Annick Girardin justifie la suppression du Fonds Vert dans sa formule actuelle et plaide pour un Fonds Vert européen à destination de tous les PTOM et RUP

No Comment

©Outremers360

Auditionnée par les députés ce lundi 30 octobre sur le budget de la mission Outre-mer, la ministre des Outre-mer Annick Girardin a annoncé la suppression de l’équivalent « Fonds vert » à destination des Collectivités du Pacifique. Cette décision a fait réagir plusieurs élus ultramarins, dont la députée polynésienne Maina Sage qui avait obtenu la création de ce Fonds. Ce mardi matin, la Ministre des Outre-mer a toutefois indiqué son souhait d’étendre ce Fonds, tant sur le plan du financement que sur les territoires qui pourront en bénéficier. 

Mis en place cette année, le financement de « l’équivalent fonds vert » est aujourd’hui menacé de suppression par le gouvernement. Lors de son audition, la Ministre des Outre-mer a expliqué que le « fonds vert »  doit faire intervenir de nouveaux acteurs. « Si nous conservons ce Fonds vert, nous ne pourrons pas l’alimenter en 2018. Le ministère de l’Outre-mer ne peut pas être seul à prendre en compte les effets du changement climatique. Cela peut vous paraître inopportun mais c’est le moment de faire un bilan et d’associer le ministère de la Transition écologique, l’Agence française de développement et la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Nous avons notamment besoin de l’ingénierie de la CDC. Je sais combien vous souffrez de la montée des eaux et je veux une prise de conscience dans tout le gouvernement », a déclaré Annick Girardin.

Présente ce matin à la Maison de la Nouvelle-Calédonie pour le 10ème Comité de suivi sur le partenariat Union Européenne – Pays et Territoires d’Outre-mer (PTOM), la Ministre a en outre indiqué son souhait d’élargir ce fonds au financement de l’Europe et de le faire bénéficier au-delà des Collectivités du Pacifique. « C’est une véritable réponse que je veux apporter » a-t-elle justifié. « Ce n’est pas un petit fonds financé par l’Outre-mer qui est suffisant » insiste la Ministre, « je veux porter un Fonds Vert européen à destination de tous les PTOM et RUP ».

Lors de sa prise de parole lundi soir à l’Assemblée nationale, la députée Maina Sage avait souligné une « incohérence » avec la politique sur la lutte contre le changement climatique du Président de la République Emmanuel Macron. « La Ministre a une certaine ambition pour les territoires du Pacifique, de pouvoir consolider un fonds européen demain avec des moyens plus importants », a-t-elle tempéré, après les discussions menées ce mardi matin à la Maison de la Nouvelle-Calédonie. « 20 millions d’euros de projets ont été prévus pour 2018 », regrette-t-elle toutefois. Ces projets seront suspendus dans l’attente d’une autre version de l’équivalent Fonds Vert. « En attendant que ces nouvelles pistes se mettent en œuvre, que fait-on de ces projets ? », s’interroge la députée polynésienne. « Ce fonds avait le mérite d’exister ». Il a notamment permis à l’atoll de Manihi de boucler le financement de sa centrale hybride.

Promesse de François Hollande lors de son déplacement en Polynésie en février 2016, « l’équivalent fonds vert » permet aux collectivités du Pacifique (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie et Wallis et Futuna) de mettre en place des projets destinés à lutter contre le réchauffement climatique. En Polynésie, 17 projets pour un montant de 835 millions de Fcfp (soit près de 7 millions d’euros) ont déjà bénéficié de ce programme.

Eline Ulysse & Tenahe Faatau

Lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publié. Les champs obligatoires sont précisés (obligatoire)

Pas de commentaires pour le moment