Le Président de la Polynésie française en Chine

No Comment

©Présidence de la Polynésie française

Depuis samedi, le Président de la Polynésie française, Edouard Fritch, est en voyage officiel en Chine. Accompagné d’une délégation, Edouard Fritch négocie actuellement l’implantation de la première ferme aquacole de Polynésie française avec les investisseurs chinois de Tian Rui international.

C’est par voie de communiqué que le Président de la Polynésie française et sa délégation rendent compte du voyage officiel qui a débuté ce samedi. Sur place, Edouard Fritch a été accueilli par Wang Cheng, Président de Tian Rui international, promoteur du premier projet de ferme aquacole en Polynésie française. Celle-ci doit être implantée sur l’atoll de Hao, dans l’archipel des Tuamotu. Edouard Fritch et sa délégation ont également été accueillis par Félix Hao, Secrétaire général de l’Association du Peuple Chinois pour l’Amitié avec l’Etranger (APCAE). Le but de ce voyage officiel est de faire le point sur le projet de ferme aquacole. Ce projet a été amorcé en 2011 par Oscar Temaru, alors Président de la Polynésie française. À l’époque, l’opposition fustigeait le leader souverainiste de vouloir « vendre » la Polynésie aux Chinois. Mais à leur retour au pouvoir en 2013, Gaston Flosse puis Edouard Fritch ont finalement décidé de poursuivre le projet. Quoiqu’il en soit, ce dernier semble plutôt bien avancer.

« Démarrer le projet le plus rapidement possible »

C'est sur l'atoll de Hao, dans l'archipel des Tuamotu en Polynésie française que la ferme aquacole doit être implantée ©DR

C’est sur l’atoll de Hao, dans l’archipel des Tuamotu en Polynésie française que la ferme aquacole doit être implantée ©DR

« Le président Fritch et la délégation qui l’accompagne ont tenu leur première réunion avec monsieur Wang Cheng et son équipe dès dimanche matin », nous indique la Présidence de la Polynésie française dans son communiqué. Il « a débuté la réunion en faisant un point de l’état du dossier du projet aquacole de Hao ». Toujours selon la Présidence, « le permis de terrassement pourra être délivré le 15 juin 2016 et le permis de construction de la base vie le 18 juin 2016. Concernant le dernier permis touchant la ferme d’exploitation, le président Fritch pense qu’il pourrait être délivré en septembre 2016, dès que les derniers éléments techniques seront fournis par TNOF (Tahiti Nui Ocean Foods) ». Du côté des investisseurs, la confiance règne également, « monsieur Wang Cheng a remercié le président Fritch et ses équipes pour le travail déjà accompli à ce stade. Il a réaffirmé que le projet de Hao répondra à des critères de qualité environnementale », souhaitant « que le projet de Hao soit un modèle en matière de développement durable dans le secteur de l’économie bleue ». Il semble que le Président de Tian Rui international soit plutôt impatient « de démarrer le projet le plus rapidement possible ». La ferme aquacole de Hao visera les marchés américains, européens et chinois.

« D’importantes retombées économiques pour la population de Hao »

Ce projet de ferme aquacole en partenariat avec une grande multinationale chinoise suscite quelques peurs dans l’opinion publique polynésienne, notamment sur la maitrise des richesses polynésiennes. C’était d’ailleurs un des arguments mis en avant en 2011 par les détracteurs du projet. Maintenant qu’il le porte, le gouvernement a tenu à rassurer l’opinion, « monsieur Wang Cheng souhaite faire en sorte qu’il y ait d’importantes retombées économiques pour la population de Hao, aussi bien en matière d’emplois, de besoins en logement pour les travailleurs que pour nourrir l’ensemble du personnel qui travaillera sur le site ». Mardi, c’est à l’Université de l’Océan de Shanghaï qu’Edouard Fritch s’est rendu, « la visite a permis d’une part de découvrir le campus réservé au logement des étudiants et le laboratoire d’aquaculture composé des salles de recherches biologiques et des salles d’application ». Pour le projet de ferme aquacole, une dizaines d’étudiants stagiaires polynésiens seront sélectionnés et envoyés en formation dans cette université de Shanghaï. L’occasion donc de « constater dans quelles conditions matérielles » les futurs étudiants polynésiens seront accueillis. L’Université prendra également part au projet en tant que partenaire scientifique, « notamment pour le suivi du milieu écologique des atolls mis en exploitation afin de veiller à la préservation des milieux lagonaires ».

La controverse radioactive de Hao

En amont de la visite de François Hollande en Polynésie française, les habitants de Hao s'étaient mobilisés afin d'obtenir des réponses quant à la dépollution de leur atoll, qui a servi de base arrière lors des essais nucléaires français ©TNTV

En amont de la visite de François Hollande en Polynésie française, les habitants de Hao s’étaient mobilisés afin d’obtenir des réponses quant à la dépollution de leur atoll, qui a servi de base arrière lors des essais nucléaires français ©TNTV

Ombre conséquente au tableau, qui pourrait bien éclabousser le projet ; l’atoll de Hao, qui doit accueillir la ferme aquacole, a servit de base arrière militaire durant les trente années d’essais nucléaires en Polynésie française. L’Institut Louis Malardé (équivalent polynésien de l’Institut Pasteur) a débuté une étude sanitaire auprès des habitants de l’atoll. Des prélèvements sanguins seront effectués et comparés aux prélèvements des habitants de l’atoll voisin de Makemo et les résultats sont attendus pour l’année prochaine. En 2011, une étude a même révélé que les sols et les eaux de l’atoll de Hao étaient pollués aux produits organochlorés et aux métaux lourds. Cette année et en amont de la visite de François Hollande en Polynésie française, les habitants de l’atoll ont fait savoir leurs inquiétudes, « cette pollution devrait être évacuée en dehors de l’atoll de Hao. Et que l’Etat français reconnaisse que la bombe a contaminé la Polynésie ». François Hollande avait, de son côté, assuré la dépollution de l’atoll devant les élus de la Polynésie française, « les conséquences environnementales des essais devront également être traitées. Et l’Etat achèvera le démantèlement des installations et la dépollution de Hao en recourant aux techniques les plus modernes ». Reste à savoir si l’atoll de Hao pourra être complètement dépolluer avant l’implantation de la ferme aquacole, au risque que le projet jouisse d’une mauvaise réputation environnementale avant même de voir le jour.

Lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publié. Les champs obligatoires sont précisés (obligatoire)

Pas de commentaires pour le moment