Aéroport de Tahiti : Le Conseil d’Etat soutient en partie la commune de Faaa

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L’affaire remonte à 2010. Cette année là, l’Etat décide d’attribuer la gestion de l’aéroport international de Tahiti à une société privée, Egis. Dès lors, la commune de Faaa, dont le Maire est l’indépendantiste Oscar Temaru, a contesté cette décision.

Situé sur tout le littoral de la commune de Faaa, l’aéroport international de Tahiti en Polynésie française était, jusqu’en 2010, géré par la Sétil, détenue majoritairement par le Pays (gouvernement de la Collectivité). Mais la même année, un arrêté interministériel porte la concession de l’aéroport à la société Egis. À l’époque, la cour administrative d’appel estimait que « Faaa était dépourvue d’intérêt lui donnant qualité à agir » en tant que contestataire. Mais le Conseil d’Etat le voit autrement. Pour l’institution, le fait d’attribuer la gestion d’un aéroport à une entité tiers réduit et affecte considérablement les intérêts de la commune concernée. Conclusions : « la cour a entaché son arrêt d’erreur de droit ». L’affaire repassera devant la cour administrative d’appel de Paris.

La piste d'atterrissage de l'Aéroport international de Tahiti, longeant tout le littoral de la commune de Faaa ©Tahiti-infos

La piste d’atterrissage de l’Aéroport international de Tahiti, longeant tout le littoral de la commune de Faaa ©Tahiti-infos

Autre volet de l’affaire, la non-attribution de la gestion de l’aéroport au Pays, une nouvelle fois contestée par la Mairie de Faaa. En 2010 toujours, l’Etat « avait engagé le transfert de gestion de nombreux aérodromes vers les collectivités locales », nous rapporte Tahiti-Infos. Ici, c’est un protocole d’accord signé par le secrétaire d’Etat aux transports de l’époque qui est vivement contesté pour « excès de pouvoir ». Changement de position pour le Conseil d’Etat. La Mairie de Faaa ne peut contester cette décision. La loi de 2004 relative aux libertés et responsabilités locales ne fait état « d’aucune mention expresse prévoyant son application en Polynésie française ». Or, François Hollande s’était engagé en 2012 « au transfert de l’aéroport de Tahiti-Faaa dans les limites des compétences régaliennes de l’Etat » (ndlr, Défense, Sécurité intérieure, Diplomatie, Justice).

En 2013, Oscar Temaru avait obtenu la réinscription de la Polynésie française sur la liste onusienne des pays à décoloniser. Un moyen pour le leader indépendantiste de négocier la rétrocession de la première porte d’entrée de la Collectivité. N’ayant eu gain de cause, des hypothèses de constructions d’un aéroport international aux îles Marquises ont commencé à frémir du côté des indépendantistes.

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