Conseil constitutionnel : L’élection de la députée de Mayotte Ramlati Ali annulée

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©Journal de Mayotte

Le Conseil constitutionnel a annulé vendredi matin l’élection de la députée LREM de Mayotte Ramlati Ali, estimant la sincérité du scrutin « altérée », « compte tenu du faible écart de voix » entre elle et son opposant, le LR Elad Chakrina, qui avait déposé un recours.

Ramlati Ali était la première femme députée mahoraise. Élue sous l’étiquette PS, elle était ensuite passée dans le groupe LREM. C’est la 6ème élection législative annulée par le Conseil constitutionnel. Ces annulations donneront lieu dans les semaines et mois à venir à autant de législatives partielles. En décembre dernier, le Conseil constitutionnel avait également annulé l’élection de Lénaïck Adam, élue en Guyane sous l’étiquette LREM, qui ne compte plus que deux députés ultramarins dans ses rangs (Olivier Serva et Stéphane Claireaux).

L’élection de Ramlati Ali en juin dernier dans la 1re circonscription de Mayotte avait été mouvementée. Donnée perdante dans un premier temps le dimanche soir, elle avait finalement été annoncée élue le lundi, lorsque la commission de recensement des votes de Mayotte avait modifié les résultats après une erreur de comptage. Ramlati Ali, 56 ans, cheffe du pôle médecine, psychiatrie et rééducation au CHM et ancienne maire de Pamandzi, totalisait au final 7 992 voix (50,17%), contre 7 938 voix pour son adversaire. La veille, les résultats donnaient ce dernier élu avec seulement 12 voix d’avance.  Elad Chakrina, avocat à Mayotte et dans le Val d’Oise, avait aussitôt indiqué qu’il déposerait un recours, évoquant une fraude électorale.

Ramlati Ali lors de son arrivée à l'Assemblée nationale, et accompagnée par Lénaïck Adam, dont l'élection a également été annulée ©Outremers360

Ramlati Ali lors de son arrivée à l’Assemblée nationale, et accompagnée par Lénaïck Adam, dont l’élection a également été annulée ©Outremers360

Ramlati Ali, qui porte le châle traditionnel des femmes mahoraises sur sa photo officielle de l’Assemblée, a été critiquée sur les réseaux sociaux par des personnes de droite et d’extrême droite, dénonçant un « signe religieux ». « Je suis mahoraise et je me respecte en tant que mahoraise. Ce n’est pas un voile, c’est mon châle de mahoraise », le kishali, avait-t-elle répondu.

En 2017, les Sages avaient reçu au total 297 recours, soit trois fois plus qu’en 2012. Il reste à présent sept décisions du conseil constitutionnel à venir pour ce type de recours, dont une concernant l’élection de Nadia Ramassamy députée (LR) de la 6ème circonscription de La Réunion. Le Conseil entamera ensuite l’examen du contentieux transmis par la commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP). Le Conseil constitutionnel a par ailleurs rejeté les recours contre l’élection de Danièle Obono (Paris, LFI), M’Jid El Guerrab (Français établis hors de France, NI) et Jean-Jacques Gaultier (Vosges, LR).

Avec AFP.

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