Traitement des déchets à La Réunion : Ileva favorise l’ancrage territorial et l’économie circulaire

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Le Centre d’enfouissement des déchets de Pierrefonds ©Communication Saint-Pierre

Le syndicat mixte Ileva, qui regroupe les communautés de communes de l’Ouest (TCO) et du Sud (CaSud et Civis), avait réaffirmé son choix, le lundi 26 mars dernier, d’opter pour une « Unité de Valorisation énergétique » (UVE) pour le traitement des déchets des plus de 500 000 habitants de cette partie de l’île de La Réunion. Le dialogue entre les trois groupements qualifiés pour le projet d’Ileva est désormais entré dans sa phase finale.

230 à 240 millions d’euros, c’est l’investissement annoncé pour ce projet d’UVE qui devrait remplacer en 2022 le site d’enfouissement des déchets à Pierrefonds. Ce projet, toujours à Pierrefonds, prévoit le tri et la préparation des ordures ménagères, une unité de méthanisation et une centrale électrique alimentée en CSR (Combustible solide de récupération), avait indiqué Le Quotidien de La Réunion. En outre, le site sera doté, entre autres, de deux centres de tri en plus des centres existants. En somme, le syndicat mixte Ileva pencherait pour l’incinération pour mettre fin à l’enfouissement des déchets dans le sud et l’ouest de La Réunion. « Avec l’UVE, les poubelles sont triées pour préparer le combustible solide de valorisation » a indiqué Vanessa Miranville, maire de La Possession. Ce combustible, brûlé par l’unité de méthanisation permettrait de produire 15 MW/h d’électricité. Les élus du syndicat mixte sont formels, seuls les morceaux de tissus, cartons et bois irrécupérables seront brûlés.

Le dialogue compétitif entre les trois groupements qualifiés pour le projet d’Ileva est entré dans sa phase finale. Le syndicat mixte, conformément à sa stratégie de transformer et valoriser les quelques 240 000 tonnes de déchets enfouis par an à Pierrefonds doit, après une analyse approfondie, retenir le groupement qui a le mieux pris en compte ses objectifs. Malgré l’ « urgence »,  Ileva a pris le temps d’adapter son cahier des charges pour prendre en compte les différentes décisions de justice rendues dans l’Hexagone et renforcer ses exigences environnementales notamment sur la prise en compte des futures réductions des rejets dans l’atmosphère. Au cours du dialogue compétitif les candidats ont montré dans leurs avant projets leurs solutions pour respecter la hiérarchisation des modes de traitement. Le projet du lauréat doit s’inscrire dans la feuille de route de l’économie circulaire, et présenter des garanties en matière de maitrise des nuisances et de performance environnementale.

En outre, Ileva souhaite que ce projet fasse une part belle à « l’ancrage territorial et à l’économie circulaire ». Le lauréat devra monter qu’il ne s’agit pas de concepts philosophiques mais montrer le caractère physique et tangible de ces concepts par : la quantification des retombées économiques et la maximisation des retombées locales ; la valorisation matière pour l’émergence d’une filière réunionnaise de valorisation des matières plastiques ; la valorisation énergétique des CSR ; l’intégration d’une ferme photovoltaïque et le zéro déchets non pas comme un objectif mais un idéal pour un modèle de gestion durable des déchets.

Le Groupement lauréat devra faire preuve de sa maitrise de la conception et de la réalisation d’un tel projet dans le respect des délais et des performances en zone insulaire tropicale loin de la métropole. Il devra en outre fédérer les petites et moyennes entreprises réunionnaises autour de lui afin de garantir des retombées économiques pérennes. Le « Zéro déchets », ne semble pas un objectif réalisable à l’horizon 2030 mais un idéal pour un modèle de gestion durable des déchets. Limiter la quantité de déchets résiduels et en faire une ressource sont les objectifs du projet d’Ileva.

Pour mener à bien, un tel projet novateur et ambitieux regroupant différentes filières de traitement, le lauréat devra faire preuve de sa capacité à concevoir et mettre en œuvre des technologies éprouvées mais performantes, à réaliser un tel chantier dans les délais, à garantir performances et disponibilité pendant toute la durée de l’exploitation et à maximiser les retombées locales. Le projet d’Ileva, serait pour de nombreux acteurs réponse adaptée des territoires de l’Ouest et du Sud à une urgence environnementale.

Selon des experts du dossier au Ministère de la Transition écologique et solidaire, le projet d’Albioma serait également candidat mais il se serait pas en mesure de traiter les déchets avant de nombreuses années car n’offrirait pas de solutions techniques à ce jour et serait obligé de construire une installation dédiée alors que le projet Ileva aurait l’avantage de proposer des solutions sur lesquelles elle travaille depuis 2 ans. Des investissements importants seront nécessaires et la solution technique n’est pas maîtrisée à ce jour. En outre, les personnels d’installations de traitement de déchets ou de production énergétique ne relèvent pas de la même convention collective, d’où un risque de mouvements sociaux non négligeables compte tenu de la situation actuelle selon ces experts.

Le projet d’Ileva, lauréat de l’ADEME, s’inscrivant dans le cadre d’un Marché Public Global sur Performances, semble remplir plusieurs critères  des cahiers des charges. Aboutissement de plusieurs années de travail, il présente selon de nombreux experts un intérêt fort pour l’ensemble du territoire basé sur une innovation technologique optimisée, un montant d’investissement maîtrisé issus d’un appel d’offre, un coût de traitement des déchets réduits compte tenu de l’importance de la recette électrique. Pour l’instant, Il n’y a pas de solution alternative qui semble présenter les mêmes garanties. Pour le syndicat mixte Ileva, ce projet pourrait inspirer l’ensemble des territoires ultramarins, demandeurs de solutions innovantes dans le traitement des déchets.

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