polluante. L’actuelle centrale électrique au fuel lourd qui alimente la SLN arrive en fin de vie. Là encore, l’Etat, par la voix du Premier ministre, s’est engagé à apporter les finances nécessaires à la nouvelle centrale dont l’arrivée est prévue pour 2021. « L’Etat apporte une garantie à hauteur de 320 millions d’euros (38 milliards de francs pacifique) » a déclaré Manuel Valls le 7 novembre, et de préciser : « l’autorisation de cette garantie sera demandée au Parlement dans le cadre du projet de loi de Finances Rectificatives pour 2016 ». La nouvelle centrale, qui fonctionnera au Gaz Naturel Liquéfié (GNL) s’annonce moins polluante et moins coûteuse sur le long terme. La société calédonienne Enercal devrait récupérer l’exploitation de cette nouvelle centrale, 80 % de la production serait destinée à la SLN et 20 % au Territoire, souligne notre Confrère Alain Jeannin, spécialiste du nickel calédonien.

L’usine du Sud (Vale-Goro) également sauvée 

Du côté de l’industriel brésilien Vale, l’avenir de son usine de Goro (sud de la Nouvelle-Calédonie) était en suspens. Le Crédit Suisse annonçait fin 2015 la « mise en veille en raison de ses coûts de production très élevés et de flux de trésorerie négatifs ». Face à l’inquiétude qui planait sur l’usine, le Premier ministre a rassuré les élus calédoniens le 7 novembre dernier: « l’important projet industriel de remplacement du barrage et la couverture des besoins financiers de l’usine seront réalisés par la maison-mère Vale ». De son côté, l’Etat a consenti « un prêt de 200 millions d’euros (24 Milliards de Francs pacifique) à Vale Canada sur 10 ans, avec la garantie de la holding » et « apportera sa garantie au financement du projet transformation de résidus à sec, à hauteur de 220 millions d’euros (27 Milliards de Francs pacifique) ». La mise en veille de l’usine n’est donc plus à craindre comme il y a encore quelques semaines.

Turbulences sociales à l’usine du Nord 

Pour ce qui est de l’usine du Nord, Koniambo Nickel (KNS), le plan de licenciement de 47 employés a été suspendu par le Tribunal de Koné et épinglé par le rapport des experts indépendants du Syndex. « Les experts note le manque de transparence de KNS et l’entrave à leur mission en refusant de fournir des documents demandés », analysait le Syndicat Solidarité NC qui poursuit, « par ailleurs, les experts précisent que le licenciement économique n’est pas justifié et proposent des pistes pour éviter celui-ci ». Le parti Calédonie Ensemble s’était également dressé contre le plan de licenciement. Le Conseil d’administration de KNS, où la Province nord est majoritaire via la SMSP, doit donc proposer de nouvelles solutions pour maintenir l’usine sans licenciement. La Province nord a aussi été appelée à garantir un nouveau prêt pour KNS. Ce n’est pas la première fois, ce qui inquiète les milieux financiers et laisse planer un doute sur la Doctrine Nickel développée par KNS avec l’assentiment de la Province Nord.

L'usine de Koniambo ©Antoine Leveau

L’usine de Koniambo ©Antoine Leveau

« Les problèmes industriels qui ont frappé cette usine sont, d’après les informations de KNS, en passe d’être surmontés » a acté le Premier ministre le 7 novembre dernier. « La décision de reconstruction du deuxième four est désormais entre les mains des actionnaires. Ce qui permettrait d’atteindre les capacités nominales de production assurant la rentabilité de l’usine, actuellement déficitaire. Des discussions sont en cours avec les services de l’État compétents sur la demande de l’entreprise d’aménager le cadre des défiscalisations, pour tenir compte des difficultés rencontrées et des nouveaux projets d’avenir. L’enjeu s’élève à environ 220 millions d’euros ».

Lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publié. Les champs obligatoires sont précisés (obligatoire)

Pas de commentaires pour le moment