Jacinda Ardern, plus jeune Première ministre de la Nouvelle-Zélande

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Jacinda Ardern, nouvelle Première ministre ©Stuff

Ce jeudi 19 octobre, Jacinda Ardern, cheffe du Labour (Parti travailliste néo-zélandais), s’est assurée la place de Première ministre à la faveur d’une coalition avec le parti populiste New Zealand First et des Verts. En Nouvelle-Zélande, la jeunesse de la candidate, sa promesse d’un « nouveau style politique » et son « charisme évident » ont fait naître une véritable « Jacindamania ».

Ascension fulgurante. Ce n’est que quelques semaines avant les élections législatives du 23 septembre 2017 que Jacinda Ardern prend la tête du Labour, plus précisément le 1er août 2017. Il aura suffi d’une interview télévisée, le lendemain même de sa nomination comme cheffe du Parti travailliste, pour propulser la jeune politique de 37 ans au rang d’icône néo-zélandaise. Interrogée par un des journalistes – « d’une cinquantaine d’années », relate le quotidien britannique The Guardian – sur son choix entre avoir des enfants ou faire carrière, la grande brune tranche sèchement en déclarant qu’il est « inacceptable que ce genre de question soit encore posé en 2017 », le doigt menaçant vers son interlocuteur, rapporte Le Monde.

« D’une certaine manière, cette question lors d’une émission de télévision a été la meilleure chose qui pouvait lui arriver ce jour-là », constate la BBC. « La controverse qui s’ensuivit a assuré sa promotion à la “une” des journaux du monde entier, mettant en avant son profil et faisant disparaître son statut d’outsider ». La candidate gagne 19 points dans les sondages en trois semaines, 3 500 bénévoles sur ruent au siège du Labour et les dons, provenant majoritairement de jeunes néo-zélandais, pleuvent. La presse locale et internationale est, de son côté, élogieuse envers cette candidate qui renverse les codes de la politique en Nouvelle-Zélande. La « Jacindamania » est née, au même titre que l’ « Obamania » en 2008.

Dans les pas d’Helen Clark

2008, c’est justement l’année où le Parti national libéral arrive au pouvoir, durablement, renvoyant le Labour dans les rangs de l’opposition. De 1999 à 2008, c’est Helen Clark, chez qui Jacinda Ardern a fait ses gammes, qui dirigeait le pays. L’ancienne Première ministre était d’ailleurs arrivée au pouvoir à la faveur d’une coalition. Neuf ans après, le Labour trouve un nouveau souffle en Ardern. Le 23 septembre, le Parti travailliste arrive second du scrutin législatif avec 35,7% des suffrages contre 44,4% pour le Parti national libéral. Mais grâce à une coalition avec New Zealand First et Les Verts, Ardern obtient 63 sièges sur 120, contre 56 pour le Parti national libéral. De ce fait, Jacinda Ardern succède à John Key (2008-2016). 

Son programme électoral, Jacinda Arden l’a développé autour de la réduction des coûts d’accès à l’université, de l’accès au logement des familles aux revenus faibles, de la légalisation de l’avortement, de la lutte contre le réchauffement climatique ou encore, de la baisse des quotas migratoires. Il fallait bien trouver l’argument pour rallier le leader de New Zealand First, Winston Peters, d’origine maori et écossaise, favorable à une baisse plus importante. « Peters vise un objectif net de 10 000 immigrants annuels, contre plus de 70 000 cette année, Ardern parle d’une réduction de 20 à 30 000 individus », explique Fabien Escanola, Docteur en science politique.

Auckland comme laboratoire de la Nouvelle-Zélande

Selon le Stuff, les propositions de Jacinda Ardern correspondent aux attentes des électeurs. « Les idées politiques qu’elle a avancées tout au long de la campagne ont habilement exploité les problèmes brûlants d’Auckland, la plus grande ville du pays : une ville coincée dans les embouteillages, qui doit faire face à des inégalités croissantes, à une pauvreté importante et à une crise du logement ». Pour cette ville, la plus peuplée*, loin devant la Capitale Wellington**, Arden a développé un programme sur-mesure : construction d’une ligne de chemin de fer jusqu’à l’aéroport et la mise en place d’un train à grande vitesse pour relier Auckland à d’autres villes du pays.

Winston Peters, leader du New-Zealand First ©Phil Walter / Getty Images

Winston Peters, leader du New-Zealand First ©Phil Walter / Getty Images

Plus globalement et en matière de logement, la nouvelle Première ministre souhaite rapidement interdire aux spéculateurs étrangers d’acheter une maison en Nouvelle-Zélande. Mais en attendant le 26 octobre prochain, date de son intronisation, l’arrivée aux affaires de Jacinda Ardern est « déjà entrée dans la légende » écrit le NZ Herald.

 

*1,5 millions d’habitants en 2013. Première au monde en nombre de Polynésiens. 

**Wellington, capitale de la Nouvelle-Zélande, compte environ 180 000 habitants. 

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