Législatives 2017: « J’ai fait un choix de raison et de responsabilité », assure Monique Orphé

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Monique Orphé, députée PS de La Réunion et candidate à sa succession dans la 6ème circonscription, a reçu, ce lundi 15 mai, l’investiture de La République en Marche. En exclusivité, la députée explique son choix motivé par le « projet équilibré » d’Emmanuel Macron, avec qui Monique Orphé assure être « en phase ». Bien que les états majors du Parti Socialiste ont préconisé l’exclusion aux membres tentés de rejoindre La République en Marche, la députée se dit toutefois toujours appartenir au PS.

Outremers360: Vous venez de recevoir l’investiture de La République en Marche. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Monique Orphé: C’est la suite logique de l’engagement que j’ai pris au mois de février sur le projet d’Emmanuel Macron. J’ai estimé que ce projet, équilibré, correspondait surtout aux attentes des Réunionnaises et Réunionnais, notamment par rapport au pouvoir d’achat, aux petites retraites, aux petites entreprises,… J’ai voulu aller jusqu’au bout de cet engagement: je l’ai soutenu, je l’ai parrainé et pour agir, j’ai demandé l’investiture La République en Marche.

La députée Monique Orphé a soutenu Emmanuel Macron dès le mois de février. ici, à La réunion lors du déplacement du candidat en mars dernier ©Getty Images / Eric Feferberg

La députée Monique Orphé a soutenu Emmanuel Macron dès le mois de février. Ici, à La réunion lors du déplacement du candidat en mars dernier ©Getty Images / Eric Feferberg

Est-ce que ce choix a été difficile par rapport au Parti Socialiste ?

J’estime avoir fait le bon choix. Il faut le dire, il y avait un risque de voir le Front national au pouvoir. Je voulais peser sur le 2ème tour en choisissant un candidat avec qui j’ai également travaillé lorsqu’il était ministre. Je trouvais qu’il avait une autre façon de faire, qu’il apportait de la jeunesse et une autre méthode. C’est à partir de ces critères que j’ai adhéré, non pas au parti, mais au projet. C’est nullement contre le Parti Socialiste qui a encore un rôle à jouer. Je reste à gauche, j’appartiens au Parti Socialiste, mais il faut que l’on se remette en cause, que l’on fasse notre examen de conscience et qu’il y ait une recomposition du parti. J’ai fait un choix de raison et de responsabilité en tant que députée. Il s’agit non pas de désigner un nouveau chef de parti, mais un Président de la République. Maintenant, il faudra agir et faire en sorte que ses engagements soient mis en œuvre.

Le nouveau Président de la République prévoit d’ailleurs la mise en place d’assises des Outre-mer, pour faire remonter les urgences. Quelles seraient ces urgences, notamment pour La Réunion ?

Il y a un certain nombre de choses qui ont été faites, il ne faut pas tout effacer. Il y a eu des avancées pour réduire le taux de chômage. On a mis en place des mesures pour soutenir les entreprises, comme la transformation du CICE en exonération de charges. Il y a eu tous les dispositifs à destination des jeunes qui ont porté leurs fruits puisque le chômage a significativement baissé: de 30% à 24% et de 60% à 53% chez les jeunes. Il faut accélérer les mesures pour les jeunes, mais aussi pour les seniors. C’est la première des priorités.

Il y a aussi la formation, et son plan de 15 milliards en faveur de la formation professionnelle est une très bonne mesure. J’espère que nous arriverons, ici à La Réunion, à faire en sorte à ce que cette formation profite à nos chômeurs. Durant mon mandat, j’ai fait adopté un amendement sur le droit opposable à la formation professionnelle, ce qui prouve que nous sommes en phase et pour réduire encore le taux de chômage, il faut s’attaquer à la formation. Il faut aussi qu’on ait l’adhésion de la Région, puisque la Collectivité reste compétente en matière de formation professionnelle. Il faut donc évaluer les mesures qui existent, les amplifier et faire en sorte que demain le chômage continue à baisser. C’est de cette façon que l’on pourra s’attaquer aux inégalités et à la pauvreté.

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Les mesures qu’il propose dans le domaine de l’éducation sont aussi importantes. A La Réunion, nous avons encore du retard à rattraper. Je suis pour l’école de la réussite, ce qui implique une éducation de qualité. Et pour y parvenir, il faut les moyens: mettre en œuvre la réduction des effectifs en CP/CE1 et mettre en place des professeurs expérimentés dans les classes difficiles.

Là où il y a aussi un travail à faire, c’est sur le pouvoir d’achat des travailleurs modestes. Lorsque l’on touche un peu plus que le SMIC, on ne peut pas accéder à un logement neuf car il n’y a pas d’aide. De même, beaucoup de retraités vivent avec moins de 900 euros, voire autour de 700 euros. Il faut aussi soutenir la retraite des agriculteurs. Il faut également que l’on ait une solidarité plus juste et équilibrée. Il y a des gens qui se sentent délaissés, qui ont l’impression de tout payer et il faut qu’on ait un geste envers ces personnes. Je souhaite œuvrer pour que ces personnes soient entendues. Voilà toutes les problématiques auxquelles il faut qu’on s’attaque, et nous n’avons pas droit à l’échec.

Personnellement, je souhaite mettre en place un forum de consultation citoyenne pour que la population soit consultée sur les textes importants qui touchent nos territoires éloignés. C’est une façon de renouer avec la démocratie participative et communiquer sur le travail parlementaire.

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