Commémoration de l’esclavage: Avec la mémoire, le temps de la réconciliation

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Quelques semaines après sa création, la Fondation « Esclavage et Réconciliation » a présenté ses futurs projets. Parmi ses actions, elle entend renforcer les travaux sur la mémoire des victimes de l’esclavage.

Les membres de la «Fondation Esclavage et Réparation » ont tenu leur première conférence de presse ce 23 mai. Cette structure est née de la volonté de descendants d’esclaves, de colons et d’engagés indiens de construire une mémoire apaisée de l’esclavage. Pour Serge Romana, le président de la Fondation, « la réconciliation est à la fois rédemptrice des maux hérités du passé et le chemin pour la construction de l’avenir de nos sociétés ». La date choisie du 23 mai n’est pas anodine puisqu’elle rappelle, d’une part, celle de l’abolition de l’esclavage en 1848 et, d’autre part, celle de la commémoration des victimes de l’esclavage colonial par la République française. Honorer la mémoire des victimes, un des leitmotiv de la Fondation « Esclavage et Réconcialition » qui nourrit plusieurs objectifs précis: garantir le travail mémoriel en soutenant l’exploration des archives afin de donner aux esclaves une généalogie et aux descendants une affiliation, de permettre le développement d’études historiques, anthropologiques et psychologiques sur les sociétés post-esclavagistes, la promotion d’un tourisme mémoriel entre les départements d’Outre-mer, l’Hexagone et l’Afrique.

 

Les membres fondateurs de la Fondation « Esclavage et Réconciliation » ont également mis en avant les projets qu’ils comptent mener cette année lors de cette conférence de presse.D’abord, la Fondation entend participer au « projet de Mémorial National des victimes de la traite négrière et de l’esclavage colonial », introduit par François Hollande dans son discours du 10 mai dernier. Les membres souhaitent également soutenir la constitution d’une base de données sur l’identité des esclaves de la Guadeloupe et de la Martinique mais aussi organiser le concours du mémorial des victimes de l’esclavage colonial à Ouidah (Bénin).Enfin,la fondation lancera des appels à projets pour la réhabilitation des lieux de mémoire (cimetière d’esclave, lieu de combat anti-esclavagiste) afin de développer le tourisme mémoriel.

Pour Viviane Romane, se dit très heureuse de participer à ce projet qui a une visée également pédagogique. Elle ajoute également que le gouvernement doit adopter une position claire sur la question de l’esclavage. «Il est temps en 2016, qu’il y ait une  politique mémorielle publique portée par le gouvernement, qui se détermine très clairement sur la question de la réconciliation. Je pense qu’il faut arrêter de prendre cette politique mémorielle comme un immense gâteau qu’on partage à chacun. On donne un peu à ceux qui pensent que la réconciliation serait une solution, on donne à d’autres qui pensentqu’il faudrait favoriser le panafricanisme, l’héritage des noirs.Il me semble que nous sommes dans une confusion terrible. L’apport de cette fondation est aussi d’apporter une certaine cohérence. Nous espérons que dans la préfiguration confiée à Mr Zinzou que nous serons tous d’accord sur le fait  qu’aujourd’hui, nous descendants d’esclaves, nous sommes prêts à la réconciliation pour construire une mémoire apaisée et des projets communs », précise-t-elle.

Les membres fondateurs lors de de cette conférence de press : Serge Romana, Eric de Lucy, Serge Guezo, Judes Galli, Emmanuel Gordien, Philipe Laville, Luc Laventure, Viviane Rolle- Romana

Les membres fondateurs lors de de cette conférence de press : Serge Romana, Eric de Lucy, Serge Guezo, Judes Galli, Emmanuel Gordien, Philipe Laville, Luc Laventure, Viviane Rolle- Romana

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