Un an après l’ouragan Maria, la faune de la Dominique toujours très fragile

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Vue sur la forêt de Dominique en août 2015, deux ans avant que l’ouragan Maria ne ravage l’île caribéenne ©Gemma Handy / AFP

Perroquets tristes et grenouilles déprimées : le sort de ces animaux est un témoin inattendu des conséquences à long terme de l’ouragan Maria, qui a ravagé il y a un an, le 18 septembre 2017, l’île de la Dominique, dans la Caraïbes.

Ses forêts verdoyantes reprennent peu à peu des couleurs après la pire destruction de l’histoire récente de cette île située entre la Guadeloupe et la Martinique, incitant au retour d’espèces fascinantes. Mais la présence des emblèmes de la Dominique, les perroquets sisserou et les grenouilles « poulets des montagnes » -de leur surnom anglais « mountain chicken frogs »- est encore rare dans les feuillages. « L’impact sur leur habitat affecte tout, de leurs habitudes alimentaires à leurs niveaux de stress et la façon dont ils interagissent », explique Bradley Guye, responsable forestier.

Le sisserou, dessiné au cœur du drapeau de la Dominique, a été sévèrement décimé par les vents de Maria dépassant les 250 km/h, selon Bradley Guye, la moitié des 400 perroquets laissés dans la nature ont ainsi pu disparaître. Impossible cependant d’indiquer un chiffre précis, la plupart de la région boisée étant difficile d’accès.

« Traumatisme » 

Un an après, pour les perroquets qui restent, il faut encore se remettre de l’impact de l’ouragan Maria. « Certains animaux, simplement comme les humains, veulent se sentir aimés et consolés quand ils ont connu un traumatisme, ce qui peut mener à un accouplement démesuré », avance Bradley Guye. « Et certains veulent juste se cacher et ne voir personne ».

Un perroquet sisserou, emblème du drapeau de la Dominique, photographié en novembre 2017 à Roseau. Photo transmise par le département de la forêt de Dominique  ©Dominica Forestry Division / AFP

Un perroquet sisserou, emblème du drapeau de la Dominique, photographié en novembre 2017 à Roseau ©Dominica Forestry Division / AFP

Avec le passage de Maria, les arbres fruitiers, nourriture primordiale pour ces perroquets, ont été décimés. Pommes, poires et raisins ont donc été acheminées spécialement pour eux et déposés dans la nature ou dans un centre de reproduction dans la capitale Roseau. Cet établissement veut augmenter le nombre des perroquets mais aussi de grenouilles.

Des grenouilles "poulets des montagnes" dans une forêt près de Roseau en Dominique, en novembre 2017 ©Dominica Forestry Division / AFP

Des grenouilles « poulets des montagnes » dans une forêt près de Roseau en Dominique, en novembre 2017 ©Dominica Forestry Division / AFP

L’amphibien, autrefois plat national, tient son surnom « mountain chicken » de son goût de poulet. Mais une maladie mortelle a mené cette grenouille jusqu’au danger d’extinction ces dernières années. Surnommés le « crapaud », en référence au terme français, ces grenouilles, anormalement grandes, se reproduisent dans des terriers souterrains plutôt que dans l’eau, avec un coassement particulier précédant l’accouplement. « Nous nous sommes rendus sur leurs sites habituels et nous avons entendu leurs appels donc on sait qu’il y a toujours de l’activité », raconte Bradley Guye. « Mais leur habitat a été gravement endommagé ». « Cette maladie de peau associée à l’ouragan signifie que leur condition est très précaire », ajoute-t-il.

« L’île nature » 

L’ouragan Maria, qui le 18 septembre 2017 a tué des dizaines de personnes et causé des dégâts à hauteur de 1.3 milliards de dollars sur l’île des Petites Antilles, ne pourra jamais être oublié par les habitants. « L’île nature » tient son surnom de ses forêts, sa ressource primordiale. Et les responsables environnementaux sont optimistes après des observations de plusieurs espèces, comme les agoutis, des petits rongeurs, et espèrent commencer un inventaire de la faune en janvier.

L'ouragan Maria a fait plusieurs dizaines de victimes sur l'île de la Dominique ©AFP

L’ouragan Maria a fait plusieurs dizaines de victimes sur l’île de la Dominique ©AFP

« Notre faune est une ressource fondamentale de notre culture et de nos traditions et nous travaillons dur pour protéger nos forêts », glisse le responsable forestier. « Sans elle, les enfants d’aujourd’hui ne sauraient pas ce qu’est un poulet des montagnes ou un agouti. Je veux que mes enfants et mes petits-enfants l’apprennent aussi ».

Avec AFP.

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