Nouvelle-Calédonie : Gil Brial prend la tête des non-indépendantistes du MPC

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Pas de surprise hier soir lors du conseil politique du Mouvement populaire calédonien (MPC). Gil Brial, seul candidat à la succession de Gaël Yanno, a été élu président. L’occasion pour le vice-président de la province Sud de réaffirmer la ligne politique du parti qui prône une large victoire du « non » et met en avant son projet de République de type fédérée. Un sujet de nos partenaires La Dépêche de Nouvelle-Calédonie

Réunis hier soir à l’hippodrome Henri-Milliard, les quelque 200 militants du MPC devaient se choisir un nouveau président. Gaël Yanno, premier président du MPC ayant décidé de ne pas se représenter, il fallait lui trouver un successeur à la tête du parti créé en 2013 à la veille des provinciales suite à des désaccords de fond avec le Rassemblement. Et si les rumeurs faisaient état de tensions entre les cadres du MPC et l’ancien député, qui a décidé malgré le choix des instances du parti de poursuivre le fil du dialogue avec les indépendantistes au sein du très critiqué G10, hier soir, il était bien présent pour soutenir la candidature de Gil Brial. Et pour les deux hommes, rien de plus normal pour « le seul parti démocratique de Nouvelle-Calédonie à élire son président à bulletin secret » que d’avoir des différences de point de vue, sans fracture, comme d’autres d’un même parti adhèrent à différents mouvements nationaux. Pour eux, l’essentiel est d’abord de faire campagne pour le « non » au référendum. Et là, la ligne politique reste la même : une mobilisation en faveur d’un « non » massif.

Après une heure de vote, sans suspens puisqu’il n’y avait qu’un seul candidat, Gil Brial est élu avec 187 voix sur 191 votants. Ses premiers mots ont été adressés à Gaël Yanno qui a su « porter une ligne politique claire, sans concession vis-à-vis des indépendantistes, et a su proposer en premier un projet statutaire pour l’après Accord de Nouméa, une collectivité de type fédérée ». Pour Gil Brial « le MPC a gagné sa place sur l’échiquier politique en allant seul aux élections législatives et en faisant, à 3 points près, le même score qu’aux provinciales de 2014 alors que le parti s’était présenté sous la bannière de l’UCF avec le RPC d’Isabelle Lafleur et le MRC de Philippe Blaise ». Le nouveau président est persuadé que la ligne politique du parti répond à une attente des électeurs et a joué son rôle. « Cette ligne n’a pas bougé. Nous affirmions déjà il y a 4 ans qu’il fallait aller au référendum comme prévu par l’Accord de Nouméa, qu’il fallait s’opposer à tout nouveau transfert de compétences. On prônait déjà un dialogue d’abord entre loyalistes, puis avec les indépendantistes, mais nous refusions toute négociation et encore moins concession avant le référendum », a tenu à rappeler Gil Brial, pour qui le parti a été décisif et a pesé dans les choix de la plate-forme loyaliste.

Mais ça, c’était avant le fameux G10 et la charte de valeurs communes. « Malheureusement, comme souvent le discours de Calédonie Ensemble a évolué depuis l’entre-deux tours des législatives. Ceux qui mettaient en avant le danger d’élire un indépendantiste à l’Assemblée Nationale pour gagner des voix loyalistes ont depuis laissé place à un nationalisme assumé », a lancé le nouveau président pour justifier le départ du G10 et la création d’un nouveau groupe loyaliste au Congrès.

Le MPC se lancera donc dans une campagne pour un « non » massif au référendum. « Ce n’est pas un match de phase finale de la coupe du monde », explique Gil Brial pour qui un score serré rendrait l’indépendance accessible. « Après les provinciales de 2019 nul doute que les indépendantistes seront suffisamment nombreux au Congrès pour demander la tenue d’un deuxième et troisième référendum. Mais si nous gagnons très largement le 4 novembre, nous aurons les arguments pour les convaincre que ce serait une catastrophe pour le développement économique de la Nouvelle-Calédonie et que cela pourrait entraîner une grave crise sociale ». Le nouveau président du MPC est même persuadé que les indépendantistes ne se risqueront pas à trois larges défaites.

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