Biodiversité : La Sea Shepherd Tahiti monte au créneau

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Mardi après-midi, l’antenne polynésienne de la Sea Shepherd est montée au créneau lors d’une conférence de presse. Dans leur ligne de mire, le Dolphin Center de l’île de Moorea, qui garde en captivité des dauphins, et la circulation de produits illégaux à base d’animaux marins.

La Sea Shepherd et son Capitaine Paul Watson sont connus pour leur actions violentes, pour la protection des cétacés et autres espèces marines contre les pêches excessives, illégales et parfois, injustifiées dont elles sont victimes. Autre combat de l’ONG, les centres de captivité des espèces marines comme Sea World, le Marineland d’Antibes et maintenant, le Dolphin Center de l’île de Moorea (à quelques encablures de Tahiti), dans lequel vivent trois dauphins en captivité. À l’occasion d’une conférence de presse, les membres de l’antenne polynésienne ont tenu à dénoncer la captivité des dauphins du centre, tout en reconnaissant l’impossibilité de relâcher les animaux dans leur milieu naturel. « Nous savons bien qu’ils n’auraient aucune chance de survie en milieu naturel », si cela avait été possible, « nous l’aurions fait depuis longtemps », ajoutent-ils. Leur souhait ; « que les trois cétacés finissent leurs jours dans un bassin plus grand et qu’ils arrêtent de faire les clown toute la journée pour les touristes ». Le ton est donné.

Le Dolphin Center de Moorea, situé dans l'Hôtel Intercontinental. On distingue facilement les trois bassins dans lesquels évoluent les trois dauphins du centre ©Moorea Dolphins Center

Le Dolphin Center de Moorea, situé dans l’Hôtel Intercontinental. On distingue facilement les trois bassins dans lesquels évoluent les trois dauphins du centre ©Moorea Dolphins Center

Pour autant, la Sea Shepherd Tahiti ne blâme pas les dresseurs, « les dauphins sont plutôt bien traités comparé à certains Sea World mais les cétacés sont des espèces animales sauvages protégées », et en appel aux autorités, « le Pays a voulu se montrer exemplaire à l’occasion de la COP 21 alors que des dauphins y vivent en captivité ». Néanmoins le sujet divise l’opinion polynésienne. Sur les réseau sociaux, beaucoup mettent en exergue l’éducation, la sensibilisation envers les élèves et jeunes polynésiens. Un argument balayé par l’ONG, « nous ne voyons pas l’intérêt écologique de ce genre d’action », dénonçant une vision « surannée » de la sensibilisation et de l’éducation à la protection de l’environnement. « On montre que l’homme est au-dessus de tout. C’est une manière de déifier l’humain alors qu’il faut au contraire le remettre à sa place ». Un chemin qui sera long et difficile, car beaucoup de célébrités de passage en Polynésie française profitent pour s’afficher aux côtés des dauphins du centre. Une image qui plait et qui suscite la fierté d’une partie de l’opinion.

De nombreuses célébrités de passage en Polynésie française s'y rendent. Comme Kev Adams ou encore es candidates à Miss France et le joueur de football Raphael Varane. Ce qui rend encore plus ardue la démarche de sensibilisation de la Sea Shepherd Tahiti ©Radio 1 Tahiti (archives)

De nombreuses célébrités de passage en Polynésie française s’y rendent. Comme Kev Adams ou encore es candidates à Miss France et le joueur de football Raphael Varane. Ce qui rend encore plus ardue la démarche de sensibilisation de la Sea Shepherd Tahiti ©Radio 1 Tahiti (archives)

L’ONG a également tenu à faire part de la saisie et destruction de 300 cartons de marchandises. « Ces cartons contenaient des compléments alimentaires à base de cartilage de requins, le requin chagrin de l’Atlantique. Fabriqués légalement dans une usine de Bretagne et vendus en France, ils sont aussi entrés légalement sur le territoire ». Pourtant, Tahiti-infos rappelle que la Polynésie française interdit toute importation et vente de produits faits à partir de requins. L’ONG se lancera contre la commercialisation de bijoux fait à partir de dents de requins (tigre généralement). Une autre action qui s’avère difficile. La Polynésie a toujours eu l’habitude de récupérer ossements de baleines ou dents de requins dans le but de créer des bijoux. C’est notamment l’artisanat locale qui est pointé du doigt ainsi que des us et coutumes qui datent. Comment alors protéger les espèces marines sauvages tout en préservant l’activité des artisans qui ont toujours utilisé ces matières pour proposer des bijoux typiquement polynésiens et faire, en quelque sorte, marcher l’économie du secteur artisanal ?

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