François Hollande en Polynésie française : Vers des « Accords de Papeete » ?

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Le Président de la République aurait-il conjuré le mauvais sort ? Alors qu’on s’attendait à un temps maussade le jour de sa visite, le soleil a refait surface en grande pompe, après une semaine d’absence, sur l’île de Tahiti. Chaleureux, disponible, impliqué, intéressé, avenant, ouvert, décontracté, à l’écoute et porteur de solutions, c’est un autre portrait que les polynésiens ont dressé du Président de la République, loin des tumultes et conflits politico-parisiens. Rétrospective.

Après Wallis-et-Futuna, François Hollande a remonté le temps pour atterrir dimanche soir sur le tarmac de l’aéroport de Tahiti-Faa’a. Sur place, le Président de la Polynésie française, les ministres, les élus polynésiens l’attendent, tout comme les danseurs de la troupe Tahiti Ora, réquisitionnés pour accueillir le Président de la République à la façon polynésienne. Dès son premier discours, il aborde l’épineuse question des essais nucléaires, question qui rythmera la suite de sa visite. Le sujet ne pouvait être qu’omniprésent en raison de son importance, « il est bien légitime que la France puisse réparer un certain nombre de conséquences, qu’elles soient sociales, qu’elles soient sanitaires ou économiques », prononce-t-il à son arrivée à Tahiti. Il terminera par « ici je suis en France, et je suis heureux d’être en France ». Un phrase lourde de sens pour certains polynésiens, ceux qui luttent pour l’émancipation et la reconnaissance de la singularité identitaire polynésienne. Ces mots, ils les ont transposé sur une autre citation, elle aussi lourde de sens, prononcée par Henri Hiro, poète et un des grands instigateurs de la renaissance culturelle polynésienne ; « si tu étais venu chez moi, j’aurais su t’accueillir. Mais tu es venu chez toi, et je ne sais pas t’accueillir chez toi ».

Hollande à la rencontre de Pouvanaa a Oopa

Pouvanaa a Oopa, éminent personnage historique de la Polynésie française ©TNTV

Pouvanaa a Oopa, éminent personnage historique de la Polynésie française ©TNTV

Le lendemain, lundi matin, surprise ! Après une longue semaine d’absence et des pluies diluviennes, le soleil refait surface, en grande pompe. La grisaille tropicale laisse place à un ciel d’un bleu profond. François Hollande a conjuré le mauvais sort, lui qui a ouvert son quinquennat sous une pluie battante, se retrouve à Tahiti, baigné de chaleur et de soleil. Première étape de sa journée-visite en Polynésie française, François Hollande s’est rendu sur la tombe de Pouvanaa a Oopa, ce personnage politique historique en Polynésie. Il est le premier député tahitien élu en Polynésie, premier chef du premier gouvernement local, grand pourfendeur de la colonisation et de son système injuste envers les tahitiens. Son destin fut intimement lié aux essais nucléaires. Pouvanaa, le nationaliste, défendant l’émancipation politique de son peuple devient un obstacle pour le Général de Gaulle qui souhaite faire de la Polynésie son terrain nucléaire. Ni une, ni deux, Pouvanaa est accusé à tort, emprisonné et exilé loin de son Fenua, de sa terre natale. Gracié, il y reviendra sans « haine ni rancune », pour Pouvanaa, « la France est une grande Nation, je sais qu’elle me rendra Justice ». Si Pouvanaa est toujours coupable, aux yeux de la Justice, d’avoir voulu incendier Papeete, François Hollande lui offre la réhabilitation politique et la reconnaissance d’un combat légitime ; celui de l’émancipation de la Polynésie. En juin 2014, Christiane Taubira avait saisi la commission de révision des procédures pénales, première étape pour la révision de son procès de 1958. La Justice poursuit son cours, parfois long, mais le politique a pris le pas par ce geste hautement symbolique de la part de François Hollande.

Après Pouvanaa a Oopa, François Hollande s’est ensuite rendu au Monument aux Morts. Hommage solennel à ces polynésiens tombés pour la nation. Dès la Première Guerre mondiale, les territoires français du Pacifique offre à la France ses plus valeureux et courageux soldats (dont Pouvanaa en fit partie), rassemblés sous la bannière du « Bataillon du Pacifique ». Lors de la Seconde, les Polynésiens décident de combattre aux côtés de la France Libre, aux côté du Général de Gaulle. Plus tard dans la journée, François Hollande soulignera la ferveur et le courage propre aux soldats polynésiens qui partent encore défendre les intérêts et la sécurité de la Nation.

Premier bain de foule au Marché de Papeete

Dans la foulée, le Président de la République opère son premier bain de foule à Tahiti, au marché de Papeete, autrement appelé « Mapuru a Paraita ». Oubliée la polémique des SDF évacués pour les besoins de sa visite. François Hollande y est accueilli avec tout les honneurs d’un Président de la République. Décontracté, ouvert, avenant, les polynésiens semblent avoir été ravis de l’effet Hollande. Il se prête même au jeu des selfies, paraît intéressé par la cuisine polynésienne, les arts aussi. Les artisans lui expliquent le tressage et la confection de couronnes tandis que son guide lui fait une leçon sur le port de la fleur de Tiaré, « la Tiaré à l’oreille gauche, ça veut dire que votre coeur est pris, si vous la portez à l’oreille droite, ça veut dire que vous cherchez une partenaire. Attention de ne pas vous trompez ! ». Georges Pau-Langevin, Ministre des Outre-mer, s’en amuse, et malgré la foule présente, pas de stress, l’ambiance reste cordiale et chaleureuse. Toujours accompagné de cette foule, François Hollande quitte le marché de Papeete pour se rendre, à pieds, à la Mairie de la Capitale. Sur place, Michel Buillard, le Maire, lui fera un tour d’horizon condensé des cinq archipels qui composent la Polynésie française. Tour à tour, les délégations et troupes de danse des îles Australes, Marquises, Tuamotu-Gambier et de la Société offrent au Président un aperçu de chacune de leurs danses traditionnelles, qui témoignent de la richesse culturelle de la Polynésie française ; un tout composé de spécificités intrinsèques. François Hollande est conquis, ses termes sont élogieux, « vous nous avez offert le plus beau des cadeaux ; celui d’être dans la République française », appelant ensuite le monde entier à se rendre à Tahiti. Pour la Mairie de Papeete, c’est mission accomplie.

Le cortège présidentielle a ensuite pris la route pour la commune de Pirae, au « Domaine Labbé », où l’attend le Ministre polynésien du Logement, Tearii Alpha. Sur place, François Hollande signe une convention de financement permettant « d’intervenir dans le logement social et de soutenir la politique de l’habitat en Polynésie ». Appartenant à l’Etat, les quatre hectares du domaine Labbé devraient accueillir 120 logements sociaux et être rétrocédés au Pays. Lors de ce déplacement, une soixantaine d’enfants étaient présents pour accueillir le chef de l’Etat, qui n’a pas dérogé aux photos. Un logement témoin lui a été présenté avant que celui-ci ne se rende à la Présidence de la Polynésie française, pour des sujets plus sérieux, même si le logement, l’habitat et les problèmes de fonciers en lame de fond restent une problématique de premier plan en Polynésie française.

Au marché de Papeete, c'est un François Hollande en forme et décontracté qui s'est présenté à la population ©Florent Collet / La Dépêche de Tahiti

Au marché de Papeete, c’est un François Hollande en forme et décontracté qui s’est présenté à la population ©Florent Collet / La Dépêche de Tahiti

A la Présidence de la Polynésie française : la reconnaissance du fait nucléaire

C’est donc à la Présidence de la Polynésie française que François Hollande est le plus attendu pour ses annonces. Élus politiques mais aussi acteurs économiques et représentants de la société civile sont présents. Roland Oldham, membre fondateur de l’association Moruroa e Tatou qui se bat pour la reconnaissance du fait nucléaire et l’indemnisation des victimes, sera particulièrement attentif au discours du Président. « Nous on attend des actes précis, à prendre dès demain matin, pour le moment c’est du blabla, le temps est un facteur très important avec le nombre d’anciens travailleurs qui décèdent, pour nous il faut des actes, que la loi Morin soit changée. Il a annoncé des choses il y a 4 ans qui ne se sont pas produites », a-t-il déclaré au micro de TNTV. C’est une des revendications des associations qui luttent pour la reconnaissance du fait nucléaire ; la révision de la loi dite Morin d’indemnisation des victimes du nucléaire votée en 2010. Jusqu’ici, le cadre de cette loi a permis d’indemniser une petite vingtaine de victimes sur le millier de dossiers déposée, un échec. Les associations demandent également que la notion de « risque négligeables » soit revue. De côté des acteurs économiques, les arguments rejoignent les revendications associatives, « c’est un signe fort, cette visite, un signe fort de la République envers la Polynésie, avec des messages de reconnaissance, qui avaient été un peu oubliés ces dernières années ; ça peut jouer sur l’économie, surtout si on règle les problèmes liés au fait nucléaire », a déclaré Olivier Kressmann, Président du Mefef Polynésie.

Mais avant même de s’exprimer devant les élus, les acteurs économiques et la société civile, François Hollande a d’abord signé la rétrocession des terrains militaires de l’Etat aux communes sur lesquels ils sont répartis. Il s’agit de six communes : Faa’a, Pirae, Arue, Taiarapu, Mahina et Papeete. Dès lors, les élus se félicitent de la rétrocession à titre gratuite faite par l’Etat. N’est-il pas cynique, pour un peuple, de se féliciter de la gratuité d’une rétrocession de terres qui lui appartiennent de droit ? Quoiqu’il en soit, les communes concernées devront maintenant réhabiliter les terrains, toujours occupés par des bâtiments militaires abandonnés, et proposer des projets de re-dynamisation de ces terrains. Les communes ont un délai de 15 ans pour concrétiser les projets, avec appui financiers de la part de l’Etat et du gouvernement de la Polynésie française. Passé ce délai, les terrains militaires rétrocédés reviendront dans le giron de l’Etat. Pour l’heure, ce dossier qui trainait des pieds depuis 5 ans est bouclé et suscite la satisfaction chez les élus locaux.

Entre 1966 et 1996, 193 tirs nucléaires, aériens et souterrains, ont été effectués en Polynésie française, sur les atolls de Moruroa et Fangataufa ©Archives / DR

Entre 1966 et 1996, 193 tirs nucléaires, aériens et souterrains, ont été effectués en Polynésie française, sur les atolls de Moruroa et Fangataufa ©Archives / DR

Voilà le moment crucial, celui tant attendu par les associations qui luttent pour la reconnaissance du fait nucléaire. Mobilisés toute la journée pour des actions pacifiques, les militants ont eu du fil à retorde avec les forces de sécurité. C’est Edouard Fritch, Président de la Polynésie française, qui prononce son discours en premier, protocole oblige. Pendant son allocution, Edouard Fritch souligne la nécessité de la solidarité nationale pour mener à bien les projets de développement économiques, avant de déplorer l’inefficacité de la Loi Morin et même, de tacler l’ancien Président de la République, « avec votre prédécesseur, la Polynésie a souffert de l’indifférence et du recul de l’Etat dans ses relations contractuelles et partenariales ». Vient le tour du Président de la République. Bien sûr, ce dernier a eu l’occasion de revenir sur de nombreux sujets lors de son allocution mais celui du nucléaire était sans conteste le plus important et le plus attendu en Polynésie française. Voici, en quelques points, les annonces et engagements de l’Etat sur les essais nucléaires :

Le Président de la République a d’abord reconnu « cette contribution, celle que vous avez apporté à travers les essais nucléaires (…). Je reconnais que les essais nucléaires menés entre 1966 et 1996 en Polynésie française ont eu un impact environnemental, provoqué des conséquences sanitaires, et entraîné des bouleversements sociaux lorsque les essais eux même ont cessé ». Pour la reconnaissance du fait nucléaire, c’est fait !

Autre point ; l’éducation et la connaissance de l’Histoire pour les générations futures ; « Il sera crée, avec le pays, un institut d’archives, d’information et de documentation en Polynésie française afin que la jeunesse n’oublie pas cette période de notre histoire commune ». Une autre victoire pour les associations qui souhaitent que la jeunesse connaisse et s’empare à son tour du sujet.

Le Président a aussi assuré un assouplissement de la loi Morin, « le traitement des demandes d’indemnisations des victimes des essais nucléaires sera revu.(…) Quand on fait le constat : seule une vingtaine de dossiers ont donné lieu à des indemnisations. J’ai donc décidé de modifier le décret d’application pour préciser la notion de risque négligeable pour certaines catégories de victimes, lorsqu’il est démontré que les mesures de surveillance indispensables n’avaient pas été mises en place. Ainsi : cette commission indépendante pourra-t-elle accéder ou faire accéder à l’indemnisation de nouvelles victimes ». Il nous faudra attendre l’avis des associations pour juger de l’efficacité de cette annonce. Pour l’heure, celles-ci semblent déçues du minimum syndical opéré par Hollande. Une annonce plus « symbolique » et émotionnelle qui doit encore faire ses preuves.

« L’Etat accompagnera le développement du service d’oncologie du centre hospitalier de Tahiti, avec un apport de 700 millions de francs Pacifiques (environ 7 millions d’euros), et la mise à disposition de trois médecins ».

Enfin, François Hollande a annoncé la « sanctuarisation » de la dette nucléaire ou Dotation Globale d’Autonomie (DGA). Celle-ci a été créée par Jacques Chirac à la fin des essais, pour permettre à la Polynésie française de se trouver et construire une nouvelle manne économique. Cette dette, qui a été réduite au fil des ans, « sera sanctuarisée dans le statut de la Polynésie française, et son niveau sera rétabli dès 2017 à plus de 90 millions d’euros ».

Pour l’atoll de Hao, qui porte encore dans ses entrailles les déchets industriels et radioactifs de l’armée française, et les conséquences environnementales induites par les essais, François Hollande a également souhaité apporter une réponse ; « Les conséquences environnementales des essais devront également être traitées. Et l’Etat achèvera le démantèlement des installations et la dépollution de Hao en recourant aux techniques les plus modernes. Quant aux atolls de Moruroa et de Fangataufa, ils feront l’objet d’une vigilance méticuleuse. Un service de surveillance 24 heures sur 24 sera mis en place, et des missions destinées à mesurer les conséquences radiologiques sur les atolls et les lagons seront poursuivies et amplifiées ».

A la fin de son allocution, le Président de la République a évoqué la mise en place des « Accords de Papeete pour le développement de la Polynésie dans la République ». Si aucun détail ou explications n’ont été spécifiés, nul doute que ce sujet devrait retenir l’attention des élus polynésiens et de la population. Par la suite, un déjeuner républicain a été organisé avant que François Hollande ne s’envole pour le Marae Taputapuatea sur l’île de Raiatea.

Le Marae Taputapuatea, sur l'île de Raiatea, haut lieu de la Polynésie ancestrale ©Pierre Lesage

Le Marae Taputapuatea, sur l’île de Raiatea, haut lieu de la Polynésie ancestrale ©Pierre Lesage

François Hollande au coeur de la Civilisation polynésienne

François Hollande a eu le temps, lors de cette journée-visite, de se rendre sur l’île de Raiatea, à 30 minutes d’avion et 230 km au Nord-ouest de Tahiti. Sur place, le Président d ela République a visité le Marae Taputapuatea, berceau de la Civilisation polynésienne et candidat à l’inscription au Patrimoine mondial de l’Humanité. « Le Marae sera labellisé au patrimoine mondial de l’humanité, (…) grâce à la force de conviction que nous y mettrons, d’ici à juillet 2017 », a-t-il assuré. « L’Etat vous fournira un appui technique pour la présentation, par la Polynésie, de cette candidature ». On parle aussi de la construction d’un Musée, financièrement appuyé par l’Etat. François Hollande s’est exprimé, sur place, des enjeux économiques que représentent le domaine maritime, « l’économie bleue », mais aussi sur la montée des Océans. L’an dernier, les leader polynésiens s’étaient réunis sur le Marae lors d’une visite tournée vers l’environnement et le réchauffement climatique. Lors de la COP 21, François Hollande a également mis en avant les îles du Pacifique, premières victimes de la montée des eaux. Sa présence sur le Marae de Taputapuatea peut aussi être vu comme un message diplomatique à toute la communauté du Pacifique sud, comme pour dire que les promesses et engagements de la COP 21 ne sont pas oubliés.

Dernière étape : rencontre amicale avec Oscar Temaru

A son retour de Raiatea, François Hollande s’est directement dirigé vers la Mairie de Faa’a, chez son « ami », le Maire Oscar Temaru. Leader indépendantiste de la Polynésie française, ancien Président et candidat à l’élection présidentielle de 2017, Oscar Temaru a tenu à recevoir amicalement François Hollande. On aurait pu croire que les deux hommes parleraient de décolonisation et de la réinscription du pays sur la liste onusienne, des présidentielles de 2017, des terres rares et autres sujets de prédilection du Maire indépendantiste, mais ce ne fut pas le cas, du moins selon l’hôte. Oscar Temaru l’assure, en privé, les alliés politiques ont évoqué le projet d’aéroport international aux îles Marquises. Un aéroport qui pourrait désenclaver un peu plus la Polynésie et surtout, relier Hawaï en seulement 2h de vol. Oscar Temaru et François Hollande auraient aussi évoqué la révision du procès de Pouvanaa a Oopa, dont Temaru est l’héritier politique. Ce dernier a enfin remis une lettre de l’Association 193, qui milite aux côtés de Moruroa e Tatou pour la reconnaissance du fait nucléaire et les réparations liées à ce dossier. Enfin, François Hollande aurait invité le Maire indépendantiste à Paris cet été.

À la fin de sa visite, le Président de la République s’est bien évidemment prêté au jeu de l’interview simultané, avec les deux chaines de télévisions Polynésie 1ère et TNTV, comme ce fut le cas pour le remaniement avec TF1 et France 2. Une intervention qui aura permis au Président de faire un récapitulatif de sa visite éclaire, « trop courte » à son goût, avant de quitter les polynésiens avec cette phrase, « je veux que les Polynésiens se prennent en responsabilité. Il y a ce que vous avez voulu : l’autonomie jusqu’au bout et il faut l’utiliser non pas seulement comme un acte d’émancipation légitime mais comme un acte qui puisse vous convaincre que vous avez ici les moyens d’assurer votre développement ». Responsabilité élargie, certes, mais égalité devant la République aussi. Sans oublier qu’il est légitime qu’un peuple soit responsable de son propre territoire, encore faut-il qu’il y soit pleinement maitre et souverain peut être. Mais ça, c’est un autre débat. En attendant, c’est un Président de la République plutôt serein et ravi de ces deux jours de rencontre avec des peuples français du bout du monde et qui s’envole vers l’Amérique du sud où une autre tournée l’attend.

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